16/01/2010

Médéric Collignon au Sunset - Paris

Vendredi 8 au soir, je prends un direct Bruxelles Midi-Rue des Lombards. Terminus: Le Sunset, Paris.

Le club est plein comme un œuf. Depuis quelques jours, Médéric Collignon «invite». Après Yvan Robillard, Emile Parisien (voir le compte-rendu de mon ami Ptilou sur son blog) et avant Claude Barthélémy, c’était au tour, ce soir, de Pascal Benech (tb) et Manu Codjia (g) de partager la scène avec Jus de Bocse.

 001

Médéric Collignon est une bête de scène. Sec comme une trique, le verbe facile, la déconnade comme moteur et… de l’énergie à revendre.

Sa musique est inspirée du Miles des années ’70, époque «Bitches Brew», «Big Fun», «In A Silent Way»… Mais elle reste avant tout du Médéric Collignon. C’est que le gaillard n’a pas pour habitude de se laisser intimider par LE maître (pour rappel, son «Porgy And Bess» lui avait valu une critique acerbe et injustifiée dans Télérama). Et moi, du Collignon comme ça, j’en redemande.

Ça démarre vite, en force et ce sera bouillonnant jusqu’à la fin! Trois sets intenses, trois sets de folie. Notre trublion de service boute le feu à tout ce qui l’entoure.

002
La puissance de Philippe Gleizes, aux drums, n’est pas sans rappeler celle d’un Christian Vander. C’est tellurique et nuancé à la fois. Avec lui, les rythmes redoublent, tracent puis bifurquent brusquement. La basse obsédante de Frédéric Chiffoleau s’engouffre dans des pulsions jazz-rock brûlantes. Aux claviers (remplaçant Frank Woeste ce soir), Mathieu Jérôme évoque l’esprit de Joe Zawinul, distille les nappes ondulantes, entre apaisement et furie. Manu Codjia est plus électrique que jamais. Les sons giclent, frisent la stridence, se découpent sur des tempos effrénés, épousent des horizons dessinés au couteau. Le trombone basse de Pascal Benech amène une chaleur brute et poisseuse dans cette fusion survoltée.

Et il y a donc Collignon qui ne se ménage pas. Jonglant entre la trompette, le pocket cornet et la voix. Il est partout. Il relance perpétuellement le groupe par des impros courtes, l’encourage par le geste, le pousse à aller toujours plus loin. Il tire de son pocket cornet des sons hallucinants, contrôlés, vifs. Au chant, il pousse sa voix à la limite de la brisure. Il scatte, il slamme et l’on se surprend du mimétisme avec le son de la guitare. Un vrai casse-cou des cordes vocales. Eblouissant. Unique.

Après près de trois heures d’impros furieuses sur «Bitches Brew», «Mademoiselle Mabry», «Kashmir» (de Led Zep) et autres thèmes Milesiens je reprends mes esprits au bar avec Manu Codjia. L’occasion aussi d’échanger quelques mots avec Médéric Collignon.

003
Le disque «Shangri Tunkashi-La» sortira fin février chez Plus Loin Music. Tout à fait dans l’esprit du concert de ce soir. Un hommage au Miles Electric (jusque dans le design de la pochette qui rappelle celui de «Agharta»)… façon Collignon, bien sûr. Hautement recommandé, bien entendu !

 

A+

 

Commentaires

Jus de Bocse Merci de ce cpte rendu. Pour raison budgétaire, je n'en ai fait qu'un. j'aurai bien vu celui avec Claude Barthélemy également.
Woeste remplacé, car il devait être au Canada avec Ibrahim Mallouf et Nenad Gadjin (mais y'avait pb de visa...?).

En effet ils ont la pèche en ce moment et démarre sec dès le premier set ! Bref toujours un grand plaisir en scène.
Ah ! tu as aussi le nouveau CD en avant première Sunside !
;-)

Écrit par : ptilou | 16/01/2010

T'aurais pu passer dire bonjour ! :-)

Écrit par : Collon | 17/01/2010

@ Hélène
J'ai pourtant envoyé un message sur "le groupe". Pas reçu? Dommage :-((

@ Ptilou
Ha oui, ils ont "la pêche", c'est sûr. J'espère que quelqu'un pensera à les inviter en Belgique. :-)

Écrit par : jacques | 17/01/2010

Les commentaires sont fermés.