08/01/2008

Raw Jazz

Quelques bonnes petites choses en écoute ces derniers temps.
Histoire d’évacuer ces périodes de fêtes parfois moroses.
Il en faut pour toutes les humeurs.
Chez moi, c’est du lourd et du sévère.
001
«The Hilversum Session» d’Albert Ayler.
Enregistré en ’64, avec Don Cherry, Garry Peacock et Sunny Murray.
Un disque intense et brûlant. Le sax d’Ayler pleure comme jamais. Il est rempli de blues, de larmes et de rage. Des versions fortes et poignantes de «Ghosts», «Infant Happiness» ou «Spirits»…

Les quatre musiciens sont éblouissants d’inspirations et d’improvisations.
Album qui vous cristallise.

Quoi de plus naturel, ensuite, que d’enchaîner avec Sonny Murray himself.
Étrange album enregistré en ’66 avec Jacques Coursil (qui a sorti un album récemment), deux jeunes altistes (inconnus pour ma part) Jack Graham et Byard Lancaster, et le fameux bassiste Alan Silvatueur» à l’archet).
002
Étrange album? Oui, étrange et électrisant.
25 minutes d’interviews et 45 minutes de furie.
Le batteur raconte d’abord son parcours parfois étonnant (des débuts dans un club de tap dancing...) avant de taper comme un fou sur ses fûts.
Tellurique !
Le sacré free jazz du milieu des années ’60.
Du coup, puisqu’on parle d’Alan Silva, je me suis replongé dans «Conquistador» (il n’y a pas si longtemps que je l’apprécie, cet album) de Cecil Taylor.
Le pianiste sera bientôt en concert à Gand (le 28 février). Ça va, sans aucun doute, valoir la peine d’être vu et entendu.

Avec tout ça, normal que «River» d’Herbie Hancock paraisse (mais il l’est, non ?) bien trop aseptisé à mon goût… C’est joli, certes, les arrangements sont très fins, mais je m’y ennuie très vite. Trop proche de la variété pour moi… Je vais le reprendre à petites doses, peut-être que ça passera mieux.
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Il y a bien plus d’imagination, de fraîcheur et de mélodies intelligentes dans l’album de Carla Bley et ses Lost Chords !
Ici, raffinement rime avec étonnement.
Les tresses musicales que forment Paolo Fresu (à la trompette presque jamais bouchée) et Andy Sheppard sont d’une voluptueuse richesse.
La suite «The Banana Quintet» est splendide.
C’est clair, limpide, profond, éclatant, bourré d’imagination et d’humour.
Alors, on y revient et on y redécouvre encore et encore des choses.
Cet album s’écoute «Ad Infinitum» comme le propose si bien la pianiste.
Un bijou.

Pour terminer ce petit tour d’horizon, retour avec un bon cri rageur: Eric Mingus et son «
Healin’ Howl».
Eric Mingus, c’est le fils de son père: Charles.
Il a hérité de son caractère, de sa colère et de sa contrebasse.
Eric parle le blues, respire le jazz et exhale les chansons rock de sa voix grave et grasse.
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Paroles cyniques et clairvoyantes, musique découpée au plus près de l’os, Mingus invoque parfois aussi Jimi Hendrix.
C’est cru et vivifiant.
Du coup, je me suis repassé ses deux premiers albums. Surtout le magistral «Um…Er…Uh…»! (Haaa, «Didn't Blow Your Mind», «Grey...Was Never So Color...Full...» ou «Sparks, You Said Sparks»). Je vous conseille vivement celui-là aussi.
Tout le portrait de son père !

Pour adoucir tout ça, un bon «Blues In Orbit» de Duke Ellington. Éternel !

Et bien sûr, le dernier Scofield, encore et toujours Archie Shepp, Jackie Mc Lean (trop souvent oublié), le dernier Fred Delplancq, Dré Pallemaerts, Free Desmyter, Linx et le BJO
Et dans un registre moins jazz : Anne Sofie Von Otter, Robert Wyatt, Janis Joplin, Zap Mama, Adrienne Pauly, la délicieuse Claudine Muno ou encore… Brisa Roché.

Mais j’y reviendrai (enfin, normalement)…

A+

Commentaires

Fresu J' ai téléchargé celui de Fresu et The Lost Chords, c'est super...Koen

Écrit par : Koen | 17/01/2008

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