08/01/2009

Du monde aux Balkans (et retour)

Vendredi dernier, pour démarrer la nouvelle année, je suis retourné écouter le trio de Sabin Todorov au Sounds.

J’avais déjà vu cette formation à De Werf, et j’avais chroniqué «Inside Story» pour Citizen Jazz.

La musique est toujours aussi convaincante et originale.
Même si le premier set me semblait, en partie, un peu moins intense qu’à Bruges.
Le froid ? La fatigue ?

Le second set fut par contre bien plus resserré.
Là, tout le monde y était !
Entre «The Field», «Eclipse» ou «The Red Carpet», Sabin en profita pour présenter quelques nouvelles et très belles compositions comme «The Traveller» (avec un envoûtant ostinato de la main gauche) ou «Just After Death» (une mélodie décontractée et confiante qui oscille entre plénitude et inquiétude).
Et le final ressembla à un en feu d’artifice avec «Carambol», empli de ce folklore Bulgare tellement captivant.

Je me souviens, lorsque j’étais revenu de Bruges en compagnie de Sabin (hé oui, de temps en temps, je fais aussi «taxi»), avoir pas mal parlé de la musique des Balkans.

On avait évoqué Bojan Z, bien sûr, mais aussi des musiciens traditionnels comme Petar Ralchev, un accordéoniste virtuose qui allie mélodies tournoyantes et improvisations sulfureuses.
J’aime particulièrement cet extrait.




Et puis, on a parlé aussi de Borislav Petrov, un batteur Bulgare qui vit à Amsterdam.
Lui aussi a gardé son folklore dans ses baguettes. Même lorsqu’il joue «jazz».
Mais ne dit-on pas que le jazz est une éponge ? Qu’il prend autant qu’il donne ?

Dernièrement, Sabin m’a aussi parlé du trio de Dimitar Bodurov (dans lequel joue Jens Düppe, batteur de Pascal Schumacher).
Après avoir écouté quelques extraits et lu la chronique de leur dernier album dans Jazzmosaïek de décembre, je guette leur venue en Belgique.

À tout cela, je pourrais ajouter l’excellent trompettiste Alexander Wladigeroff, dont l’album «Wanderer In Love» me surprend à chaque écoute.

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Je l’avais rencontré à l’Archiduc, lors du showcase de Fatima Spar, groupe hybride qui rassemble Serbes, Autrichiens, Ukrainiens et Bulgares.
Bonjour le mélange.
Et pourtant, cela fonctionne.
Leur disque «Trust» n’est pas du tout inintéressant. Que du contraire.
On y retrouve des influences New-Orleans, du Bop, du Klezmer, de la musique Tzigane, de la pop… Tout y passe.

Ce soir-là, j’avais eu l’occasion de discuter aussi avec l’accordéoniste du groupe: l’Ukrainien Marko Marusic.
Avec lui, nous en sommes venu à parler de Carlos Gardel.
Alors, en rentrant chez moi, j’ai ressorti un disque de Michel Plasson et de l’orchestre de Toulouse en hommage au grand chanteur de tango.
Quel bonheur !

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Et pour revenir du côté de la Bulgarie, juste à côté, en Roumanie, je ne résiste pas à vous inviter à découvrir (si vous ne le connaissez pas encore) l’incroyable joueur de cymbalum Toni Iordache.

J’adore cette musique, cette fougue, cette tristesse chassée par un jeu tout en transe.



 

Ça me rappelle mes voisins Turcs qui écoutaient leur musique traditionnelle - à fond - chaque jeudi.
Et puis, ça me rappelle aussi les films de Jules Dassin avec Mélina Mercouri



OK, je mélange un peu tout.
Je fais une belle macédoine
Mais c’est tellement riche les mélanges ! C’est tellement fort !
C’est comme la musique des gars de La Panika, découvert un soir très tard sur Musiq3.
C’est comme Klezmic Circus, excellent groupe liégeois qui brûle les planches en Flandre.
C’est comme Taraf De Haïdouks.


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Tout ça est ardent, bourré d’émotions et de sentiments.
C’est «plein de vie» comme dirait John Fante

Wooo… quel périple!
Tout ça à cause de Sabin Todorov.

C’est fou ce que ça fait voyager le jazz !

A+

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