27/04/2008

Sabin Todorov Trio - De Werf

On connaît bien Sabin Todorov comme excellent accompagnateur de chanteurs et chanteuses (il a longtemps sévi dans les Singers Nights au Sounds et lors du International Young Jazz Singers du Music Village).
Ils le disent tous: Sabin les soutient et les porte grâce à une qualité d’écoute exemplaire.

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L’homme est sensible, fin, raffiné… presque timide.
Mais ce n’est pas parce qu’on est timide, qu’on n’a rien à dire.
Et Sabin a quelque chose à dire et à raconter.
C’est évident.
Alors, discrètement, au fil des années, il a choisi son trio et choisi ses thèmes. Il a rodé la formule l’année dernière lors des Jazz Tour des Lundis d’Hortense.
Et le voilà aujourd’hui avec un premier album et une tournée des JazzLab Series.

Direction De Werf, à Bruges pour découvrir son univers.

Le trio attaque avec un traditionnel Bulgare («Krivo»), très sautillant, entraînant et dansant, avant d’enchaîner avec «Red Carpet», une ballade lyrique aux notes scintillantes.

Le jazz de Sabin Todorov est fortement influencé par ses origines slaves.
On lui en voudrait, d’ailleurs, de ne pas en injecter dans sa musique.
C’est cela qui lui donne toute sa personnalité.

Bien sûr, on ne peut s’empêcher de penser aussi à Bojan Z, parfois. Sur «The Field», par exemple. Ce morceau incisif souligne la cohésion du groupe, révèle le jeu sec et tranchant de Lionel Beuvens à la batterie, et met bien en valeur la basse ondulante, grave et sensuelle de Sal La Rocca.
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Le trio se connaît bien et on le sent prêt à prendre des libertés, à se surprendre et à nous surprendre.
À ce titre, «Carambol» ou « Mirage » sont exceptionnels.
Ce dernier morceau, introduit magnifiquement par Sal, évoque la solitude, l’abandon et la froideur d’une nuit dans le désert.
Puis, comme un vent qui se lève, le piano et la batterie viennent rejoindre la contrebasse.
L’ouragan s’approche mais n’éclate pas et seul le piano reprend à son compte les fines notes orientales et nostalgiques du thème.
Puis tout s’agite à nouveau et le trio repart dans un jazz énergique et musclé.
Les improvisations sont riches en rebondissements, et se terminent cette fois par un solo de batterie. Un solo fabuleux qui reste dans l’esprit du morceau: groovy, nerveux et chaloupé.
Retour au thème et final explosif.
Brillant.
Magnifique.
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Le deuxième set débute en piano solo.
Dans ces moments plus intimes, toujours mâtinés d’un esprit balkanique, Todorov révèle un touché sensible qui flirte avec Bill Evans ou Lennie Tristano.

On retrouve un peu cette influence, lors du rappel, sur «Eclipse», un morceau extrêmement dépouillé, très contemporain et assez débridé dans sa construction.
Tout cela est joué sans maniérisme, sans cliché mais avec une vraie personnalité.

Un trio à suivre, assurément.

Le disque de Sabin Todorov («Inside Story») vient de sortir chez Igloo.
Le groupe sera en concert au prochain festival Jazz à Liège dont l’affiche est, cette année encore, plus qu’alléchante.

Il faudra y être.

A+

Commentaires

Découvertes, toujours! Salut l'ami!

Alors que je remonte en selle après quelques semaines d'absence, je constate que l'on retrouve toujours chez toi ces musiciens de la nouveauté, qui sont souvent des découvertes pour nous de ce côté de l'Atlantique.

Un vent de fraîcheur venu de Belgique!

Jean François

Écrit par : Jazz Frisson | 30/04/2008

Salut JF,

je susi sûr (et tu nous l'a déjà prouvé) qu'il ya plein de musiciens à découvrir de ton côté aussi.
Si on n'en parle pas... qui le fera?

:-))

A+

Écrit par : jacques | 02/05/2008

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