28/06/2009

Sensation Moonwalk

Oui, je sais, au lieu d’évoquer Michael, je ferais mieux d’alimenter mon blog avec mes comptes-rendus de concerts, disques, rencontres etc…

Mais pour ça, il faut du temps.
Et pour l’instant, c’est ce qui me manque.
J’ai l’impression d’avancer à reculons. Comme le moonwalk.

Le jazz Marathon
, par exemple, il faudra que j’y revienne.
Je l’ai fait « light » car j’étais un peu crevé et je devais me concentrer un minimum pour le concours des jeunes talents (qui l’étaient vraiment, jeunes et talentueux). J’y reviendrai, promis.

Je reviendrai aussi sur le concert de Pascal Mohy qui a eu lieu à l’F, juste après la conférence de presse du prochain Dinant Jazz Nights (une sacrée affiche !).

Depuis, je n’ai plus eu l’occasion d’aller écouter un seul concert.
C’est grave, non ?

En plus, j’ai pris un peu de retard avec mes chroniques de disques pour Citizen Jazz. Ainsi qu’avec mes interviews.

Et puis avec mes amis bloggers (le Z band, voir les liens en bas à droite) on avait convenu d’un sujet commun, comme nous le faisons régulièrement, pour le 21 juin.
Les voix.
Vous lirez mon article bientôt. Je n’ai pas pu respecter les délais… Oui, je sais, c’est pas bien…
livres

Et puis, avant cette période assez chargée, j’avais lu quelques excellents bouquins dont il faudrait que je vous parle un peu.

Il y a eu «Bill Evans» par Enrico Pieranunzi, «Frères de son» de Gilles Mouëllec et Koffi Kwahulé, «Eric Dolphy» par Guillaume Belhomme, un roman noir de Marc Villard «Bird», une excellente BD de Gani Jakupi «Le Roi Invisible».
Oui, tout ça parle de jazz.

Et puis je n’ai pas eu le temps de terminer, ou alors j’ai survolé, «La longue nuit de Chet Baker» de James Gavin, «San Quentin Jazz Band» de Pierre Briançon, «Le roman du jazz» de Philippe Gumplowicz

J’ai lu quelques-uns des 80 témoignages du très beau livre sur John Coltrane sorti chez Actes Sud, ainsi que certains textes sur le jazz, recueillis dans «Le goût du jazz»…

Quand je pense que «Strange Fruit» de David Margolick et «Miles Davis» de Quincy Troupe m’attendent alors que je viens de trouver en occasion (merci Disc-O-Sold) «La danse des infidèles» de Francis Paudras, il faudra vraiment que je m’aménage du temps.

Ho bien sûr j’ai écouté d’excellents disques… et pas que de jazz.
On y reviendra.

En attendant, et à la mémoire de Michael, je vous invite à regarder cette excellente version de Billie Jean par les Swing Dealers.

 

Billie Jean

 

 

A+

17:01 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : livres, lectures, michael jackson, swing dealers |  Facebook |

14/06/2009

Name Dropping à Jazz à Liège

Mais oui, bien sûr, j’étais à Jazz à Liège.

Le vendredi soir, je ne pars pas aussi tôt que prévu du boulot.
Alors, je fonce sur l’autoroute car j’ai rendez-vous avec Baptiste Trotignon.
Forcément, j’arrive en retard.
J’assiste au sound-check, je discute un peu avec Franck Agulhon et j’interviewerai Baptiste après son concert.
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En attendant, direction la grande salle des fêtes du Palais des Congrès.
China Moses.
La fille de Dee Dee Bridgewater. Et ça se voit.
Showwoman en diable ! Elle parle, elle rigole, elle danse et… elle chante super bien !
Elle reprend les «tubes» de Dinah Washington en accentuant le côté canaille de la grande dame du jazz! On est sous le charme.
À revoir sans hésiter au Gent Jazz Festival cet été, par exemple.


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Retour pour le concert de Trotignon.
Osmose. Complicité. Energie.
La musique circule entre les trois musiciens avec beaucoup d’inspiration.
Il y a de la surprise et il y a du plaisir. Il y a du jazz quoi.

Dans le grand hall, je croise Thomas Champagne. Malheureusement, je ne pourrai pas voir son concert puisque j’interview Trotignon (bon, vous suivez, ou quoi ?).
Je rate également le concert d’Olivier Hutman.
Je le croise au bas d’un escalier. On se donne rendez-vous au Théâtre Marni le 22. (Malheureusement, je n’aurai pas l’occasion de m’y rendre. Rendez-vous manqué.)

Je discute avec Jean-Pol Schroeder, Yves Budin, Philippe Schoenbrood, Robert Jeanne… les habitués du festival.

J’échange quelques mots avec Joachim Kühn. Avez-vous écouté l’intense «Live At Schloss Elmau» avec cet autre pianiste fabuleux: Michael Wollny ?
J’aimerais bien discuter un jour plus longuement avec Kühn…


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Et puis, je vais voir le concert de Diederik Wissels.
Excellente idée du pianiste que d’avoir ajouté quelques samples de percus: cela donne une couleur différente et une belle ouverture à sa musique.
Très belle surprise.

Je passe dans la grande salle où, DJ Grazzhoppa et son DJ Big Band offrent un spectacle étonnant.
Oui, les DJ’s, employés comme ici, sont des musiciens!
11 DJ’s, trois soufflants et deux chanteuses, autant dire que ça bouge.


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Plus tard, au bar, je discute avec Laurent Blondiau puis, plus longuement, avec Nicolas Kummert qui faisaient partie tous deux du DJ Big Band. Ils me confirment ce que je pensais: il y a beaucoup d’interactivité entre eux et les DJ’s.

Un peu plus loin, je parle avec Barbara Wiernik à propos de son dernier album «Soul Of Butterflies», que je vous conseille vivement. Même si je n’adhère pas à tout, il y a des véritables perles sur cet album comme «Drops Can Fly», «Brown Little Girl» et surtout… «Army Dreamers» (reprise de Kate Bush) absolument magique !
On en reparlera.

Et je termine la nuit sur la péniche avec Diederik Wissels, Jan De Haas et Steve Houben


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Le lendemain.
Natacha Wuyts est sur la scène de la petite salle des 200.
Un son très approximatif gâche le plaisir. On entend fortement le claquement de la contrebasse de Boris Schmidt (excellent, au demeurant) mais quasi rien de la guitare de Manu Bonetti.
Ça gâche vraiment le plaisir.
Dommage, car Natacha à une belle présence sur scène et défend avec un bel enthousiasme de beaux standards de jazz.
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Alors, je vais écouter le nouveau projet de Jean-Philppe Collard-Neven et Jean-Louis Rassinfosse.
Et là… C’est somptueux !
Fabrice Alleman aux sax(s) et le très coloriste Xavier Desandre-Navarre aux percussions s’y sont ajoutés. Le résultat est merveilleux de délicatesse, de musicalité, d’échanges et d’inventivité. Les compos et les interprétations sont magnifiques.
Du grand art.

Pas de temps à perdre ensuite, je vais voir Steve Grossman.
Ici, l’effet est inverse: grosse déception.
Rien de neuf à se mettre sous la dent. On dirait un gros bœuf entre excellents musiciens (dont les fantastiques Valerio Pontrandolfo (ts) ou Alain Jean-Marie (p) ).
Mais c’est un peu court face à une si grande attente.


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Alors, je retourne écouter Trio Grande.
Je ne pensais que passer et finalement… je suis resté scotché !
Ce groupe est déjanté et cette musique qui semble aller dans tous les sens  - mais qui est jouée avec une rigueur incomparable – me surprend toujours.
Magique.

Magique aussi le «Just Jazz» d’Aldo Romano.
D’un côté, une énergie débordante et un groove soutenu, de l’autre, un mélange improbable de tradition et de modernité. Et les «modernes» ne sont pas nécessairement ceux que l’on pense. Henri Texier et Aldo Romano sont explosifs tandis que Géraldine Laurent apporte un son ample et sinueux. Quant à Lauro Negri (que j’avais vu en compagnie d’Enrico Rava, il y a quelques années en Italie) amène cette touche de fraîcheur toute italienne. Fabuleux concert.


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Je discute un peu avec Henri Texier qui me raconte ses intéressants projets (comme «Prevert Blues» où il mêle poème et jazz). Texier sera de retour en Belgique – au Brosella – avec son groupe.
À ne rater sous aucun prétexte !

En allant vers la grande salle pour écouter Dave Holland, je discute avec Michel Massot, Michel Debrulle, Matthew Bourne et Laurent Dehors. Intéressant d’entre leur façon de concevoir le jazz et la musique en général. C’est rafraîchissant.


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Final avec Dave Holland, donc.
Comment expliquer le fait qu’il y a le très bon jazz et le très très bon jazz ?
Ce quartette n’est pas venu à Liège pour faire de la figuration.
Chris Potter est démentiel. Il va au charbon, le gaillard! (il y va tellement qu’il surprend même son leader.) Et puis, il y a Nate Smith… et Steve Nelson !!!
Grandiose ! La tête d’affiche n’a pas déçu.

Et me voilà à nouveau a bar (hé oui).
Avec Jean-Louis Rassinfosse et Fabrice Alleman, d’abord.
Et puis j’ai une longue et très intéressante discussion avec Jean-Philippe Collard-Neven et Xavier Desandre-Navarre à propos de Messiaen.
Pas sûr d’avoir saisi toutes les subtilités, mais je me dis que de participer à une conversation entre Jean-Phillippe et Bo Van Der Werf (passionné, lui aussi, par l’écriture de Messiaen) pourrait être passionnant.

Et je discute avec Nicola Lancerotti, David Devrieze, Jordi Grognard, Tuur Florizoone et d'autres encore...
Puis avec Jean-Pierre Bissot qui va nous proposer un beau Gaume Jazz ou encore avec Jean-Claude Laloux à propos de la terrible affiche du Dinant Jazz Nights.
L’été sera chaud !

Pas toujours facile le Jazz à Liège (concerts simultanés, va et viens, etc…) mais il y règne toujours une belle ambiance et il y avait du beau monde sur scène… et dans les couloirs.
Qu’est ce que ce sera l’année prochaine pour ses 20 ans ?

A+

PS : Rassurez-vous, un «papier» moins «people» est prévu sur Citizen Jazz.

07/06/2009

Alegria au Sazz 'n Jazz

Alegria, c’est le groupe de Nicolas Chkifi.
Nicolas est batteur.
Je l’ai
souvent rencontré lors de concerts où le jazz est plutôt orienté «avant-garde».
C’est dans sa nature.
Nico est assez attentif à la scène progressive New–Yorkaise: celle d’un jazz très contemporain et ouvert. Du moins, c’est ce qu’il me semble lorsque je discute avec lui ou avec les membres de son groupe.
Et c’est aussi ce que je ressens dans sa recherche musicale.
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Dans ce quartette, on retrouve Frans van Isacker au sax alto, Ben Prischi au piano et Axel Gilain à la contrebasse.

Dans la très belle salle du Sass ‘n Jazz (j’étais allé à l’ouverture du club voici plus d’un an et je ne vous en avais même pas parlé... honte à moi), le groupe entame «Avec Passion», un thème assez dépouillé et au motif un peu vague qui n’est pas sans évoquer quelques réminiscences de Debussy.

Il y a dans le jeu de Ben Prischi un certain lyrisme qui ne se veut pas trop évident. Il préfère brouiller les pistes en frottant ou en pinçant directement les cordes du piano. Ce qui l’oblige à se retrouver dessous, vu qu’il s’agit ici d’un piano droit.

«Truth» commence de façon tout aussi décharné. Axel Gilain fait grincer les cordes, Chkifi joue les claquements tandis que Frans vna Isacker, droit comme un piquet, cherche une échappatoire. Et comme sur certaines compositions de Kris Defoort, par exemple, un rythme légèrement bop s’en échappe avant de s’éteindre doucement dans une sorte de maelström indéfini.
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C’est un peu l’univers d’Alegria, une musique à laquelle il faut être attentif pour en apprécier les tensions et les rebondissements.
Pourtant, le quartette ne renie pas un jazz plus «traditionnel» lorsqu’il reprend «Israel» de Bill Evans.
Parfois aussi, on s’étonne d’entendre van Isacker sonner comme Paul Desmond, alors que quelques instants auparavant on entendait chez lui un jeu bien plus pincé, plus âpre, plus nasal.
Tout cela est toujours contrebalancé par une envie de bousculer les idées toutes faites. Une envie de toujours se remettre en question.
Le dialogue entre la contrebasse et la batterie rappelle alors un peu l’esprit d’un jeu un peu sale à la William Parker et Hamid Drake. De belles références, non ?

Alegria est en recherche et se laisse beaucoup de portes ouvertes. Curieux de revoir ce quartette quand il aura encore et encore malaxé sa musique et ses idées. C’est le genre de groupe pour lequel il faudrait une résidence…
À bon entendeur…

A+