14/09/2008

Marni Jazz Rendez-vous

 

J’étais aux rendez-vous !
Ceux que propose par le Théâtre Marni tous les trois mois.

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Édition spéciale cette fois-ci, puisque les «Rendez-vous» fêtaient aussi les trente ans du Travers.
Si le club a disparu voici quelques années (et a quitté la rue Traversière), son esprit n’est pas mort.
Jules Imberechts continue à l’entretenir en faisant la programmation du Tavers Emotions au Théâtre Marni, justement.

J’étais donc au rendez-vous le premier soir, et je n’étais pas le seul.
Le théâtre affichait complet.
Kevin Mulligan (voc, g) avait invité Philip Catherine (g) et Laurent Vernerey (b) pour un joli voyage au pays du blues et de quelques standards de jazz.

Mulligan chante avec beaucoup de sensibilité les «Do You Know What It Means to Miss New Orleans?», «Change Partners», un très sensuel «Under My Skin» ou encore un «Fever» qui ferait presque rougir Peggy Lee.

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On le sent d’ailleurs meilleur chanteur et arrangeur que guitariste. Il faut dire que la comparaison avec Philip Catherine ne lui laisse pas beaucoup de chance.
C’est absolument éblouissant comment le guitariste belge invente les phrases, relie les accords et soutient les mélodies avec une facilité déconcertante. Et que dire de ses solos?

Chacun à leur tour, les deux guitaristes ne manqueront pas non plus de saluer la mémoire de Pierre Van Dormael, disparu la veille. Emouvant.

Je n’ai pas eu l’occasion de revoir le sextette de Bernard Guyot dont j’avais parlé ici, mais j’ai rencontré Charles Loos qui a pu me donner le nom de ce merveilleux morceau écrit en hommage à son père: «Bright As A Father».
Un conseil, retenez bien ce titre…

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J’étais bien présent, par contre, pour découvrir Commander Grek du batteur gantois Jonathan Callens.

Commander Grek tire son nom d’un personnage BD d’heroic fantasy des années ’70.
Il me semblait bien avoir rencontré ce commandant lorsque je partageais avec un ami un appartement juste au-dessus du mythique magasin de bandes dessinées de la Rue de Namur: Peperland.
Que de souvenirs…

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Bref.
Le quartette de ce soir porte bien son nom car il mélange allègrement les époques et les genres: le funk, le jazz, le drum’ n bass ou le jazz-rock.
À la basse, on retrouve Olivier Stalon, à la guitare François Delporte (dont certains riffs, dans ce contexte, me rappellent parfois le jeu de cet excellent guitariste souvent oublié: Terry Kath) et puis, aux claviers: Piotr Paluch. Fantastique et étonnant de facilité, lorsqu’il passe du piano au Korg et puis du Korg au Roland AX7, symbole s’il en est du funk de la fin des années 70.

Des compositions riches et nerveuses, des arrangements sophistiqués, de l’énergie et une pointe d’humour.
Suivez ce Commander Grek, les amis !

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Dans un tout autre style, une autre belle découverte: Joona Toivanen Trio.
Venu tout droit de Finlande, le groupe développe un jazz épuré et parfois mélancolique. Une certaine idée du jazz scandinave dans lequel on retrouve des influences de Bill Evans, d’Esbjörn Svensson (première époque) ou encore Brad Mehldau.

Mais le trio sait se créer son propre univers.
Le pianiste aime préparer son instrument à l’aide de pinces à linge, de feuilles de papier ou de balles de ping pong. Cela donne du relief aux ballades et provoque des déséquilibres harmoniques plus qu’intéressants.
Soutenu par la basse très chantante de Tapani Toivanen, le groove est toujours présent sans jamais être envahissant.
Le jeu du batteur Olavi Louhivuori y est sans doute aussi pour quelque chose. Subtil, délicat, léger et foisonnant, il me rappelle parfois le style d’un Jarle Vespestad (Tord Gustavsen Trio, Super Silent…).

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Un trio «classique» basse-batterie-piano qui ouvre pas mal d’horizons et nous offre une vision assez originale du genre.
On en reparlera encore, sans nul doute.

J’ai donc raté, comme vous l’avez peut-être constaté, le concert de Fred Van Hove (sniff) ainsi que celui du trio de Pascal Mohy (re-sniff).

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Par contre, je suis content d’avoir enfin pu voir sur scène Gilbert Paeffgen et son nouveau projet.

Toujours aussi surprenant et gentiment délirant.
Le batteur germano-suisse jouera ici plus souvent du «Appenzeller Hackbrett» (sorte de cymbalum) que de la batterie.
Il faut dire que le répertoire de ce «Alpin Gamelan» tourne autour de la musique folklorique et populaire suisse.
Mais rassurez-vous, rien ici n’est traité «normalement».
Les arrangements sont des plus étonnants et l’accompagnement n’est pas moins original.

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Il y a Hans Petter Pfammatter au piano et Urban Lienert à la basse électrique, mais surtout un joueur de flûtes et de cornemuse Irlandaise (Joe Mc Hugh) et un percussionniste déjanté: Tini Hägler. Ce dernier, sorte de professeur fou, tape sur tout, en s’aidant aussi d’une pédale wha-wha: xylophone, guitare, chaussures, tasses à café ou encore fouet de cuisine…
De tout cela naît une musique absolument merveilleuse, unique et extrêmeent attachante.
On navigue entre jazz, folk, ambiant et groove et... c’est que du bonheur.

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J’attends déjà le prochain rendez-vous et je vous en fixe un bientôt sur Citizen pour affiner tout ça.

A+

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