21/10/2009

Omer Klein Trio - Hnita Jazz

Samedi 10 octobre, direction le Hnita-Hoeve à Heist-op-den-Berg. Comme souvent dans ce club, les fidèles sont au rendez-vous. Et comme souvent, le club est bien rempli. Peter Anthonissen a invité ce soir un groupe américain dont je ne connaissais pas grand-chose: Omer Klein Trio. Seul le nom de Ziv Ravitz, le batteur, m’était un peu plus familier (à cause de Samuel Blaser et de Peter Van Huffel et de leur Animal Forum).

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Le trio d’Omer Klein est originaire d’Israël mais est basé à New York, bien que, comme me le confirme Haggai Cohen Milo (cb), les membres se dispersent un peu partout entre Düsseldorf, Brooklyn, Boston ou San Fransisco...

Résumons: Omer Klein au piano, Ziv Ravitz aux drums et Haggai Cohen Milo à la contrebasse (qui remplaçait ce soir Omer Avital).

Sans atermoiement, les trois musiciens nous plongent directement dans un groove chaud où le jazz côtoie subtilement les rythmes orientaux. Omer Klein délivre des mélodies riches et scintillantes qui s’enlacent autour des lignes de basses racées. Ensemble, ils tracent des sillons parallèles qui, soudain, s’entrecroisent, se fondent et s’enroulent les uns aux autres. Le trio se donne rendez-vous aux coins de nombreux changements de tempo. Il s’amuse à ouvrir des portes, à tracer des chemins, à se cacher derrière des motifs complexes et cherche toujours à se surprendre. «5/8 Mantra» est assez bluffant de ce point de vue-là.

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Omer Klein est né en 82 à Netanya en Israël et a étudié le piano avant d’aller rejoindre, à Boston, des professeurs tels que Ran Blake ou Danilo Perez. Et son jeu s’en ressent. C’est tendu, rapide, parfois sec. Sous ses doigts, les accords déboulent à toute vitesse. Et pourtant, rien n’est superflu, on n’y décèle ici aucun bavardage inutile. De même, la musique traditionnelle juive, clairement évoquée avec «Niggun» ou «3/4 Mantra» est au service d’un discours clair, sans cliché, sans effet de manche.

À la batterie, Ziv Ravitz redouble d’habileté et de dextérité. Son jeu est tranchant, enrichi par l’éclat délicat de clochettes ou tempéré par le son sourd du Cajón sur lequel il est assis. Mais Ravitz sait aussi se faire félin, comme sur «Ship Of Fools», lorsqu’il frotte sensuellement la peau de ses tambours ou lorsqu’il exploite le feulement d’un Bendir.

Le trio se frotte parfois aussi aux influences classiques comme sur «Sharing Dreams» en forme de prélude mélancolique ou sur «Melody For Alon» où le toucher d’Omer Klein se fait lyrique et aérien.

Tout est d’une simplicité limpide. Mais une simplicité apparente seulement, car le trio aime nous perdre dans des métriques complexes. Le niveau est éblouissant, étourdissant. Ils vivent leur musique… et nous aussi.

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En premier rappel, on aura droit à «Oud Song» qui s’amuse des 1/4 de tons, et en second, à «Mister Dreams» - inspiré d’un poème qu’on lui lisait quand il était petit - qu’Omer a composé à quatorze ans. Vous avez dit précoce?

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Le trio rentrait en studio la semaine suivante pour graver de nouvelles compositions que l’on imagine déjà excitantes.

À tenir à l’oreille! Et à revoir au plus vite…

 

A+

 

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