18/10/2007

Hertmans (Jazz Station) Bart Defoort & Emanule Cisi (Sounds)

Comme me le disait dernièrement une excellente amie chanteuse: «Jacques, tu es très en retard dans la mise à jour de ton blog !»

Hé oui, c’est vrai, c’est derniers temps, mes journées et mes soirées furent très (trop) remplies…
Heureusement que le Sounds reste ouvert très tard (ce qui permet d’aller boire un verre en sortant du bureau... vers 23h). Ça ne repose pas vraiment son homme, mais ça fait tellement de bien que ça redonne une bonne pêche!

Je reviendrai donc plus tard sur quelques sujets qui me tiennent à cœur (disques, livres, artistes, etc.), mais avant cela, un petit mot sur les concerts de samedi dernier.

D’abord, Peter Hertmans Quartet à la Jazz Station.
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Je suis arrivé pour le deuxième set. (Hé oui… boulot).

Une habitude avec ce groupe...

Après un premier thème assez «groovy» («Pure Soul»), Peter installe le climat tout en retenue de «Cadence 1».
Les phrases du guitariste se font longues et étirées.
On est dans une atmosphère très ECM.
A la batterie, Lionel Beuvens joue avec beaucoup de légèreté et de souplesse. La combinaison avec Théo De Jong (à la guitare basse acoustique « électrifiée ») fonctionne à merveille.
Plus tard, sur un autre thème aux accents un peu plus folk, c’est avec le soprano de Daniel Stokart que la magie opère.

Bien que naviguant entre post-bop et fusion, le quartet élargit parfois le spectre vers une musique plus latine ou un groove qui flirte avec le funk.
L’ensemble a quelque chose de touchant, d’humain. On sent une belle complicité entre les musiciens. Pas de chi-chi, pas de longueurs: ça joue.

Lionel Beuvens  ayant un autre gig, on n’aura pas droit à un rappel.
Dommage, avec le furieux «Doctor Dré», le groupe nous avait mis l’eau à la bouche.

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Direction «Le Sounds» pour écouter Bart Defoort (Jazzhood) et Emanuele Cisi.

J’avais déjà entendu le saxophoniste italien il y a quelques années lors d’un concert au Music Village (avec Michel Benita et… Aldo Romano (??)).
J’étais curieux d’entendre le résultat que pouvait donner les deux ténors rassemblés.

Hé bien, on peut dire que ça fonctionne.
Et plutôt bien !
Il est même d’ailleurs question qu’un enregistrement studio suive.

A quelques exceptions près («Easy Living», un morceau de Kurt Weil ou «The Chase» de Ron Van Rossum), la plupart des morceaux sont des originaux écrits par Emanuele ou Bart.
Et tous les arrangements sont du musicien belge.
C’est fantastique car, à aucun moment, les souffleurs ne se marchent sur les pieds.
Au contraire, ils se complètent magnifiquement.
Il faut les entendre jouer à l’unisson sur «Taïs».

On est dans un tout autre style que lors du concert que Bart avait donné avec Jereon Van Herzeele lors du Jazz Marathon cet été. Ici, on est plus dans un bop moderne. Moins éclaté, mais tout aussi brillant et dynamique.
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Cisi est souvent très énergique, voire parfois explosif. Et ses dialogues avec l’excellent Sebastiaan De Krom (oui, oui, le batteur de Jamie Cullum) furent d’une intensité remarquable.

Le batteur, au drive très sûr et précis, nous offrit une belle démonstration lors d’un de ses solos. Il joue, comme il aime à le faire, avec toutes les parties de la batterie (caisse, supports etc.), il étouffe les sons avec un pied sur les tambours, et nous fait un roulement qui part du tonitruant pour aller vers un touché des plus délicats.

Autant dire qu’avec un tel batteur, Sal La Rocca était aux anges.
Et on le voit jubiler sur «Alma» joué à 100 à l’heure.

Il ne faudrait pas oublier dans ce groupe le pianiste.
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Ron Van Rossum m’a sans doute le plus impressionné ce soir.
Je l’avais entendu quelques fois lors de jams, mais rarement en concert.

J’adore ce genre de pianiste.
Ron a un sens de l’écoute incroyable, une attaque franche, un débit tantôt rapide, tantôt parcimonieux. En l’écoutant, j’avais le sentiment d’entendre l’influence d’un Bud Powel.
Toujours prêt à changer de direction, à lancer des idées. Son touché et son phrasé sont merveilleux. Dans ses solos, il continue à jouer avec la batterie, il laisse des respirations, se relance sur d’autres pistes, cherche, trouve…
Il n’en met pas partout… et pourtant, la musique est là.
C’est grisant.

Je ne demande qu’à réentendre tout ça.
Sur disque, mais aussi sur scène.

Quel plaisir le jazz !
Je discute avec les musiciens au bar jusqu’à une heure très avancée de la nuit.

Je vais avoir une de ces pêches demain matin, moi !

A+

Commentaires

Ah bon, j'me disais aussi...
Bon,mais ça va, t'as bien écrit, comme toujours... (mais moi je l'avais écrit prems que ça fonctionnait bien !).
Quel concert !

(Et Peter, oui, génial aussi... Bien que je les ai vus il y a un an déjà. J'adore Théo, son son et surtout le voir jouer, c'est unique...).

Allez, bonne nuit,

Lady V ;-)

Écrit par : Vé. | 19/10/2007

:-)) Tiens.... tu ne serais pas partie sans me dire "au revoir", toi?

:-))))

Écrit par : jacques | 19/10/2007

Euh... Je devais être un peu perturbée... Le ferai plus, promis.
Dis, c'est quand que tu rejoins Myspace, histoire d'avoir encore un peu plus de boulot ;-)
Biz
Vé.

Écrit par : Vé. | 21/10/2007

super site sur le jazz; j'en cherchais un et l'ai mis dans mes favoris

Écrit par : pierre | 31/10/2007

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