19/01/2009

Robert Jeanne Quartet au Music Village

 

Vendredi soir, la grippe m’agrippe.
Mais j’avais promis à Robert Jeanne d’aller l’écouter au Music Village.
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J’avais aussi promis à Yves Budin d’assister au vernissage de son exposition sur Serge Gainsbourg au Pelzer à Liège. (En fait, je pensais que c’était samedi. Et vu mon état, je n’aurais pas étais capable d’y aller non plus. J’ai d’ailleurs raté du même coup Octurn et Matthew Shipp en duo avec Bart Maris au Beurs…)

La grippe menace, donc, mais derrière le bar, Etienne et les charmantes serveuses sont aux petits soins avec moi.
Ce sera thé, miel et un maximum de citrons (c’est assez rare pour le signaler).

Il y a peu de monde, pour un vendredi soir. C’est étonnant.
Faut-il rappeler qui est Robert Jeanne ?
Celui qui a fait les beaux soirs du jazz à Liège et bien au-delà en compagnie de René Thomas, Bobby Jaspar, Jacques Pelzer, Felix Simtaine, Bill Coleman, Slide Hampton… ?
Celui qui traverse encore aujourd’hui toute la Belgique pour venir jammer au Sounds le lundi… ?
Non, bien sûr.

Robert a gardé ce beau son de ténor des années ’50.
Celui du bop et du West-Coast.
Le son velouté d’un Al Cohn ou d’un Stan Getz.
Robert est un amoureux du beau son et de la mélodie. On ne le changera plus, et c’est tant mieux.

Ce que j’aime bien aussi, chez Robert, ce sont ses entrées et ses sorties de chorus comme on n’en fait plus actuellement.
On plonge avec lui, il nous entraîne gentiment et il nous ramène.
Merci pour le voyage.

Ce soir, à la place de l’habituel Mimi Verderame, c’est Jacques Pirotton qui l’accompagne.
J’ai déjà dis tout le bien que je pensais de ce guitariste trop discret.

Ce soir, Jacques semble avoir adapter son jeu au répertoire du quartette.
Il joue souple et volubile, dans la tradition d’un… René Thomas (?)
Après un thème de Charlie Haden, voilà «Wat’s new», une balade qui permet à Werner Lauscher de s’exprimer dans un très beau solo de contrebasse.
Et puis, quand ça groove sur «Not You Again» de Scofield, Pirotton ne se fait pas prier.
Les doigts filent, les accords courent.
Il entraîne le batteur Stefan Kremer avec lui.
Ça swing, ça balance, c’est simple et c’est bon.

Robert Jeanne aime aussi le Quartet West de Charlie Haden, avec Ernie Watts - on le comprend - et c’est avec l'un de leurs morceaux (dont le titre m’échappe) que se termine le premier set.

Pas trop en forme, je pensais rentrer, mais la musique est plus forte que le grippe.
Un autre thé, et voilà le deuxième set.
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On débute par quelques compositions personnelles qui n’ont pas à rougir des standards que Robert Jeanne aime tant jouer, «Morning Fast» et «Stan».
«Il y a tant de belles mélodies, que je ne vois pas la nécessité d’écrire moi-même» me dit-il.


Quelques autres standards suivent avant un «Segment» de l’inévitable Charlie Parker où Pirotton démontre une fois encore tous ses talents d’improvisateur.

Comme on est entre nous, que Jean-François Maljean est dans la salle, Robert l’invite à «jammer» pour le troisième set.
«You and The Night and The Music», «Night and Day» ou encore un thème de Miles achèvent un concert tendre.
C’est tout ce qu’il me fallait.

Je rentre.
Le jazz guérit l’âme… mais pas la grippe.

A+

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