05/07/2008

Augusto Pirodda Quartet - Sounds

Dans le numéro du mois de juin de Jazz Magazine (avec Zappa en couverture), Thierry Quénum regrettait le fait que l’on avait tardé à remarquer Giovanni Falzone en France.
Je partage son point de vue.

Il ne faudrait pas que l’on commette la même bévue avec Augusto Pirodda en Belgique.

Pirodda, je vous en avais déjà parlé ici.

Cette fois-ci, il était en concert en quartette (Ben Sluijs, Manolo Cabras et Marek Patrman) au Sounds le 20 juin. (Oui, je sais, c’était il y a plus de quinze jours maintenant, mais je n’ai pas eu le temps de trouver… le temps d’en parler.).

piroda DUO
Je suis arrivé au deuxième set (et sans mon appareil photo. Alors, je vous ai mis l’image de l’un de ses albums en duo avec un autre pianiste, Michal Vanoucek, enregistré en 2002 au festival de jazz de Nuoro ).

«Opa Tune», écrit par Marek est un morceau magnifique, basé sur un rythme qui hésite entre la valse et la milonga. Le dépouillement est quasi total, le groupe joue avec les silences, l’attente. Une ambiance assez ECM.

Les notes graves, en contrepoint très marqué, de Pirodda, finissent par rencontrer celles de l’alto de Ben Sluijs. Puis, elles se croisent, s’espacent, se recroisent à nouveau tandis que Marek ponctue sèchement les rencontres.

Petit à petit, tout s’emballe et le jeu devient bouillonnant.

L’originalité de Pirodda doit peut-être se trouver quelque part dans cette façon de mélanger une musique très physique avec des moments de romantisme aux accents toujours modernes. Son touché et son timing sont étonnants.
C’est ce qui fait sa force.

Sur «Waltz Cruise» ou «Seak Fruits», de manière singulière, il distribue les notes tranchantes que viennent adoucir les harmonies très inspirées du saxophoniste.

Une voix, résolument personnelle et originale que celle d’Augusto.
Difficile de lui trouver une quelconque filiation. Paul Bley, peut-être ? Antonello Salis ? Un peu de Cecil Taylor ?

C’est plein de tendresse et de délicatesse parfois. De mélancolie aussi…
Une pointe d’Hancock ? De Satie ?

Allez  savoir…

À tenir à l’oreille.

A+

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