19/05/2008

Dee Dee Bridgewater au Bozar

J’ai enfin vu «A Malian Journey» sur scène.
Je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais du dernier album de Dee Dee Bridgewater et du plaisir que j’ai eu à l’interviewer.

J’avais déjà vu la chanteuse sur scène par deux fois. Et je dois avouer que la première ne m’avait pas plus ému que ça et que la deuxième fois m’avait carrément crispé (avec son projet «chansons françaises»).

Mais Dee Dee est versatile (à moins que ce ne soit moi?).
Et ce soir, au Bozar, elle m’a vraiment convaincu.
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Alors, oui, bien sûr, elle parle. Elle parle beaucoup.
Mais son projet est tellement sincère, et ça se ressent, qu’elle a envie de le défendre jusqu’au bout.
Quitte à en faire trop.
Mais cette fois-ci, on ne lui en veut pas.

La salle (qui aurait mérité d’être encore plus remplie), est nimbée de fumée pour mieux faire ressortir les rais de lumières chaudes qui strient l’espace, comme des rayons de soleil qui passent au travers du toit d’une hutte.
Dans le fond de la scène, trois énormes tissus africains sont tendus.
On est dans une jungle chaude. Ou une oasis.

Yakouba Sissoko fait l’appel au tamani.
Les tambours résonnent au son de «Afro Blue» et Dee Dee apparaît.
Surprise: elle s’est totalement rasée les cheveux.
Elle est plus africaine que jamais. Et ça lui va terriblement bien.

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Heureuse et pétillante, elle invite ensuite l’immense Kabiné Kouyaté à venir chasser les «Bad Spirits», puis la bouillonnante Mamani Keita à partager «Dee Dee» sur les doux accords de la kora de Cherif Soumano.

Puis, Edsel Gomez introduit sèchement «Footprints».
Il est rejoint par Lansiné Kouyaté au balafon, éblouissant de force et de précision.
On sent la tension monter.
Et ce n’est rien comparé à «Demissènw» (Children Go Round) qui entraîne la chanteuse dans une sorte de transe.
Elle a rappelé Mamani Keita, qui se lance dans une danse très suggestive.
Dee Dee fait lever la salle. La fait danser.
Minino Garay, tantôt à la batterie, tantôt aux percus, et Moussa Sissokho au djembé s’en donnent à cœur joie. Même Edsel Gomez s’envole dans des improvisations presque free.
Un vrai bonheur.

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Manipulant les sentiments comme jamais, Dee Dee et Kabiné nous offrent alors un déchirant «The Griots».
Minino Garay y injecte des rythmes beaucoup plus jazz, comme pour souligner que cette musique trouve ses racines là-bas, en Afrique. Ira Coleman, quant à lui, reste à l’affût.

Tout se mélange. Chants Maliens et scats.
Dee Dee enchaîne «Meanwhile», «Red Earth» ou encore un délirant «Compared To What»!

Le public fait un triomphe à la belle Américaine… Ou Africaine ?

Dee Dee semble réellement et sincèrement émue par cet élan frénétique.
Elle revient avec toute la bande pour un dernier morceau, plus explosif encore.
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Elle n’a pas envie de quitter la scène.
Les lumières se sont finalement éteintes, mais Dee Dee continue à partager et à parler avec le public…

Non, elle n’a vraiment pas envie de quitter la scène.

A+

Commentaires

DDB Oh là ! Dee Dee a repris une coupe de guerrière... Pas plus d'un cheveux que Steve Coleman...
Elle est épatante, et je suis ravi que cette tournée que j'avais vu il y a tout juste un an au Bataclan, continue à avoir du succès. L'idée est singulière. Et ton interview montrait bien que cela n'avait pas été si simple et si immédiat que cela à réaliser et monter... Energie, authenticité, sincérité et talent : Dee Dee Bridgewater

Écrit par : ptilou | 21/05/2008

Merci pour ces commentaires Ptilou.
En effet, je pense que c'est un de ses projets les plus sincères (en tout cas, un de ceux qui la marque le plus).

A voir!

A+

Écrit par : jacques | 22/05/2008

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