20/08/2008

Back Home (2)

Toujours sous le soleil du Sud-Ouest (j’ai gardé le ciel couvert et un bel orage pour la deuxième semaine), entre farniente, piscine et pastis, j’ai partagé le tabouret de Martial Solal.

soltab

«Ma vie sur un tabouret» est un court livre autobiographique d’un fabuleux pianiste.

C’est écrit avec simplicité et beaucoup d’humour.
Avec ironie et amertume aussi, parfois.

On se rend compte ainsi, et l’on s’étonne par la même occasion pour un jazzman de cette trempe, de la difficulté d’arriver à la consécration.
On dirait que la «carrière» du pianiste s’est toujours faite un peu en marge de «ce qui marche».

Solal raconte, dans ce livre édité par Acte Sud, son parcours au départ d’Alger, ses rencontres, ses coups de chance, ses coups dans l’eau, ses galères et ses satisfactions.

Il parle aussi de sa façon de réfléchir, de travailler, d’aborder, de comprendre, d’écouter, d’improviser et d’apprivoiser cette musique. De créer son jazz.

Il parle de ses trios, de ses «big bands», de ses musiques de films (Haaa… «À bout de souffle» !), de ses accointances avec la musique contemporaine.
Tout cela avec clairvoyance et honnêteté.
C’est que l’homme est précis et intransigeant.
Il l’est avec lui et avec les autres.
Et il n’hésite pas à égratigner, avec raison, certains critiques de jazz avec un sens aiguisé de la formule: «Il ne suffit pas d’avoir une petite cousine qui habite à côté d’un restaurant vietnamien pour comprendre la poésie chinoise.» ou un certain public: «L’engouement du public correspond trop souvent à une sensibilité d’époque, à une mode, à un comportement physique ou vestimentaire… Le temps permettra de mieux juger? Alors, patience, un jour vous saurez tout.».
Ou encore «Je trouve cela assez banal aujourd’hui en constatant avec quelle facilité certains «artistes» font vibrer les foules. Nous créons nos propres émotions à partir de notre culture (ou inculture).»





Je me souviens qu’au début où je m’intéressais au jazz, Solal me «faisait peur».
Je trouvais sa musique complexe (ce qui reste assez vrai tant elle est singulière) et froide (c’est ce qu’on en disait et que moi, pauvre pomme, je croyais…).

Mais avec le temps et après l’avoir pas mal écouté, j’ai ravisé mon opinion et j’en suis bien heureux.
Comme quoi, et comme il le dit lui-même, je devais être sourd…


A+

22:28 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livres, martial solal |  Facebook |

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