03/06/2008

Animus Anima - Jazz Rendez-vous - Théâtre Marni

Comme chaque trimestre, le Théâtre Marni et Travers Emotion organisent leur Jazz Rendez-vous.

Au programme cette fois-ci, Gaia Cuatro, Nicolas Kummert feat. Magic Malik et Animus Anima.
Il était prévu que le trio Fonda, Lopez, Angellini ouvre ce mini festival.
Malheureusement, pour des raisons d’organisation du trio, ce concert fut annulé et reporté à une date ultérieure… On attend ça avec impatience.
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Place donc à Animus Anima.
Au premier abord, leur musique, entre free-rock et jazz progressif me rappelle un peu Polar Bear.
Mais la palette du groupe franco-belge est assez large que pour se limiter à cela.
On y retrouve des accents free, des plages très atmosphériques, des dérives iconoclastes et ironiques (voire cyniques), du blues aussi, parfois.

Après un premier morceau à la nervosité toute retenue, «Statue de la Liberté» se construit sur un rythme lent et hypnotique. La guitare de Benoist Heil joue le gros son, tandis que Etienne Plummer, à la batterie, imprime un tempo léger et galopant avec les balais. Nicolas Ankoudinoff lâche quelques phrases au travers d’un sax au son légèrement abrasif. Ambiance.

«Tobin le sagace» joue, lui, sur les contrastes. Après un début très intimiste, il se termine en implosion hystérique. Pascal Rousseau, qui a fait monter la pression au tuba tout au long du morceau, lâche son instrument pour pousser des hurlements stridents au micro. Pour crier sa rage d’un monde étouffant qui va de plus en plus vite. Trop vite.
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Petit détour, ensuite, du côté de Hendrix ou de Ducret pour Benoist Heil sur «Sentir/Consentir», après une intro très bruitiste.
Puis un crochet  vers le blues/folk, avec une ballade emmenée par Pascal Rousseau au tuba bucolique. Comme un lutin à travers les bois, c’est lui qui montre le chemin et qui dessine les premiers contours d’une mélodie qu’Ankoudinoff incise de son sax acide, cette fois.

Plus tard, c’est un clin d’œil aux rythmes africains qui inspirent des polyrythmies insensées. Des breaks, des stop and go, des démarrages en trombe, des échanges vifs entre sax et batterie… le groupe se connaît bien et s’amuse.

Et pour finir, rendez-vous au «Cimetière des Innocents», long morceau méditatif, planant et organique.

Animus Anima distille décidément un climat bien particulier qui prend surtout son sens en concert. Dommage qu’il y  eût trop peu de monde…

Soyez là, la prochaine fois...

A+

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