02/04/2008

Ettore Carucci trio & Philip Catherine - Sounds

J’avais croisé Ettore Carucci, il y a un an ou deux, lors du concert de Raffaele Casarano et Paolo Fresu au Sounds.
Ettore est revenu pour deux soirs, le week-end dernier, en trio.
Et cette fois-ci, l’invité était Philip Catherine.
Le premier morceau se fera pourtant sans ce dernier.
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Ettore Carucci, Aldo Vigorito (contrebasse) et Marcello Nisi (drums) s’échauffent avec «Old Country».
Philip Catherine monte ensuite sur scène.
Le temps de s’accorder et les voilà tous partis dans un exercice particulièrement difficile, ou casse-gueule, c’est selon.
«Confusion» est une compos d’Ettore que le guitariste découvre à peine. Pourtant, Catherine et Carucci décident de jouer le thème à l’unisson.
Pas simple.
Mais il y a de la vie dans cette musique. Il y a de l’écoute et de l’humanité dans ces échanges un peu incertains.
Il y a du jazz, quoi.

C’est sur le morceau suivant, «Stella By Starlight» que le groupe s’éclate.
Après un début en rubato, les attaques d’Ettore se font tranchantes. Les accords claquent. C’est franc, fougueux et ça joue vite.
Et Philip Catherine remet de l’huile sur le feu.
Il embrase l’ensemble.
Inspiré par le jeu particulier de Carrucci, qui aime prendre des chemins assez inattendus, il en rajoute toujours un peu. Il fera de même sur un morceau de Richie Beirach («Brooklyn Memories» ??).
Catherine use des effets de pédales et fait sonner sa Gibson comme on l’aime.
Ça éclate de couleurs.
Il a envie que ça brûle.
Même si la rythmique reste parfois un peu trop sage. (Sensation confirmée lorsque Mimi Verderame sera invité à jouer de la batterie sur une excellente version de «Bye Bye Blackbird»).

Carucci, lui, entre dans le jeu. Il s’en donne à cœur joie avec «I Remember Monk», dans un style très découpé, très erratique. Et ici, c’est Philip Catherine qui prend des chemins de traverse.
Quitte à embrouiller le trio.
Quel guitariste !
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«Autumn Leaves» est assez enlevé avec des accents bossa.
La main gauche de Carucci est ferme tandis que la droite est vive, sautillante.
On sent  dans son jeu un sens du «traditionnel», on décèle les bases stride ou hard bop auxquelles se mêle une pointe de jazz contemporain.
C’est découpé, fait de fulgurances et de contrastes.
Sur «Leaving» (également de Beirach), le pianiste et le guitariste s’amusent à doubler le rythme. Ettore emballe avec goût les arpèges. Ça file, ça ralentit, ça accélère, ça freine. Bref, ça voyage.
Ces deux-là se sont bien trouvés ce soir.
Et comme souvent, Philip Catherine fut très grand. On voyait chez lui une envie de jouer, de prendre des risques, d’essayer et de s’amuser.

Et si lui s’amuse, tout le monde s’amuse.

 

A+ 

Commentaires

Philippe Catherine semble se bonifier en ce moment revivifié par son dernier CD et des passages en scène plus nombreux et des contributions collectives stimulantes... et c'est tant mieux...
Je l'avais un peu perdu de vue à l'échelle d'une grande décennie... qu'ai je fait d'un de ses vinyles avec L Coryel (années 70...) ? et j'ai manqué son dernier passage à Paris... gd dommage !

Écrit par : ptilou | 02/04/2008

Une chance pour moi, c'est qu'il vit en Belgique et qu'on le voit souvent... avec différentes formations. Souvent, ses prestations sont éblouissantes. C'est lui le chef. Je me souviens de récents concerts avec le BJO, Sylvain Luc, Aldo Romano et Emmanuel Bex, Nathalie Loriers, Chris Joris... Avec quatre guitaristes... et avec son trio (Mimi Verderame et Philippe Aerts) bien sûr.

Et son dernier album est une grande réussite, en effet.

A+

Écrit par : jacques | 03/04/2008

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