07/06/2009

Alegria au Sazz 'n Jazz

Alegria, c’est le groupe de Nicolas Chkifi.
Nicolas est batteur.
Je l’ai
souvent rencontré lors de concerts où le jazz est plutôt orienté «avant-garde».
C’est dans sa nature.
Nico est assez attentif à la scène progressive New–Yorkaise: celle d’un jazz très contemporain et ouvert. Du moins, c’est ce qu’il me semble lorsque je discute avec lui ou avec les membres de son groupe.
Et c’est aussi ce que je ressens dans sa recherche musicale.
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Dans ce quartette, on retrouve Frans van Isacker au sax alto, Ben Prischi au piano et Axel Gilain à la contrebasse.

Dans la très belle salle du Sass ‘n Jazz (j’étais allé à l’ouverture du club voici plus d’un an et je ne vous en avais même pas parlé... honte à moi), le groupe entame «Avec Passion», un thème assez dépouillé et au motif un peu vague qui n’est pas sans évoquer quelques réminiscences de Debussy.

Il y a dans le jeu de Ben Prischi un certain lyrisme qui ne se veut pas trop évident. Il préfère brouiller les pistes en frottant ou en pinçant directement les cordes du piano. Ce qui l’oblige à se retrouver dessous, vu qu’il s’agit ici d’un piano droit.

«Truth» commence de façon tout aussi décharné. Axel Gilain fait grincer les cordes, Chkifi joue les claquements tandis que Frans vna Isacker, droit comme un piquet, cherche une échappatoire. Et comme sur certaines compositions de Kris Defoort, par exemple, un rythme légèrement bop s’en échappe avant de s’éteindre doucement dans une sorte de maelström indéfini.
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C’est un peu l’univers d’Alegria, une musique à laquelle il faut être attentif pour en apprécier les tensions et les rebondissements.
Pourtant, le quartette ne renie pas un jazz plus «traditionnel» lorsqu’il reprend «Israel» de Bill Evans.
Parfois aussi, on s’étonne d’entendre van Isacker sonner comme Paul Desmond, alors que quelques instants auparavant on entendait chez lui un jeu bien plus pincé, plus âpre, plus nasal.
Tout cela est toujours contrebalancé par une envie de bousculer les idées toutes faites. Une envie de toujours se remettre en question.
Le dialogue entre la contrebasse et la batterie rappelle alors un peu l’esprit d’un jeu un peu sale à la William Parker et Hamid Drake. De belles références, non ?

Alegria est en recherche et se laisse beaucoup de portes ouvertes. Curieux de revoir ce quartette quand il aura encore et encore malaxé sa musique et ses idées. C’est le genre de groupe pour lequel il faudrait une résidence…
À bon entendeur…

A+

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