01/06/2008

Mikkel Ploug Group - 17-05 - Sounds

Mikkel Ploug est un guitariste danois dont je ne connaissais pas grand-chose (je me souvenais seulement avoir lu  un billet de Mwanji l’année dernière).
Son groupe faisait une escale à Bruxelles, au Sounds, pour présenter son nouveau CD («Harmoniehof» chez Fresh Sound New Talent), avant de continuer vers Paris, Hambourg, Amsterdam, Berlin etc…
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Trio à la base (Ploug à la guitare, Jeppe Skovbakke à la contrebasse et Sean Carpio aux drums), le groupe s’est vite offert les services du saxophoniste américain Mark Turner.
Raison supplémentaire pour aller tendre l’oreille du côté de la Rue de la Tulipe.

Un premier morceau au thème assez circulaire et manquant peut-être d’un peu de relief, installe une ambiance plutôt soft. «Enthousiasts» est un peu plus nerveux et permet au guitariste et au contrebassiste de «sortir» plus franchement… mais avec «Soft Spoken» on retombe dans l’esprit un peu paresseux du premier morceau.
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Le jeu de Ploug est très doux, légèrement enrobé et du coup, ses riffs tombent parfois de façon assez insolite. J’ai une petite préférence sur ses interventions dans le dernier morceau du premier set («Logicunlogic»), nettement plus vives et affirmées, qui rappellent un peu Kurt Rosenwinkel dans les effets.

Mark Turner navigue, quant à lui, entre un son velouté et souple toujours très contrôlé.
Dans cette ambiance assez retenue, Sean Carpio a tendance à être un peu trop présent. Par contre, il est tout à fait exceptionnel quand «ça explose», et son solo, sur ce dernier morceau également, est d’une terrible efficacité.

Le deuxième set débute de façon bien plus «catchy».
Et tout le reste sera à l’avenant. Même si le second morceau («Harmoniehof») est une sorte de ballade/valse. Mais ici, Ploug se montre d’une sensibilité étonnante. Et le dialogue qui suit entre le bassiste et la batterie est un petit délice.
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Et ça s’emballe ensuite sur un thème assez post-bop où Turner joue sur les intervalles avant de s’échapper dans une improvisation excitante. Pleine de justesse et d’ à-propos.
Tout s’ouvre et, entre les musiciens, un fluide passe. La musique flotte dans une spirale montante.
«Residentie» est découpé, la guitare est plus incisive.
Tout comme dans «Brekfast Special», plus joyeux.

Finalement, ce deuxième set était bien plus énergique, comme me le confirmeront Mikkel Ploug et Mark Turner (tous deux un peu fatigués par le voyage), avec qui je discute et partage une bière (ou deux?) après le concert.

Univers agréable et sans prise de tête, auquel il faut s’habituer un peu, avant d’en apprécier les subtilités qui se cachent derrière une simplicité illusoire.
Groupe à suivre.

A+

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