22/03/2009

Du neuf à Leffe.

Ça y est.
Après bientôt 12 ans de festival, Dinant s’offre enfin un club.
Hé oui, il n’y avait pas de club de jazz dans la cité qui a vu naître le papa du saxophone.
Bien sûr, certains se rappellent la grande époque du Charles Quint (qui a fermé ses portes au début des années 90), mais depuis, c’était le calme plat du côté du rocher Bayard.

Il fallait bien un fondu à qui rien ne fait peur pour décider d’ouvrir un club à l’époque où la plupart d’entre eux tirent la langue… quoique ce soit l’histoire éternelle des clubs de jazz.
Tout le monde connaît la blague: «Comment devenir millionnaire? … Être milliardaire et ouvrir un club de jazz!»

Jean-Claude Laloux n’est pas milliardaire, mais il est un amoureux éperdu du jazz et c’est sans conteste l’une des principales qualités requises pour faire fonctionner un club.

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L’F est donc né.

L’F, parce que le club se situe à deux pas de l’Abbaye de Leffe, dans l’ancienne classe de gym de l’école inoccupée depuis près de cinq ans et qui fut rachetée par les Pères de l’Abbaye. Et ceux-ci l’ont mis gracieusement à la disposition du jazz…

Ce 7 mars, pour le concert d’ouverture, Jean-Claude et ses bénévoles avaient mis les petits plats dans les grands pour proposer une belle et grande jam.

Dans la salle, plus de 200 personnes.
Et sur la scène, on a vu défiler Rhoda Scott, David Linx, Steve Houben, Roby Lakatos, Sal La Rocca, Hans Van Oosterhout, Greg Houben, Maxime Blesin, Kalman Olah (qui fut un peu à l’origine de la création des Dinant Jazz Nights) et même le Père Augustin (pour un «C.Jam Blues» mémorable).
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La fête a donc commencé avec Kalman Olah en solo sur «East Of The Sun», rejoint ensuite par Sal La Rocca, Hans Van Osterhout et Steve Houben.
Jazz tout en douceur et décontraction.
Les clins d’œils s’échangent et Maxime Blesin monte sur scène pour un délicat et sensuel «River Of Dreams». Le jeu de Maxime est souple, profond et légèrement swinguant.
Idéal pour glisser vers un «Shifting Down» plus «nocturne» que jamais.
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Quand Rhoda Scott arrive sur scène, c’est avec la ferme intension de bouter le feu à chacun des tunes.
Elle entame «Like Someone In Love» en y mettant toute son âme.
Bien vite la tension monte. On navigue alors entre soul et gospel.
Ça transpire ferme.
Houben déroule des phrases incandescentes et Rhoda enflamme le reste.

David Linx ne fait pas baisser le niveau. Au contraire, électrisé par l’ambiance, il nous sert un troublant et fabuleux «I’ve Got The World On A String» (de Frank Sinatra) à la façon Etta James… Merveilleux !
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On calme quelque peu les esprits avec l’une ou l’autre ballade («My Romance») avant que Roby Lakatos ne vienne à son tour raviver les ardeurs.
Le violoniste hongrois démontre tous ses talents d’improvisateur virtuose.
Le hard bop se mêle aux accents tziganes.
Les échanges entre Greg Houben (remonté par son récent séjour à New York), Rhoda Scott et Maxime Blesin sont éclatants.
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Puissant et d’une justesse étonnante, Hans Van Osterhout a assuré ces rythmes d’enfer durant toute la soirée, sans jamais faiblir… Tout comme Sal La Rocca. Chapeau.

Tout le monde est ravi, la «première» est totalement réussie.

Rendez-vous est pris !
Le mois prochain (le 3 avril), l’F accueillera Eric Legnini et Lionel Belmondo, puis le trio de Greg Houben, puis… puis…

Longue vie à l’F.

A+

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