02/11/2009

Mr Diagonal and the Black Light Orchestra au Brass

 

Le Brass a ouvert assez récemment, juste à côté des anciennes brasseries Willemans qui abritent actuellement le centre d’art contemporain Wiels. Dans ces anciennes caves totalement réaménagées, on y accueille expositions, installations et concerts.

On y annonce par exemple Fred Frith et Joëlle Léandre… (Je crois qu’on va m’y revoir là-bas de temps en temps).

C’est donc au Brass que Mr Diagonal et son Black Light Orchestra s’est vu offert une mini résidence de quelques jours. Pour être honnête, je ne connaissais du groupe que Grégoire Tirtiaux (vu ici, entre autres) et Yannick Dupont (pour son Opération Dupont).

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Comment définir la musique du groupe? Humm… pas facile car celui-ci mélange les genres avec un malin plaisir. Mais heureusement, le plaisir est aussi pour nous.

Mr. Diagonal (Dan Barbenel dans le civil) est pianiste, guitariste, compositeur et chanteur. Il nous a été envoyé de son Ecosse natale voici une bonne dizaine d’années. Il a embarqué avec lui un sens de l’humour caustique et absurde ainsi qu’une grande partie de l’esprit music-hall de l’entre-deux-guerres.

On y va ?

On démarre avec des chansons tendrement désuètes, qui rappellent un peu Kurt Weil, avant de glisser vers du rock qui fait un clin d’œil à Captain Beefheart ou Frank Zappa. Puis, on fait un bout de chemin avec un Brass Band de rue, avec incartade baroque, qui nous emmène vers un jazz tendance stride. Un peu plus loin, on rencontre un peu de blues, un peu de pop music, un peu de valse et nous voilà de retour au music-hall. Les univers se mélangent sans jamais s’entrechoquer. Les compositions, aux propos souvent surréalistes («Sunshine In A Nuclear Power Station» par exemple) sont riches et surprenantes. Ciselées harmoniquement et rythmiquement. Chacun des musiciens passe d’un instrument à l’autre: le batteur (Yannick Dupont) se fait bassiste; le flûtiste (Quentin Manfroy) s’improvise guitariste électrique; le claviériste (Eric Bribosia) se mue en percussionniste; la joueuse de viole de gambe (dont je n’ai pas retenu le nom – shame on me!) joue de la paille dans un verre d’eau et le saxophoniste (Grégoire Tirtiaux) tripote la basse. Ça bouge tout le temps. Et comme si cela ne suffisait pas, tout ce petit monde chante et participe à des chorégraphies farfelues.

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Musique, théâtralisation, chorégraphies dérisoires, poèmes surréalistes («La conspiration reptilienne») ou questionnements philosophico-dadaesque, («La nature observe-t-elle le sabbat? Que faisait Dieu avant la création? L'Antéchrist va-t-il nous faire attendre encore longtemps?»), tout fait farine au moulin. Et le plus étonnant, c’est que ça fonctionne. Du coup, on passe un trop court moment avec ces excellents musiciens qui se moquent des genres et qui brassent toutes les idées qui flottent dans l’air du temps.

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Mr Diagonal And The Black Light Orchestra va bientôt entrer en studio pour enregistrer un second disque. Il sera sans doute différent du premier («BBB» sorti chez Home Record) tout en restant dans le même esprit. De toute façon, ce groupe est insaisissable et, à mon avis, il nous réservera encore d’autres belles surprises, drôles, intelligentes et tellement rafraîchissantes. Qu’on se le dise.

 

A+

 

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