17/07/2009

Les jeunes talents du Brussels Jazz Marathon

Ce qui est bien avec le Brussels Jazz Marathon, outre le fait que tous les concerts soient gratuits et qu’il y en ait plein, c’est que l’on peut aussi découvrir de jeunes groupes.
Surtout lors du concours des jeunes talents.

Je faisais partie du jury en compagnie de Fabien Degryse, Nathalie Loriers, Jan De Hass et Jempi.
Nous nous étions réunis quelques semaines auparavant avec Jacobien Tamsma (principale cheville ouvrière de ce Jazz Marathon) pour sélectionner les trois finalistes parmi plus de 25 groupes.
Croyez-le ou non, pour la moitié des candidats, le choix ne fut pas facile du tout.


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Samedi 30 mai, sur le podium de la Place Fernand Cocq, c’est Triple Eight qui ouvrit le concours.
Ce jeune trio sonne très ’60, dans un esprit qui oscille entre soul et boogaloo.
On sent un peu les influences de Dr. Lonnie Smith ou de Jimmy Smith par exemples…
Un peu normal quand on voit comment est constitué le groupe: Nick Puylaert à l’orgue Hammond, Tim Finoulst à la guitare électrique et Jelle Van Giel aux drums.
Ces jeunes gars ont assurément du talent.
Ça swingue parfaitement.
Quand le guitariste se lâche un peu, on peut sentir chez lui une belle fluidité dans le jeu.
On pourrait en dire autant de l’excellent et très accrocheur batteur.
Certes, le groupe doit sans doute encore un peu affirmer sa personnalité, mais… ça promet !


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Question personnalité, il faut bien admettre que le Baron Fauteuil en possède une solide.
Le trio est composé de Lara Rosseel (cb), David Broeders (dm) – vus précédemment aux côtés d’Hevé Samb et du regretté Pierre Van Dormael– et de Joppe Bestevaar (sax baryton).
Ici, l’ambiance est un peu plus cérébrale, plus feutrée.
Tout se joue dans la subtilité de compositions complexes qui ne manquent pas de swing pour autant.
L’interaction entre le batteur, d’une élégance extrême, et la contrebasse, sensuelle, est un délice.
Bestevaar, n’hésite pas à venir jouer le trouble-fête - avec un bel à propos - en proposant des accords chauds et des rythmes plus chaloupés.

Très beau groupe à revoir avec plaisir.

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Mais sans conteste, le vainqueur de ce concours de très haut niveau fut LABtrio.

Ce dernier groupe est clairement le plus jeune de tous les participants… mais il possède déjà une aisance et une maturité étonnantes !
On pouvait pourtant être un peu sceptique face à la formule très classique du triangle piano, basse, batterie… Mais ces trois jeunes jazzmen nous ont apporté une sacrée dose de fraîcheur.
Anneleen Boehme (cb), Bram de Looze (p) et Lander Gyselinck (dm), voilà assurément des noms à retenir.

Difficile d’expliquer ce qui fait de leur musique quelque chose d’un peu plus «magique» que celle des autres.
Une mise en place parfaite? Un équilibre habile? Une souplesse dans l’exécution?
Le touché de Bram De Looze (à peine 18 ans) au piano sur «Lennie’s Pennies» de Tristano est éblouissant de luminosité.
Il déroule tout cela avec facilité et sans complexe.
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Tandis que Lander innerve un jeu sobre et tendu à la fois, Anneleen démontre une grande musicalité à la contrebasse.

L’écoute et l’échange sont sans doute aussi l’une des clés de ce très beau trio.
La musique évoque parfois Herbie, parfois Bill ou Brad… mais avec cette petite pointe d’originalité qui la rend personnelle.

LABtrio a remporté le prix du jury ainsi que le prix du public.
Grâce à cela, ils ont pu aller jouer au Jamboree à Barcelone et, d’après les échos qui me sont parvenus, ils se sont fait joliment remarquer là-bas aussi.

Normal, le bon jazz, on le reconnaît partout.

La suite du Jazz Marathon, c’est pour plus tard, laissez-moi le temps de retrouver le tempo…

A+

Commentaires

and young ouaou ! sacré coup de jeune !

Écrit par : ptilou | 17/07/2009

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