06/10/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 4 -

Samedi dernier, toujours à Dinant, avait lieu la remise des Django d’Or.
Pas bête, l’idée d’Ilan Oz d’intégrer cette cérémonie à un festival (l’année prochaine, ce sera au Blue Note Records Festival).

C’est le trio de Philip Catherine qui était invité à soutenir le protocole. C’était l’occasion de revoir avec plaisir, Mimi Verderame à la batterie, mais aussi Philippe Aerts à la contrebasse. Ce dernier me confirmera qu’il fera la tournée européenne de Richard Galliano, mais qu’il devra renoncer, la mort dans l’âme, la tournée mexicaine…

3 morceaux («Letter From My Mother», «They Say It’s Wonderful» (d’Erving Berlin) et «The Postman»), avant d’accueillir le gagnant du Django 2007, catégorie «jeune talent»: Pascal Mohy.
Il «disputait» le titre avec Robin Verheyen. Autant dire qu’il ne devait pas être facile de les départager…

Pascal Mohy jouera 2 morceaux avec le trio de Philip Catherine: une très jolie compo personnelle («Jojo») et «Broken Wings» de Richie Beirach.

La «Muse» de la Sabam fut décernée à Marc Van Den Hoof, figure incontournable du jazz à la radio flamande.

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Et puis, le Django D’or fut remis à Pierre Van Dormael. Surpris et heureux.
Les autres «nominés» étaient Sal La Rocca et Ivan Paduart.

Van Dormael jouera également avec le trio: «Nuage», «All The Things You Are» et «Eternel désir».

J’échange quelques mots avec Pascal Mohy, Pierre Van Dormael et puis  Philip Catherine qui prépare actuellement un album solo… avec deux guitares.
Humm, hummm… A suivre…


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Vers 18h, dans la grande salle, Elisabeth Kontomanou entre sur scène dans une superbe robe blanche de mariée. («Ce soir, je me marie avec vous…» dit-elle, avant de poursuivre dans un large sourire «…et demain ce sera avec d’autres».)

La voix est captivante.
Ce grain, cette profondeur, cette clarté… C’est hypnotisant.

Sur «I Gotta Right To Sing The Blues», elle dialogue magnifiquement avec la contrebasse de Thomas Bramerie ainsi qu’avec la batterie de Donald Kontomanou.
Puis, sur «Waiting For The Sun», c’est Manu Codjia qui électrise le thème.
Codjia est décidemment un guitariste exceptionnel. Dans son jeu, ce soir, on y retrouve du blues, de la soul ou encore du R&B. Chacune de ses interventions est d’une justesse et d’une créativité formidables.
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Dans la voix de Kontomanou, il y a l’histoire de sa vie. Et entre les morceaux extraits de son dernier album «Back To My Groove» (le plus personnel jusqu’à présent car elle en a écrit toutes les paroles…et beaucoup sont autobiographiques), elle doit presque reprendre ses esprits.
Elle vit tellement ses chansons qu’on la sent parfois K.O. debout.

Et son chant!
Elle joue avec les cassures de sa voix comme avec les cassures de sa vie.

«Where I'm Coming From» (en recherche d’identité et de son père qu’elle n’a jamais connu), «The Abuse» (une course effrénée à la «Blue Rondo A La Turk» à propos des femmes violentées), «Summer» (au rythme obsédant) et «Back To My Groove» (entre blues et gospel), sont tous des morceaux d’une profondeur et sincérité évidente.

Après le concert, je bavarde avec Manu Codjia. A propos de son premier disque en leader («Songlines» avec Daniel Humair et François Moutin) et de ses projets avec son trio, qui ne sera pas celui de l’album.

Puis, je discute avec Elisabeth Kontomanou.
Elle est belle et resplendissante.
On sent dans ses propos, dans son regard, dans son sourire un bonheur certain. Aucune haine ou rancune par rapport aux difficiles épreuves de sa vie. Tout est tourné en positif.
Elle me raconte ses débuts, son parcours, son dernier album.
Belle leçon de vie et de caractère.

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Vers 21 heures, Gonzalo Rubalcaba est seul au piano devant une salle pratiquement comble.

Le toucher est souple et tendu à la fois.
Le pianiste fait le vide autour de lui. Il accapare l’attention du public comme rarement.
La technique est éblouissante, mais reste toujours au service d’une mélodie limpide.
Rien n’est simple, rien n’est complexe, tout est évident.
Chaque accord a une signification. Et l’on entre dans son récit sans peine.

On le sent influencé par Tatum, par le rag, le stride et la musique cubaine bien sûr. Et tout ça est exposé avec sensibilité, tendresse, force ou humour. Les phrases courtes sont soutenues par une main gauche qui fait déferler les notes par vagues…
Absolument brillant !

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Pour finir cette longue journée: «Follow The Songlines».
Contrairement au concert de Flagey, pas d’orchestre symphonique ici. C’est pourtant un projet conçu pour cela, et d’ailleurs, l’enregistrement du futur CD se fera de cette manière… au Portugal, sans doute.

Sans cordes, le groupe a quand même très fière allure !
Et comment !
Rythme, fluidité du propos, échanges lumineux entre les pianistes (Mario Laginha aux Rhodes et Diederik Wissels au piano ou inversement), complicité entre les chanteurs (David Linx et Maria Joao), soutien impeccable de Christophe Wallemme à la contrebasse et de Stéphane Huchard à la batterie.

Après un départ tonitruant, on a droit à un superbe moment de sensibilité avec «Parrots and Lions».
Minutes d’une extrême volupté et de légèreté.
On est en apesanteur. On flotte très haut.
On est simplement retenu à la terre par les fines notes du piano.
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Le voyage continue et les vocalistes s’amusent, s’accompagnent, s’encouragent l’un l’autre…
Et comme ils sont tous deux très expressifs, le spectacle n’en est que plus étonnant.

Après le concert, je passe encore un bon moment au bar à discuter avec les musiciens, les photographes (Jos Knaepen, mais aussi Guy Le Querrec) ainsi que les organisateurs de ce très agréable et vraiment très sympathique festival…

En rentrant sur Bruxelles, sur une autoroute déserte, j’écoute «OverOceans» de Mathilde Renault que j’ai rencontré quelques heures auparavant.
Troublant et délicieux voyage…

Une journée de bonheur, quoi...

A+

Commentaires

Je rêve! Quand je pense que je suis encore tout remué du spectacle de Kontomanou au Festival de jazz de Montréal 2006, alors que j'étais assis à quelque mètres de mon égérie!

Et toi, l'ami, tu discute avec Elisabeth!

Je rêve, ma parole!

Je prends un billet pour la Belgique dès demain! ;-)

Jean François

Écrit par : Jazz Frisson | 09/10/2007

Pince-toi J'en discutais avec un ami, et on se disait que les musiciens de jazz étaient quand même assez accessibles.

Bien sûr, quand on le s rencontre pour la première fois, on est un peu intimidé, un peu con... et finalement, on a tellement de choses à partager que tout est simple.

Et Elisabeth Kontomanou est vraiment formidable de gentillesse et de simplicité... (Et quel talent!)

;-)

A+

Écrit par : jacques | 10/10/2007

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