20/04/2008

Alexandra Grimal Quartet au Sounds

Ce sont un peu tous les amis qui se retrouvent au Sounds ce jeudi soir.
Tous ceux qui se sont rencontrés à Den Haag.
Ils viennent de France, d’Italie, d’Espagne et de Belgique.
Ils sont tous venus écouter le concert du quartette d’Alexandra Grimal.
Comme moi.
005

Le groupe d’Alexandra a remporté l’été dernier le Tremplin Jazz d’Avignon, ce qui lui permettra d’enregistrer bientôt son premier album (aux studios La Buissonne) pour CAM Jazz.
Rien que ça !

Sur scène, il y a donc Alexandra Grimal au ténor et au soprano, Giovanni di Domenico au piano, Manolo Cabras à la contrebasse et Joao Lobo à la batterie.

Le premier morceau, assez percussif, joue beaucoup sur le rythme.
On frappe le piano, on griffe la contrebasse, on fait couiner le sax, on frotte la batterie. La musique ressemble à un écheveau que l’on démêle peu à peu. Le quartette joue sur la matière et les textures.
Puis, petit à petit, tout s’ouvre.
Le rythme se stabilise, le tempo se régule, la mélodie apparaît dans un ensemble énergique.

La ballade qui suit n’est pas moins innocente.
Alexandra déroule les notes veloutées avec juste assez d’âpreté pour accrocher l’oreille et ne jamais nous laisser insensible.
Il y a chez elle comme un fond de John Ruocco, de Wayne Shorter mais aussi de Mark Turner peut-être.
Une approche contemporaine sans refuser une certaine tradition.

Le groupe installe des climats tantôt nerveux, tantôt tendres et détendus.
La mélodie est prépondérante. Pas toujours évidente, jamais surlignée mais toujours implicite.
002

On retrouve parfois l’esprit de Monk (sur un morceau dont je n’ai pas retenu le titre), dans le jeu éblouissant de Giovanni di Domenico.
Mais le pianiste sait aussi alterner la souplesse et les accélérations vives.
Le touché est délicat et sensible. Ses attaques sont franches et il sait laisser gronder le piano avant d’aller recueillir ses notes aiguisées, pour en assouplir les arêtes.
006

Joao Lobo, tel un félin, reste toujours à l’écoute. Prêt à rebondir sur les thèmes.
Il donne un coup de griffes, un coup de patte et puis une caresse.
Il aime les sons étouffés qui donnent du contraste au jeu saillant de di Domenico ou de Manolo Cabras.

Une grande musicalité se dégage des compositions. Les thèmes sont riches sans être complexes. La musique est cependant très ouverte, mais de cette idée de liberté se dégage un certain lyrisme.
001

Par exemple, en début de deuxième set, le groupe joue le dépouillement presque total.
Au soprano, Alexandra égrène les notes, laisse respirer les silences.

Puis, sur le morceau suivant («Griox»), la tendance est beaucoup plus free, rappelant Ornette Coleman.
Ici, c’est la puissance et l’énergie qui parlent.
Cabras tire sur les cardes comme un fou, Lobo est explosif, Grimal et di Domenico se font tranchants.

Puis on revient à la ballade qui peu à peu monte en tension. On la chauffe à blanc. Les improvisations sont brûlantes. On éclate le thème, on déchiquette la grille… et au final, comme les feuilles d’automne qui s’envolent avec mélancolie, tout redevient douceur et apaisement.
003

Voilà un quartette qu’on aimera revoir plus souvent.
Les Parisiens auront la chance de le revoir bientôt aux Disquaires.
Et nous, on attend le CD avec fébrilité.

A+

Commentaires

Alexandra Grimal, Giovanni di Domenico, Manolo Cabras et Joao Lobo. Je n'en connais aucun mais j'attends de voir leurs noms pour aller les découvrir.

Écrit par : Gilles | 21/04/2008

Hé bien voilà peut-être une bonne occasion pour les inviter lors d'un prochain festival ???
:-))

Écrit par : jacques | 21/04/2008

La programmation semble quelque chose de compliqué à élaborer. C'est un juste équilibre avec des non compromis: de la musique de qualité et des musiciens susceptibles d'attirer pas mal de spectateurs. C'est dautnt plus contraignant en cette période de baisse de subventions et du pouvoir d'achat.
A titre personnel, j'essayerai de les voir.

Écrit par : Gilles | 08/05/2008

Les commentaires sont fermés.