05/04/2009

Michael Musillami Trio à Brassages

En allant à Brassages le dimanche 22 avril au soir, j’étais intrigué à l’idée de savoir ce que j’allais découvrir sur scène.

Joe Fonda et George Schuller ne m’étaient pas inconnus.
Le premier a longtemps travaillé avec Anthony Braxton, a enregistré avec Bruno Angelini et Ramon Lopez et a également enregistré en Belgique (avec André Goudbeek ou Gibert Isbin, par exemples).
Le second n’est autre que le fils de Gunther Schuller (qui fut à la base du Third Stream et joua avec Dolphy, entre autres), et est un excellent batteur trop peu visible chez nous.
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Quant à Michael Musillami, guitariste et leader du groupe, il m’était totalement inconnu…
Mais mon déplacement dans la campagne brabançonne fut hautement récompensé.

Indéniablement, ce trio possède une sacrée personnalité.
Il trouve sa force dans l’alternance de pièces assez hermétiques (ou du moins complexes et nébuleuses) et des thèmes construits sur un blues ou un jazz des plus roots.

Il y a chez ces trois-là une énergie peu commune, un sens du groove et une connaissance incontestable de l’histoire du jazz.
Le résultat? Une musique sophistiquée qui, jamais, ne se prend la tête et reste à tout moment accessible.
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On est d’ailleurs rapidement tenu en haleine par la richesse du jeu des trois jazzmen.
Il y a d’abord Joe Fonda qui se bat avec sa contrebasse, il l’enveloppe, tourne autour, danse avec elle. Il se retire avec elle pour laisser les autres jouer. Puis, il revient la planter au milieu de la scène. Il en fait sortir des sons incroyables, vibrants, puissants et parfois sales. Les cordes claquent sur le bois, elles résonnent sous ses doigts.
C’est rauque et bouillonnant.
Parfois, il utilise l’archet pour faire glisser la musique vers des contrées plus mystérieuses.

Musillami invente des phrases toujours différentes, très créatives.
Il rebondit sur toutes les impros et en propose de nouvelles. Il joue sur tous les registres, il passe du blues au gospel sans oublier un jazz plus «européen».
Le guitariste y va à fond. Il joue «dedans».
Sans aucun artifice, sans pédale ni effets quelconques.
Le jeu est virtuose et brut. À l’américaine.

Tout est découpé avec précision et nervosité.
Le trio joue la tension et la détente.
Et l’humour aussi, parfois, comme sur «Beijing» où Fonda esquisse quelques notes de «St Thomas», ou lorsqu’il introduit à l’archet un «Swedish Fish» plein de vitalité.
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La vitalité, on la retrouve aussi dans le jeu d’une qualité exceptionnelle de Schuller.
Le batteur manie avec élégance les polyrythmies complexes et le swing, l’éclat et le murmure, la puissance et la douceur.
Toujours à l’écoute et au service de la musique.

Le trio mélange les genres avec une rare intelligence et le groove est omniprésent.

Une heure et demie de jazz intense!
Mais pourquoi étions-nous si peu nombreux ce soir-là?

À revoir absolument devant une salle comble. Ce trio en vaut vraiment la peine!

A+

Commentaires

Loved your review.
Sidney Bechet would be proud of your blog, Jazzques.

Écrit par : Petite Fleur | 06/04/2009

Hello Petite Fleur

Thanks for your comment... but why Sidney should be proud of my blog? I don't speak a lot about him... (humm... , maybe it's a weakness? ).
Ok, I will listen to him again, you're right...

:-)

Écrit par : jacques | 08/04/2009

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