20/04/2009

Erik Vermeulen Trio - "Live Chroma" De Werf

Vendredi 10 avril, week-end de Pâques.
Direction De Werf à Bruges.
Du monde sur l’autoroute de la mer? Pas vraiment, finalement.
Et c’est pas plus mal.
Du monde à De Werf? Pas mal, finalement.
Même si il y aurait pu en avoir plus.
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Le trio d’Erik Vermeulen, ce n’est pas si souvent qu’on peut l’entendre.
Bien sûr, il y a eu la belle tournée des JazzLab Series, qui a précisément servi à l’enregistrement «live» du nouvel album que le pianiste présentait ce soir.
En effet, certains morceaux ont été enregistrés à Grimbergen, d’autres au Meent ou au Beurs… et quelques solos chez Erik même.

Et comme c’est la présentation de «Live Chroma», Erik a décidé de respecter la set-list et de jouer la plupart des morceaux du disque.

«Three Colors and More», puis «Morphos» pour débuter.
Intimistes et légèrement romantiques, ces deux morceaux me font penser que si Bill Evans avait été encore vivant, il aurait peut-être pu jouer comme cela… avec cette touche contemporaine en plus. Celle qui rend le jeu de Vermeulen unique.
Ce qui laisse un peu dubitatif Erik, quand je lui en parle… mais je persiste.
Sur d’autres morceaux, on entend d’autres influences (Monk ou Tristano, par exemple). Mais le pianiste possède un jeu tellement personnel qu’il serait vain de lui trouver des similitudes avec ses illustres prédécesseurs.

Et puis, que dire de la rythmique?
L’interaction entre Manolo Cabras (cd) et Marek Patrman (dm) est en tout point idéale. Avec eux, Vermeulen est comme un poisson dans l’eau.
L’entente, l’écoute et la compréhension sont parfaites.

Cela permet au trio d’explorer continuellement les espaces ouverts.
Sur «Broken», qui porte bien son nom, le groupe joue les cassures rythmiques accentuant parfois un peu les dissonances. Sur «Three For A Ballad» (qui n’est pas sur l’album), la batterie marque le contrepoint plutôt que de se contenter de jouer un rôle plus conventionnel.
En reprenant «Proposal N°1» (de l’album précédent «Inner City») Manolo Cabras impose un groove qui prend soin d’éviter tout le temps l’ordinaire.
Nous voilà toujours en alerte.
C’est de la musique en trois dimensions qui se crée perpétuellement devant nous.
Une musique intelligente et toujours accessible.
Car si elle parle à l’esprit, elle touche aussi le cœur.
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Alors, il y a aussi cette belle ballade triste «The Old Century», ou ce «2/8» en forme de bop aux virages en épingles, qui nous emmènent obligatoirement hors des sentiers battus.
Du Vermeulen, quoi.

Pour conclure, le trio nous offre «Everything I Love» (de Cole Porter) et en rappel «Re:Person I Knew» de… Bill Evans.
Quand je vous disais que Bill n’était pas loin…

Dois-je vous dire aussi que «Live Chroma» est un must ?

A+

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