03/09/2008

Bernard Guyot au Brassages

 

Le Travers a trente ans

Que faisiez-vous, il y a trente ans ?
Vous vous rappelez ?

Jules Imberechts, lui, s’en souvient très bien: il créait, sans vraiment s’en rendre compte, l’un des clubs les plus influents de la scène jazz Belge et Européenne.

Jules Du Travers !
C’est ainsi qu’on le connaît et qu’on l’appelle dans la sphère jazz.
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Les trente ans se fêteront au théâtre le Marni, qui abrite depuis quelques années déjà les restes (bien conservés finalement) de ce club qui n’a pas pu survivre aux règles impitoyables de l’économie.

Il faut dire qu’à l’époque, Jules, et son acolyte Philippe De Visscher, pensaient plus à se faire plaisir qu’à gagner leur vie sur le compte du jazz (c’est possible ça, d’ailleurs ??).

Avec 49 chaises (une de plus et il fallait avoir les autorisations des pompiers pour pouvoir "exercer") et avec des noms aussi illustres que Archie Shepp, Joe Henderson, Paul Motian, Joe Lovano, Art Ensemble Of Chicago ou encore Hermeto Pascoal, comment voulez-vous qu'ils s'en sortent?

... Je reviendrai sur cette incroyable histoire l’un de ces jours.

Pour l’instant, le Travers «Emotions» (comme il a été rebaptisé) fait son festival au Marni, à partir du 4 septembre (avec Kevin Mulligan et Philip Catherine en ouverture) jusqu’au 12.

En prélude à cet évènement, Jules a imaginé, avec l’aide du saxophoniste Bernard Guyot, de faire revivre quelques thèmes écrits par des grands noms du jazz belge en l’honneur de ce club mythique et de son patron.
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Rendez-vous à Dongelberg, au Brassages, pour la générale, avec le sextette formé par le ténor.

Charles Loos au piano, Yannick Peeters à la contrebasse, Wim Egermont aux drums et, outre Bernard Guyot, deux souffleurs: Jean-Paul Estiévenart, au bugle et à la trompette et Stéphane Mercier à l’alto.

Un premier set entre lyrisme et bop, sur des compositions de Guyot ou de Charles Loos, dont un magnifique et sensible morceau
en hommage à son père, aux relents de marching jazz, gospel et blues (Mais quel est son titre ??).

Le deuxième set est consacré entièrement au Travers avec trois morceaux écrits en son temps par Frank Wuyts («Jules Le Noble»), Benoît Louis («Julius Traverius») et Charles Loos déjà («Travers»).

Mais il y aura aussi une suite en quatre parties, écrite récemment et tout spécialement pour les trente ans du club par Bernard Guyot: «À Travers tout».

Partie swinguante d’abord, pleine d’optimisme et d’insouciance.
Une seconde partie plus feutrée, où les saxes se font caressants, chaleureux, presque sensuels. Le thème est serpentant, ondulant et puis, tout à coup, il devient tourmenté sous les attaques rageuses de Charles Loos.

Il évolue ensuite vers l’inquiétude… voire le fatalisme.
Dans cette troisième partie, Jean-Paul Estiévenart, au bugle, évoque les réveils difficiles et une certaine idée de la gueule de bois…
Mais finalement, le quatrième mouvement redonne espoir.
Tel le Phénix qui renaît de ses cendres: une mélodie lumineuse voit le jour.

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C’est toute l’histoire du Travers qui vient de défiler en une petite vingtaine de minutes.

Et c’est un petit bijou.

Vous aurez le droit d'entendre à nouveau ce très beau moment de jazz très évocateur vendredi, au Marni, lors de la deuxième soirée du festival. Ne ratez pas ça.

D’ailleurs, je vous y donne «rendez-vous», comme on dit dans ce théâtre…

A+

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