04/01/2010

Lionel Beuvens Trio au Sounds

Y a pas à dire, un trio bien soudé et complice, ça fait toujours du bien par où ça passe !

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Ce samedi soir au Sounds, le batteur Lionel Beuvens a réuni autour de lui deux amis fidèles : Sal la Rocca (avec qui il joue dans le trio de Sabin Todorov) et Alexi Tuomarila (qui l’accompagne dans le projet Grass Monkeys).

Premier concert de 2010 sous le signe indéniable du jazz.

Après un morceau chaloupé qui ne fait que monter en groove (le magnifique «Fragile» écrit par Lionel Beuvens lui-même), le trio s’attaque à Ornette Coleman avec «Chronology».

Le jeu virevoltant d’Alexi Tuomarila, qui a mis le groupe de Tomasz Stanko entre parenthèses le temps des fêtes, est d’une justesse impressionnante.

Le pianiste finlandais, éternelle gueule d’ange, habituels Fred Perry aux pieds et bracelets fétiches aux poignets, déroule un jeu virtuose sans ne jamais rien laisser paraître sur le visage.

Sur les ballades, il laisse de côté le lyrisme ou le romantisme bon ton pour plutôt accentuer les arêtes. Son jeu n’en est que plus expressif, presque expressionniste. Et comme pour confirmer cette impression, le trio redessine «Moon And Sand» dans un trait assez nerveux, même si l’on y devine ici et là quelques intonations empruntées à Bill Evans. «What This Thing Called Love?» subit le même traitement avec des musiciens qui jouent au chat et à la souris.

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L’interplay fait merveille et chacun se permet des solos aussi brillants que concis. Sal la Rocca plonge à pieds joints dans des improvisations robustes! Le jeu de Lionel Beuvens va bien au-delà d’un simple soutien rythmique. Il arrive à découper les phrases, à donner du relief à chaque rebond, à dynamiser chaque frappe. Il saute parfois un temps pour mieux accentuer le suivant. Le tout dans un timing parfait.

Ce trio est une sorte de mille-feuille. Sur «Jessica» par exemple, chaque musicien façonne une couche à sa couleur, son rythme, son harmonie. On y descellerait peut-être une pointe de trio de Brad Mehldau époque «House On The Hill» ? À tout moment, ça groove et ça swingue. Et tout est dosé subtilement pour garder une tension optimale.

Pendant deux morceaux («Béatrice» de Sam Rivers et « Mister PC » de Coltrane) le trio se fait quartette avec l’intervention décidée de l’excellent Erik Bogaerts (Bender Banjax) au ténor.

Il y a du monde au Sounds et tout le monde à l’air de s’amuser. On se demande alors pourquoi le trio n’est pas remonté sur scène pour un bis que le public réclamait pourtant avec insistance. Quand c’est bien on en veut toujours plus.

On attend donc de les revoir au plus vite.

A+

 

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