04/06/2008

The Unplayables - Jazz Station

Comme dans un petit avion qui décolle, on quitte doucement la terre.

Les deux saxophonistes, Ben Sluijs et Jereon Van Herzeele, jouent une mélodie douce.
Manolo Cabras, à la contrebasse, marque une pulsation régulière.
Marek Patrman éclabousse le thème de délicats coups de cymbales.
Erik Vermeulen saupoudre l’ensemble de quelques notes cristallines.
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Et puis, ça monte en intensité. Comme si tout se déglinguait.
On se demande si ce morceau va tenir?
Un chaos maîtrisé s’installe… les notes s’éparpillent… puis, retombent comme une fine poussière qui tourbillonne… et trouvent finalement un chemin.
C’était «Close» et «Perfect» extraits de la suite «A Set Of Intervals» sur le précédent album du Ben Sluijs Quartet «Somewhere In Between».

Ça commence fort.
Alors, Manolo et Ben introduisent, dans un esprit très lunaire, ce qui doit être, je pense «Whistling»… Mais Jereon vient jouer les trublions et impose petit à petit une insidieuse mélodie qui se transforme bien vite en improvisation incandescente.

C’est le mariage de l’eau et du feu.
C’est une douceur brute.
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Mais «The Unplayables» (c’est le nom de ce quintet), est capable aussi de lyrisme. Normal, si on connait un peu Ben Sluijs et Erik Vermeulen.
«Scalewise» est très romantique, très printanier.
Bien sûr, on est loin de la banalité.
Les saxes, à l’unisson, lancent le pianiste vers un solo finement ciselé, tendre et subjuguant.
Là où certains jouent beaucoup de notes, Vermeulen les distille avec parcimonie.
Il les laisse respirer, joue avec le silence et son écho…
De même, ses lignes mélodiques, sur «The Unplayables» (merveilleux Ben Sluijs à la flûte), sont des oasis, des petits coins de ciels bleus, des moments de fraîcheur.

Frisson est garanti.

«Major Step», termine le premier set en explosion free, swing et post-bop nerveux.
«Harmonic Integration» ouvre le second sous la forme d’une valse nonchalante, suivi par «Where Is The Joy», qui joue beaucoup plus la carte du free jazz.
Des structures courtes, très ouvertes, des interventions incisives de la rythmique (Marek nous gratifiera plus tard un solo diabolique) et un Van Herzeele toujours prêt à s’échapper…
Le cœur bat vite.
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Alors, le final se joue tout en douceur.
Une flûte aux accents un peu orientaux ou indiens nous ramène dans une ambiance nocturne et introspective…

C’était le 21 mai à la Jazz Station.

A+

Commentaires

bonsoir Je découvre ton joli blog qui est très intéressant
Je passerai le revoir
Passes une très belle fin de soirée
Bisous

Écrit par : marie-claire | 06/06/2008

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