15/11/2008

Motives Festival (1) - Jack DeJohnette

C’est quoi un bon batteur ?

Je ne sais pas si cela s’explique.
Et en tout cas, c’est difficile à mettre en mots.

Par contre, lorsqu’on entend un bon batteur: il n’y a rien à dire, tout est évident !
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Et hier soir au Motives Festival à Genk, toutes ces questions se sont envolées.
L’évidence était là !
Jack DeJohnette.
«Bon» batteur… le mot est faible dans ce cas-ci.

Son récent groupe, «Intercontinental», rassemble autour de lui la chanteuse sud-africaine Sibongile Khumalo, le pianiste Billy Childs et le bassiste Jerome Harris, auxquels s’ajoutent deux soufflants: Byron Wallen (tp et fl) et Jason Yarde (ss et ts).

Fabuleux de bout en bout.
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Une entrée à pas feutrés, toute en douceur.
Chacun des musiciens vient trouver sa place et la voix de Khumalo, entre traditionnel, jazz et opéra, vous cristallise.

Guidée par Monsieur DeJohnette, la musique se fraie un chemin jusqu’au bop après être passée par les rythmes sud-africains, le modal ou le contemporain.
Tout en délicatesse et toujours en groove.

DeJohnette possède une gestuelle magnifique qui se retrouve dans sa musique.
C’est ample, souple et sec à la fois.
C’est d’une précision diabolique et d’un équilibre subjuguant !
DeJohnette est  toujours au service de la musique.
Il reste d’une humilité confondante.
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Et quand vient le moment de son solo, il prend le temps de l’installer, de le faire «monter», de l’équilibrer, de le façonner pour le tendre au maximum.

Un son unique, un toucher exceptionnel.
Pas d’esbroufe, pas de clinquant: de la justesse.
Celle qui semble si simple et qui est pourtant si difficile à atteindre.

Brillantissime !

Avant cela, le Motives nous a présenté le groupe du bassiste électrique Roman Korolik (que je ne connaissais que très peu).
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Intéressant quartet où l’on trouve Dirk Schreurs au piano (que l’on voit trop peu souvent), Jan Servaes aux drums et Roeland Alen à la guitare électrique.

On pense un peu au Pat Metheny Group mais aussi à Bill Frisell parfois. Le quartette se balade entre fusion et post-bop mais glisse aussi légèrement funky par moments.

On a découvert aussi un trio anglais.
Un «power Trio» comme on dit.
Bourré d’énergie, Neil Cowley joue du piano avec nervosité (pratiquement hyperkinétique), Richard Sadler pétri vivement sa  contrebasse et Even Jenkins tape comme un sourd sur sa batterie.
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Ils jouent le «stop and go» de façon assez systématique ou s’embarquent dans de longues répétitions de phrases en rubato.
On est en plein dans le jazz-pop, influencé par le rock et fortement inspiré par E.S.T des dernières périodes ou par The Bad Plus
De l’énergie qui étouffe
, peut-être, l’originalité ?
Sentiments mitigés.

Mais vous lirez tout ça en long et en large plus tard sur Citizen Jazz, moi je retourne écouter la suite.

A+

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