02/12/2008

Galliano et le BJO au Singel - Antwerpen

Quand le Brussels Jazz Orchestra donne un concert dans votre ville et qu’il vous est impossible d’y assister, que faites-vous ?
Hé bien vous allez le voir, la veille, dans une autre ville: à Antwerpen.
Au Singel.

Dans la très belle «Blauwe Zaal», les pupitres sont prêts, le piano est accordé et l’accordéon attend.
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L’accordéon, c’est celui de Richard Galliano, dernier invité d’un des meilleurs Big Band du monde qui fête cette année ses 15 ans d’existence.

20 heures tapantes, le BJO, sous la houlette de l’infatigable Frank Vaganée, entonne un swinguant et rugissant «Hoping Around».
Galliano reste en coulisse et l’orchestre enchaîne avec «Café Sieste» qui met en valeur un Pierre Devret crépusculaire au bugle.
Et puis, honneur à Nathalie Loriers avec une magnifique (et le mot n’est pas usurpé) adaptation de «Neige», écrit par la pianiste pour son quintet et arrangé somptueusement par Lode Mertens (tb).

Et Galliano arrive.
Il entre tout de suite dans le vif du sujet avec «Michelangelo ’70».
Intense, rapide, nerveux et puissant.
Le BJO et l’accordéoniste poursuivent avec un autre thème tout aussi brûlant, où Vaganée et Galliano rivalisent de vigueur et de fougue: «Teulada».
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On se calme ensuite avec «Ten Years Ago» (titre du nouvel album), dédié à Barbara.
La balade, sombre et mélancolique, ressemble bien à l’esprit de la grande dame en noir.

Un clin d’œil à Nougaro («Tango Pour Claude / Vie Violence»), un détour swing du côté de la «Rue de Maubeuge» (avec un Nico Schepers éblouissant à la trompette) et un bonjour à «Giselle»… on a fait la visite du propriétaire.
Et Galliano s’amuse avec ce grand orchestre.
Et les musiciens s’amusent avec lui.
Cela doit être aussi l’un des secrets de la qualité du BJO: le bonheur de jouer ensemble.
Il faut les voir sourire entre eux, se faire des clins d’yeux, de contenir un fou rire.
Normal que cela dure depuis quinze ans!

Alors, Galliano rappelle Nathalie Loriers, qui avait laissé la place de soliste au musicien marseillais, pour «Take Eleven» (avec une main gauche fantastique de la pianiste sur un motif qui rappelle un peu «All Blue» et un éclatant Kurt Van Herck au soprano).
Et puis, c’est «Taraf» aux rythmes complexes des Balkans (arrangé par Bert Joris) et finalement «Coloriage»… Avant la standing ovation…

Anniversaire magique, musique formidable, soirée réussie…
Vous auriez manqué ça vous?
Pas moi.

A+

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