03/11/2007

Dr. Lonnie Smith - De Werf - Brugge

Je n’avais plus remis les pieds depuis un petit temps au Werf à Bruges.
Le bar à été rafraîchi, re-décoré, re-agencé.
C’est plus lumineux et encore plus sympathique.


Sur l’un des murs blancs, pendant que le public envahit peu à peu l’espace, est projeté un film où je reconnais Jean-Louis Rassinfosse (tout jeune) accompagnant Chet Baker lors d’un festival. Au piano, je pense qu’il s’agit de Michel Graillier.
Il y a aussi un vibraphoniste qui empreinte, un moment, l’archet du contrebassiste pour frotter les lames de son instrument.
En cherchant un peu, il devrait s’agir de Wolfgang Lackerschmid (que j’avoue ne pas connaître).
A vérifier…

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La salle est archi bondée. On a même dû ajouter des chaises
Ici aussi petite amélioration: il y a une vraie scène et la vue n’en est que meilleure.

Turban noir sur la tête, barbe blanche, sourire éclatant, œil brillant et costume élégant, Dr. Lonnie Smith s’installe avec plaisir derrière son Hammond B3.

Autour de lui, le guitariste hollandais Martien Oster (qui est un peu à l’origine de cette tournée européenne, puisqu’il avait proposé à l’organiste de jouer avec lui voici trois ou quatre ans… Si j’ai bien compris ce que Lonnie Smith m’a raconté après le concert), Miguel Martinez (as) et Gijs Dijkhuizen (dm) forment une rythmique dynamique.

Dès les premières notes, le groove saute aux oreilles.
Même sur la ballade très soul «Sweet and Lovely» où le guitariste lance le claviériste vers un solo explosif.
Ça groove toujours sur «Back Track» aux accents sensuels et bluesy. Un boogaloo ralenti et lascif. Dr. Lonnie Smith donne les impulsions en faisant gronder les basses. Des basses infernales  qui semblent émerger du plus profond de la terre.
Lonnie chantonne, grogne, respire.
C’est chaud.

Ça devient torride avec le morceau suivant.
Très rapide. Boogaloo en plein !
On tape du pied, on claque des doigts, on agite la tête.
Le guitariste et le sax prennent chacun un solo. C’est parfois un peu confus et pas trop net tellement la barre est placée haut par Smith.
Difficile de faire courir les doigts aussi vite et aussi précisément que lui.
N’empêche, quel plaisir, quelle énergie.
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Mais quand il annonce, avant la pause, «Come Together» des Beatles, on se raidit un peu.
Mon voisin lâche un «oops» dubitatif.
On demande à voir et à entendre.
Mais le Docteur est intelligent et il connaît sa musique !
Le groupe utilise la grille de base avant d’aller explorer le thème de manière totalement originale. Et à la sauce Soul et R&B, ça fonctionne à merveille.

Toujours aussi joyeux et facétieux, Lonnie Smith entame le second set par une improvisation sur «Un Américain à Paris» de Gershwin avant d’être rejoint par le guitariste et le saxophoniste pour dériver au fil de leurs idées sur une ballade nocturne. Un peu fatiguée, un peu éthylique…

Et puis, retour au funk explosif.
C’est le batteur qui en profitera pour se montrer !
Et on enchaîne avec un standard bop dont le nom m’échappe avant de terminer avec «Witch Doctor» plus soul et bouillant que jamais.
Lonnie Smith joue l’accélération, puis le temps suspendu avant de reprendre de la vitesse.
Il joue avec les silences, les respirations. Tout prend du relief sous ses doigts.
Et ses yeux brillent encore plus !

Rappel obligatoire avec le fameux «Play It Back».
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Que du bonheur.
La salle se vide doucement et j’en profite pour aller échanger quelques mots avec Lonnie Smith. Il est d’une douceur exquise. Affable et souriant…

Sur la route du retour, pas encore rassasié, je m’écoute «Alligator Boogaloo» de Lou Donaldson. Il faut dire que c’est avec cet album que j’avais découvert Lonnie Smith… qui n’était pas encore docteur à l’époque.

A+

Commentaires

Quoi??? Rien sur le nouveau Daho?
T'exagères.

Écrit par : | 06/11/2007

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