05/05/2009

Basic Borg au Sounds

 

Rappelez-vous (si vous lisez de temps en temps ce que j’écris), Manolo Cabras m’avait parlé lors d’une interview pour Citizen Jazz l’existence d’un groupe né à Den Haag: Borg Collective.
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Jeudi 23 avril, une partie de cette bande d’amis s’était donné rendez-vous au Sounds.
C’est devenu le Basic Borg.

Jazz, musique improvisée, électro, musique contemporaine… c’est tout ça Basic Borg.
Capitaine de vaisseau: Manolo Cabras à la contrebasse.
Les autres membres de l’équipage: Lynn Cassiers (voc), Matteo Carrus (p), Oriol Roca (dm) et Riccardo Luppi (st) en special guest.

Décollage tout en douceur avec un morceau très atmosphérique.
On installe le décor.
Insidieusement, la musique se mue en une sorte d’opéra contemporain.
Lynn Cassiers, à la voix fantomatique (qu’elle trafique en temps réel), amène petit à petit le groupe vers un rythme swinguant. Mais, pas question de le laisser s’installer. Matteo Carrus, de quelques notes éparses, vient briser l’élan.
Alors le jazz dérive lentement vers une musique plus torturée.
Vous connaissez Craig Taborn, Benoit Delbecq, Tim Bern et toute la bande? Alors vous pouvez vous faire une légère idée de l’ambiance dans laquelle on se trouve.
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Hypnotiques par instants, décalés par moments, virulents ou retenus, les sons s’imbriquent les uns aux autres.
La musique electro, distillée par Lynn ou Matteo se fait très minérale.

Un autre morceau très lent, aux ponctuations très espacées et à la respiration quasi léthargique, nous envoie encore ailleurs.
Lynn Cassiers découpe les phrases.
Après le mot, le silence. Après le silence, une phrase.
La basse et le piano soulignent chaque attaque, comme par surprise.
La batterie respire et le saxophone pleure doucement.

Et puis Riccardo Lippi entraîne tout le monde vers une sorte de free bop.
Son sax crie et vocifère à la façon d’un Archie Shepp. Un son gras, ample, rauque et rempli de blues.
L’ambiance devient électrique, explosive.
Sorte de magma en fusion.
Basic Borg mélange les effets électro avec retenue.
Pas d’effets faciles ni convenus.
La froideur des machines est contrebalancée par le son chaud de la contrebasse et du sax. Une chaleur qui n’a cependant rien de trop confortable.
Diable, vers quelle planète nous dirigeons-nous?

Toute la musique de Basic Borg se joue dans un spectre étrange: entre ouverture et retenue. Entre l’organique et le cérébral.
Intense, exigent… éprouvant parfois.
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Musique pour musiciens? Oui et non.
Musique d’atmosphère, parfois brutale, dans laquelle il faut se laisser enliser.
Jazz contemporain qui ne se donne aucune limite.

On a traversé quelques étranges galaxies.
L’aventure se termine bien, tout le monde est sain et sauf.
Mission accomplie, Captain Cabras…

Mais il est temps de souffler un peu…

A+

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