09/03/2009

Octurn "7 Eyes" - au KVS

C’est incroyable comme on me reconnaît dans la rue!
Surtout les filles!
Vendredi dernier, sur le chemin qui me mène au KVS, d’exotiques demoiselles, légèrement vêtues malgré le froid, la chevelure folle ou strictement attachée, la jupe courte et le talon haut, la poitrine opulente et le maquillage quelque peu soutenu me lancent des «Salut!», «Bonjour.», «Ça va?»… et même des… «Tu viens?»…
J’avais oublié que ce quartier était aussi accueillant !
Mais non. Désolé, je ne «viens» pas, je dois aller écouter Octurn.


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Le nouveau projet d’Octurn s’appelle «7 Eyes».
À part la méditation et la sagesse bien sûr, il n’est pas question ici d’influence d’une quelconque musique indienne (quoique) dans le travail Bo Van Der Werf et de Jozef Dumoulin, auteurs des thèmes proposés.
Intrigué, je demande à Bo, après le concert, la signification de ce nom.
«À l’époque où l’on travaillait sur cette nouvelle musique, je lisais un bouquin sur une divinité Bouddhiste: Tara Blanche. Sa particularité est qu’elle possède sept yeux, qu’elle est attentive à la paix, la longévité… et qu’on la «prie» à n’importe quel moment de la vie quotidienne.»

Suite logique de «21 Emanations» en quelques sortes.

Et pourtant, cet Octurn-ci est encore différent.

Dans le KVS Box, c’est l’empire des sons.
Lynn Cassiers jette les premiers mots qu’elle sample, rediffuse et retravaille «in real time» en complicité avec Gilbert Nouno qui y ajoute rythmes, bruits et autres sons parasites.
La musique se dessine peu à peu. Par cassures, par couches, par voiles successifs.
On joue les avant-plans, les arrière-plans, la stéréophonie.
Les sons envahissent tous les recoins de la salle.
On est plongé dans un univers fantasmagorique et onirique.
Jean-Luc Lehr (elb) amorce un tempo légèrement aléatoire sur lequel Chander Sardjoe (dm) inscrit un groove obsédant.
Nelson Veras (g) phrase par bribes. Bo Van Der Werf (s) développe des lignes mélodiques sinueuses et capricieuses…
Jozef Dumoulin (Fender) et Fabian Fiorini (p) jouent à cache-cache sur des métriques sophistiquées, parfois en superpositions rythmiques décalées, parfois à l’unisson.


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Le chant étrange et rafraîchissant de Lynn (on pense parfois à Susanna Wallumrod) ouvre de nouveaux espaces à Octurn.
Son univers particulier s’intègre parfaitement à celui du collectif.
Elle y insère même, le temps d’une ballade, quelques airs très inspirés des standards vocaux de jazz.
Mais bien sûr, tout cela est travaillé à la sauce Octurn, plus électro-acoustique que jamais.
Le groove - car il y a indéniablement du groove dans ce projet - se mêle aux rythmes impairs et complexes et rend l’ensemble totalement cohérent et… accessible.
La musique est parfois vaporeuse, presque sensuelle, touchante aussi avec le chant enregistré d’un enfant qui reprend «Une Chanson Douce».


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Ce qui est étonnant aussi de la part d’Octurn, ce sont ces alternances de morceaux courts et (très) longs. Là où ils nous avaient habitué à nous tremper longuement dans des thèmes évolutifs, ils nous offrent des petites plages de respiration.

«7 Eyes» est décidément très convaincant… pour qui veut bien se laisser surprendre par l’univers d’Octurn.
Et personnellement, j’y vais les yeux fermés.

Dehors, quelques «groupies» m’attendent encore…
«Non, mesdemoiselles, désolé je n’ai pas le temps… je file au Sounds écouter Pierre de Surgères.»

A+

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