21/03/2008

Lynn Cassiers au Murmure Café

Après le concert du BJO, avec David Linx et Maria Joao, je décide d’aller écouter Lynn Cassiers au Murmure Café.

C’est juste derrière Flagey.

Contrairement à ce que pourrait faire penser son nom, Le Murmure est plutôt un endroit bruyant.
Après le feu Comptoir des Etoiles, ou le Montmartre, c’est le café à la mode - hype ou underground, je ne sais pas comment il faut le définir - où se mélange la jeune génération et les vieux briscards du jazz belge (on parle aussi souvent du Roskam… mais je ne m’y suis pas encore rendu).

C’est bondé (mais ce n’est pas très grand non plus) et je me trouve une place entre Bart Defoort et Erik Vermeulen. Je vois aussi quelques têtes connues: Jordi Grognard (toujours dans les bons coups), Marek Patrman, Manolo Cabras, Bo Van Der Werf etc…

On est vraiment au plus près des musiciens.
Ce n’est pas plus mal, car avec le bruit ambiant, il faut tendre l’oreille pour entrer dans la musique.
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Pas de scène, pas d’éclairage particulier, tout est brut de décoffrage.
Un peu comme la musique de Lynn.

La chanteuse est entourée de Augusto Pirodda au piano, Antonio Pisano à la batterie et Nico Roig à la guitare.

Assise derrière sa petite table, Lynn Cassiers travaille et trafique sa voix au travers de petites machines. Elle improvise, elle interagit sur les phrases incisives du pianiste ou du guitariste.
Le chant est parfois un peu plaintif, un peu lancinant, très ouvert et très libre…
Difficile de coller une étiquette.
Et ce n’est pas plus mal.

Je me demande comment les musiciens arrivent à se concentrer (et parfois à s’entendre) dans ce brouhaha incessant. La musique est tellement expérimentale, organique, atmosphérique. Elle se joue tellement sur l’écoute de l’autre.

Les rythmes (ou les pulsations plutôt) semblent aléatoires.
Tout se transmet suivant le feeling, l’humeur, les sentiments.
Un sentiment étrange, entre malaise et plénitude.

Il y a comme un flux irrégulier.
C’est sans doute cela qui me fascine.
C’est comme lorsque le sang ne circule pas régulièrement dans les veines et entraîne le cœur à battre de façon inhabituelle.
Du coup, on reste en alerte, attentif.
C’est un peu étrange, inattendu et tellement singulier.

Le quartet est dans son monde.
Mais en fermant les yeux, on y entre facilement.

Bien envie de réentendre ça dans de meilleures conditions.

Après le concert, je discute avec toute cette petite bande dans cette ambiance chahutée et très sympathique.

Il est plus de deux heures du mat’, et le Murmure ne désemplit pas.

A+

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