26/12/2009

Slang "Karmasutra" au Théâtre Marni

Évidemment, ça fait un choc.

Le 12 novembre, en allant voir, au Théâtre Marni, le concert de Slang pour la sortie de leur dernier album «Karmasutra», j’écoutais «In de Loge» sur Klara . On y retransmettait un concert du Huelgas Ensemble, enregistré à Lier et qui interprétait les «Psaumes de David». Il s’agit de chants datant du IXème siècle. Rien que des chants. Rien que des voix. Presque irréel et absolument magnifique.

Et j’ai bien eu le temps d’apprécier ce moment car, trouver une place pour se garer dans le quartier n’est pas toujours simple. (Manu Hermia me conseillera sans doute de venir à vélo la prochaine fois… pourquoi pas?)

Le choc, donc.

Le choc musical.

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Slang se fait plus rock que jamais! Bien sûr, le groupe n’abandonne pas ses influences sud américaines, indiennes, coltraniennes ou africaines. Un mélange détonant auquel Slang nous a habitué depuis quelques années déjà. Mais avec «Karmasutra», nos trois compères forcent le trait. Michel Seba se retrouve derrière la batterie pour assurer un son plus gros encore. Il faut dire que la guitare de François Garny n’hésite pas à se faire explosive, et que Manu Hermia fait hurler son sax (comme sa voix) sur des morceaux incandescents avec un plaisir jubilatoire. Il s’agit alors, non seulement d’assurer, mais aussi de donner le change! Alors, Seba frappe avec une fougue et une énergie incroyables. Tout cela s’entend déjà sur le disque, mais est encore décuplé en live, surtout si l’on ajoute à cela un light show mordant soutenu par les projections décapantes de Lucas Racasse.

La salle est comble et l’ambiance est chaude et  électrique.

La première partie ne fait pas dans le détail et Slang enchaîne «Chevalier», «Raga Raga» et «Complètement à l’Est» dans une fièvre grandissante. On retrouve quand même dans toutes ces compositions «brut de décoffrage» un goût pour les constructions recherchées. Ainsi «Les cinq doigts de la main» s’articule sur une métrique particulière qui lui donne une force singulière. «Karmasutra» se déploie à partir d’un chant plaintif. Avec «75 Kb’s» , la guitare de François Garny n’est pas sans rappeler celle de Jimmy Page. Le guitariste est aussi chanteur et joue de sa voix rauque et grave pour envoyer des textes souvent engagés ou militants («Diga Me» possède cette petite odeur boucanée de Mano Negra). Manu Hermia, lui, s’essaie au spoken word furieux sur des paroles crues («I’m A Dog»).

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Mais Slang n’a pas mis de côté ses anciens morceaux. Michel Seba délaisse alors sa batterie pour venir à l’avant de la scène jouer du Derbouka. On ressort le bendir. Et revoici «Sugar» ou «Bazaar» pour notre plus grand plaisir. Le sax d’Hermia se fait aussi envoûtant qu’une Zurna et la flûte plus tourbillonnante que le vent indomptable du désert. La guitare flirte avec des ondulations arabisantes. Et tout ça est toujours emballé dans un groove effréné, physique et brûlant qui n’appartient qu’à Slang.

Insaisissable, mélangeant les genres comme personne, combinant rage et énergie, le trio brouille encore un peu plus les pistes et s’amuse à dérouter son public avec ce quatr ième album. Allez vous faire votre propre opinion lors de leurs prochains concerts… et accrochez-vous.

 

A+     

 

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