07/02/2010

Holger Scheidt Trio au Sounds

Holger Scheidt.

Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose et, pour ma part, avant de l’avoir écouté ce vendredi 25 janvier au Sounds, je ne le connaissais pas.

Holger Scheidt est contrebassiste, né en Allemagne. Après avoir étudié à la Neue Jazzschool à Munich, il se rend à Montpellier, puis Barcelone et enfin à Boston, à la célèbre Berklee College of Music. C’est là qu’il rencontre le saxophoniste français Alex Terrier dont le nom m’était un peu plus familier car j’avais lu des critiques très encourageantes à propos de son disque «Stop Request»…

Ce soir, il n’y avait pas de saxophoniste et c’est en trio que se présentait Holger Scheidt avec Michel Reis au piano et Joe ‘Stone’ Hertenstein aux drums.

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Après un début un peu timide, dû sans doute au petit souci technique du micro de la contrebasse, le trio s’envole vite vers un jazz charnu et touffu. Un jazz qui se nourrit d’influences diverses et résolument modernes. Le groupe prend autant de plaisir à développer une mélodie qu’à se lâcher dans des envolées plus déstructurées. Et plus la nuit avance, plus la musique se libère et devient intéressante. Chacun des musiciens s’affranchit, profite des espaces pour les nourrir d’idées. On joue avec les silences, les explosions fugaces, les notes graves et les mélodies instables. Et ça groove toujours.

On peut apprécier le jeu fluide et déterminé de Holger Scheidt dans de cours solos, car le leader, sorte de colosse derrière sa contrebasse, pense plus souvent à mettre en avant ses compositions et l’esprit de groupe que lui-même. Voilà qui renforce encore la cohésion.

«Day», «And» ou «Bop Culture» ne cachent pas leurs intensions dans leurs constructions, mais s’autorisent des sorties plus contemporaines. L’excellent Michel Reis y est certainement pour quelque chose. On perçoit chez lui autant les influences d’un Monk que des accents plus avant-gardistes d’un Joachim Khün, par exemple. C’est souvent percussif, découpé et sans trop d’ornementations. Pourtant, il peut aussi se faire aussi plus «romantique» comme sur l’énigmatique «Night».

Le groupe nous fait alors goûter aux différents cocktails qui mélangent le jazz au blues, au folk et même au hip-hop. Joe ‘Stone’ Herstenstein, (belle gueule et double personnalité, puisqu’il est aussi guitariste) s’adapte à tous ces registres avec une belle énergie. La frappe est souvent sèche et fougueuse.

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Après un «Don’t Go Nowhere Without Me» lumineux et très mouvant, un «Burning Fast» explosif et un «I Mean You» (de Monk) tumultueux, le trio est poussé par le public à remonter sur scène pour deux rappels. Preuve d’une soirée enthousiasmante emmenée par un groupe très convaincant.

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Holger Scheidt, dans une optique toujours originale (comme l’indique le titre de son album «Half A Year In Half An Hour», celui-ci ne dure pas plus que 30 minutes, ce qui devient rare, mais qui fait preuve d’un certain esprit de concision ou de clairvoyance), compte enregistrer un nouvel album où chaque morceau serait joué par différents musiciens. Bonjour l’organisation! En tout cas, cela titille déjà ma curiosité.

Quant aux autres membres du groupe, ils ont tous également des projets qu’il sera sans doute utile de suivre. On se tient au courant. À suivre, donc.

 

A+

 

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