09/05/2009

Robin Verheyen Quartet au Sounds


J’avais vu le quartette de Robin Verheyen, il y a plus ou moins deux ans au Hnita Hoeve. C’était le début de l’aventure.
La formule était toute neuve et le groupe allait enregistrer son premier album quelques jours plus tard.

On connaît le résultat: «Painting Space».
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Depuis, le groupe a pas mal tourné ('pas assez… jamais assez' me diront Dré et Robin), et, à la contrebasse, Nic Thys a remplacé Rémi Vignolo (devenu maintenant batteur à plein temps).
Et voilà notre quartette à nouveau sur les routes d’Europe avec un nouveau répertoire.
Et cette fois-ci encore, un enregistrement a eu lieu: à Munich cette foi, pour le label Pirouet, sur lequel Nic Thys et Bill Carrothers ont souvent enregistré. (Entre parenthèses, Virgo, dernier album de Nic Thys est un petit bijou).

Au Sounds, pour deux soirs de suite, Robin Verheyen, Dré Pallemaerts, Nic Thys et Bill Carrothers nous ont servi un jazz actuel de très haute qualité.

Vous en doutiez ?

Cohésion, énergie, surprises et plaisir de jouer ensemble sont les ingrédients de cette réussite. Sans oublier le talent de chaque musicien, bien sûr.

Mentirais-je si je vous dis que Robin fut, une fois de plus, éblouissant ?

Investi et toujours concentré, il est explosif au soprano sur «For E».
Il fait siffler ou trembler l’anche de son instrument.
On décèle parfois cette petite pointe d’aigreur dans le son qui rappelle un peu Steve Lacy.
Puis, il se fait plus lyrique, avec cette faculté de développer des thèmes sinueux, de dessiner des phrases tortueuses, d’inventer un langage à la fois complexe et fluide et, du coup, accessible.
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Le croirez-vous, si je vous dis que Bill Carrothers est de ceux qui inventent continuellement?
Nonchalamment assis au piano, il revisite inlassablement les fondements du jazz pour les remodeler de façon très contemporaine.
Le jeu est précis, vif et incisif. Bourré d’énergie.
Il faut l’entendre dialoguer avec Dré Pallemaerts sur «TGV», par exemple.
Il existe une telle complicité entre ces deux musiciens, qu’ils jouent les yeux fermés.
Les références et les citations parsèment chaque thème, histoire de toujours nous rappeler d’où l’on vient.

Après un «Na» très tranchant, presque déstructuré, fluctuant sur des métriques originales et exigeantes, le quartette se montre d’une tendresse et d’une délicatesse absolues sur le très mélancolique «Wherever The Parth Leads You».
C’est sur un morceau comme celui-là que l’on se rend compte du jeu très chantant et mélodieux de Nic Thys. Un phrasé court et pourtant profond. Une rigueur toute musicale qui renforce encore la cohérence des morceaux.
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Avec tout ça, le quartette n’a aucune difficulté à imposer au public le silence et une écoute attentive.
«Painting Space» est tournoyant, «New York Heights» est hypnotique, «On The House» est satanique et foutrarque.

Et puis il y a encore un long morceau évolutif et onirique joué à la flûte ou simplement sifflé ainsi qu’un «Long Island City» aux allures de charleston qui finissent de démontrer l’évidente originalité du quartette.

Robin a tout compris des arrangements, des nuances, des formes, de l’énergie et… de la présentation et de la présence sur scène.

Il n’y a pas à dire, le talent et le travail, ça paie.
 
A+

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