21/07/2009

Brussels Jazz Marathon 2008... (Never too late...)

Mon Jazz Marathon, c’était aussi le concert du vendredi soir (le 29) sur la Grand Place de «The Groove Thing» avec Jef Neve (Orgue Hammond), Nicolas Kummert (ts), Lieven Venken (dm) et Nic Thys (eb).

Je les avais vu l’année dernière lors du même Jazz Marathon (Place Ste Catherine) et j’avais manqué leur enregistrement «live» à l’AB en avril. On attend le disque avec impatience, même si c’est assurément sur scène qu’il faut profiter de ce moment de bonheur. Car cette énergie débordante et ces groove font un bien fou.

Ce soir, The Groove Thing n’a pas failli à sa réputation malgré un son un peu moyen qui étouffait un peu cette explosivité.
Car sur scène, nos quatre jazzmen se dépensent sans compter.

Jef est intenable à l’orgue, il se lève, se déhanche, grimace et s’évade dans des solos démentiels.
Et il est soutenu par une sacrée rythmique: Nic Thys, impérial dans la «pulse» - qui intervient également dans des solos d’une musicalité et d’une puissance fabuleuses - et Lieven Venken, frappe sèche et sûre, toujours prêt à sauter dans le bon wagon.

Et puis, il y a Nicolas Kummert qui fait hurler son sax entre deux hoquets et éclats de voix. Il chante de plus en plus dans son sax (un peu comme le faisait Roland Kirk) et donne ainsi une couleur toute personnelle à son jeu. 

Vivifiant.

Trop crevé toutefois pour aller écouter Egon. Ce sera pour la prochaine fois, car, ici aussi, c’est un groupe qu’il faut absolument tenir à l’oreille !


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Le samedi (30) après le concours des jeunes talents, je reste sur la place Fernand Cocq pour écouter Greg Lamy (eg).
Je n’avais plus entendu ce quartette depuis pas mal de temps et je dois dire qu’il gagne en cohésion et en force.
Le groupe (Gautier Laurent, cb - Jean-Marc Robin, dm - Johannes Müller, ts) a pas mal tourné ces derniers temps et cela s’entend.
Il vient même d’enregistrer (à Cologne) un album qui devrait sortir début septembre. Il faudra y être attentif, car avec ce que le quartette nous a montré sur scène, on ne peut qu’espérer le meilleur.

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Le saxophoniste allemand Johannes Müller n’est sans nul doute pas étranger à cette réussite. Un jeu musclé et souple à la fois, des solos riches, un son gras et fort. Un son ample, à la manière de ces bons vieux hard boppers, qu’il contamine d’accents bien modernes.

Pour l’occasion, le quartette invite Brenda Mada, une toute jeune chanteuse de 12 ans éblouissante de maturité.
Elle vous scatte Ella avec une facilité déconcertante.
Le plus étonnant pour son age est, au-delà d’une présence merveilleuse, une voix extraordinaire.
Prions pour qu’elle garde cette fraîcheur et cette spontanéité le plus longtemps possible, cela fera d’elle une superbe et grande chanteuse de jazz.

Le dimanche (31) après-midi, l’affiche concoctée par les Lundis d’Hortense était très alléchante.


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Take The Duck d’abord, toujours aussi énergique et sans compromis.
Entre Daniel Noesig (tp) et Toine Thys (ts) l’entente est évidente et nos deux soufflants sont soutenus (propulsés ?) par un  Robert Jukic (cb) plein de ferveur et un Sean Carpio (dm - vu avec Mikkel Ploug) au jeu claquant.
Ajoutez à cela l’inimitable sens de la communication et de la dérision de Toine et votre bonheur est total.
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C’est ensuite au tour du toujours fantastique Trio Grande de faire danser la Grand Place noire de monde, au son de leur jazz très festif.
Et ce n’est pas les quelques problèmes de son qui empêcheront leurs délires.


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On reste dans le «dansant» avec Charlier-Sourisse.
Avec eux (Benoît Sourisse à l’orgue Hammond, André Charlier aux drums, Pierre Perchaud à la guitare et au banjo et Emile Parisien au sax) on traverse une bonne partie de la Nouvelle-Orléans.
On passe en revue les fabuleux thèmes («At The Junk Joint», «Trompe-Oreille», «Celebration Station», «Congo Square» et d’autres) de leurs deux derniers albums («Eleven Blues» et «Heritage»).
Un groove d’enfer, un jeu explosif, un enthousiasme débordant, comment ne pas aimer le jazz après ça ?
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Et pour finir ce marathon dans un tout autre style: Darwin Case.
Jazz électrique et électro.
La bande à Xavier Rogé donne dans le gros son et la puissance.
Sur le fond de la scène sont projetés les dessins (improvisés en temps réel) de Sébastien Lucas. Ceux-ci accompagnent la musique très tendue et souvent très ouverte du quartette.
Spectacle total.
Rogé impose son drumming tellurique et polyrythmique sur lequel Alexandre Cavalière déchire des accords et des phrases improbables sur son violon plus électrique que jamais. Les claviers des Benoît Caudron et la basse électrique de Jean-Luc Lehr (en remplacement d’Olivier Stalon) font le reste.
Explosif !
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Mais, l’heure, c’est l’heure et il faut arrêter la fête.
Déçu, Cavalière restera encore longtemps sur scène, prostré et muet alors que le public en redemandait encore.

L’année prochaine, on ne pourrait pas éteindre les lumières un tout petit peu plus tard ?

A+

Commentaires

Parisien J'avais vu Perchaud et Parisien ensemble avec le quintet de Claude Salmieri (dms) au Sunside. Ils m'avaient fait une grande impression tant l'un que l'autre.

Par ailleurs, Charlier/Sourisse étaient passés au Parc Floral et ils proposent en effet un jazz plus classique. Ce devait être bien cette association de générations.

Sinon j'ai revu Parisien et son quartet au parc floral semaine dernière. Excellentissime ! lui et son groupe !!! voir photo et cpte rendu.

Sinon que de talents sur la scène belge , cet été !

Écrit par : ptilou | 22/07/2009

Ptilou, déjà écouté "Héritage" et "Eleven Blues" de Charlier-Sourisse? Des bijous!

J'ai eu l'occasion de discuter avec Emile Parisien après son concert (bientôt l'interview ;-) à propos de son dernier album, sombre et passionnant "Original Pimpant".
Un tout autre style que Charlier -Sourisse...

Des talents sur la scène belge... ha non, peut-être!
;-)

A+

Écrit par : jacques | 22/07/2009

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