19/10/2009

Greg Lamy - I See You - au Sounds

Revoilà Greg Lamy. Ça fait déjà quelques années que je suis le guitariste luxembourgeois. Ce vendredi soir, au Sounds, Greg présentait son dernier album «I See You» avec un quartette qui semble bien lui convenir. On se rappelle qu’il avait essayé différentes formules: en quintette avec Jeroen Van Herzeele ou Erwin Vann au sax et Emmanuel Duprey au piano, par exemples. Puis avec Pascal Schumacher au vibraphone. Ensuite, il y a eu le quartette «américain», avec Massimo Biolcati (cb), Ferenc Nemeth (dm) et Javier Vercher au sax (et Gretchen Parlato (voc) en invitée). David Prez (ts) a fait un bout de chemin avec lui.

Bref, Greg a cherché.

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Avec Gauthier Laurent (cb, qui joue avec Dorado Schmitt ou encore avec le pianiste Murat Oztürk, dont on dit beaucoup de bien), Jean-Marc Robin (dm) et  l’excellent saxophoniste allemand Johannes Müller, on peut dire que Lamy est en train de se trouver.

Il y a une belle complicité dans le groupe et ça se sent sur scène (et sur disque).

Greg Lamy a mis de côté l’excès d’effets qui noyait parfois un peu son jeu pour faire ressortir un son plus vif, plus clair, plus accrocheur. Ainsi, «In & Out» est incisif et nerveux et, soutenu par une rythmique solide, Lamy propulse Müller qui n’en demande pas moins.

Johannes Müller possède une belle sonorité ample et enveloppante qui n’hésite jamais à s’échapper vers un son plus âpre et rauque. Il amène souvent une bonne dynamique et de la vigueur aux compositions bien balancées de Lamy. Et puis, Müller est aussi à l’aise au soprano et «Go», une ballade aux accents de biguine, révèle tout son charme.

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Alors, le groupe enchaîne les morceaux avec une belle fougue, reprend quelques anciens thèmes, comme «Paradox» ou «Octopus»  auxquels il redonne du nerf. Ça groove tellement qu’on tutoie parfois le rock. Jean-Marc Robin se fend alors de solos musclés en évitant, cependant, «d’en mettre partout». Il s’obstine à garder une ligne mélodique ferme et c’est tellement bien.

Le quartette se lance même dans une version de «Round Midnight». C’est casse-gueule, ce morceau, non? C’est vrai. Non seulement, c’est LE standard, celui dont tout le monde rêve, mais c’est loin d’être simple à jouer, il me semble. C’est bourré de pièges. Il faut éviter de tomber dans le sirupeux ou dans le cliché. Arriver à se détacher suffisamment de la version de Monk (mais qui  mieux que Monk peut la jouer? Laurent De Wilde écrit dans son livre ‘Monk’ : «Demandez à un guitariste de jouer le plus fidèlement possible une composition de Monk et vous le verrez faire une grimace!», c’est dire.) Alors, il faut arriver à délivrer sa propre version. Il faut se faufiler entre les chausse-trapes, flirter avec la mélodie, l’évoquer, la prendre à pleines mains, l’abandonner… Pas facile. Hé bien, allez écouter la version du quartette sur l’album, elle mérite bien son petit coup de chapeau.

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Ce soir, il y avait d’autres morceaux qui méritaient également quelques compliments: l’intéressante suite de «Mademoiselle», la belle valse lente «On//Off» ou encore le très intime «Mr Paulo», avec sa ligne de basse toute en souplesse.

Un «Solar» en rappel et puis, hop, on discute de tout ça au bar.

Belle et bonne soirée !

A+

 

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