21/12/2009

Bansuri Collectif - Théâtre Marni

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C’était donc le 10 novembre au Théâtre Marni.

Bansuri Collectif (qui avait remporté le concours des jeunes talents lors du Jazz Marathon 2008) présentait son premier disque, «Conto», paru chez Mogno Music.

La salle était bien remplie ce soir-là et l’on y vit même José Manuel Barroso (faut-il rappeler que le contrebassiste/compositeur/leader Rui Salgado est Portugais?) Je n’avais plus vu Bansuri depuis leur prestation de 2008 et je peux dire que – bonne surprise – la musique a pris de l’épaisseur. Et puis, Bansuri Collectif a aussi travaillé la mise en scène…

Au milieu de Rui Salgado (cb), Koenraad Ecker (elg, electronics), Lander Van den Noortgate (as) et Frederik Meulyser (dm), il y a Yvan Bertrem, danseur à la silhouette effilée et aux mouvements découpés. Il met les sons en images. Il tourne autour des musiciens, invente des gestes saccadés et fluides à la fois. Toujours sur la pointe des pieds, toujours en alerte, il rebondit au rythme de la musique, ballotté de gauche à droite comme une balle de ping-pong.

Méditative, dansante ou abstraite, la musique ne se prive jamais de libertés. Sur des compositions parfois complexes rythmiquement ou harmoniquement, chacun des musiciens y va de sa respiration personnelle tout en gardant une belle homogénéité et un sens aigu de l’interaction.

Après les éclats presque free-rock de «Remorso», «Horas Leves» s’expose sur un rythme rubato, flottant et bientôt tourbillonnant. Lander Van den Noortgate, au sax alto, alterne un jeu tendu et lumineux avec celui, plus tranchant, tumultueux et nasillard qui s’inspire peut-être d’un Ellery Eskelin ou d’un Ornette Coleman.

La poésie brute du Bansuri Collectif est sans doute initiée aussi par le jeu contrasté de Koenraad Ecker à la guitare. À son phrasé souple, il incorpore des effets bruitistes et incisifs. Il découpe ainsi l’espace et cisaille les mélodies. Le groupe ne s’obstine pas dans un principe, mais ouvre continuellement les compositions. Il mélange un jazz moderne aux accents parfois rock (façon Polar Bear), avec une musique plus sombre ou au contraire, plus chaloupée (voire orientaliste avec des sons rappelant parfois le gamelan).

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Frederik Meulyser, aux drums, possède le sens de la polyrythmie. Après des attaques franches et sèches, il surprend en colorant son jeu inventif d’un toucher léger et feutré. Rui, colonne vertébrale du groupe, distille les notes profondes à l’archet, sautillantes en pizzicato ou plus percussives en s’aidant de baguettes.

Et le bansuri dans tout ça? Il arrive en toute fin de concert avec «Perfeitamente». Rui Salgado troque sa contrebasse pour la belle flûte indienne, s’installe au milieu de la scène et, dans une ambiance de plénitude, éteint doucement la lumière ce «Conto» live.

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Mis à part quelques instants qui mériteraient d’être un peu plus concis, Bansuri Collectif est une belle histoire à entendre et à voir sans hésitation… Qu’on se le dise.

A+

 

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