29/09/2007

Dinant Jazz Nights 2007 - 1 -

Après Gand, Anvers et Bruxelles, cap sur le festival de Dinant.

Le week-end dernier, c’était le coup d’envoi du Dinant Jazz Nights.
Dixième du nom !
Pour fêter ça, le festival se déroule en deux week-ends. Le premier à Ciney (là où Jean-Claude Laloux avait créé ce premier rassemblement) et le deuxième à Dinant.

La semaine qui sépare ces deux rendez-vous ayant été plus que chargée, je n’ai pas eu l’occasion de vous raconter ce qui s’est passé les 21 et 22 septembre au centre culturel de Ciney. Allons-y!

Le parrain du festival de cette année est David Linx. Normal que ce dixième anniversaire soit dédié au jazz vocal.

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Vendredi soir, Laïka Fatien a conquis un public malheureusement un peu clairsemé.
Pour ma part, je suis resté légèrement (très légèrement) sur ma faim.
Bien sûr Laïka chante très, très bien. Et elle a une belle façon de vivre les textes. Surtout les standards. Enfin, des «nouveaux» standards, tels que «Old Portrait» de Mingus, «Lost» de Wayne Shorter ou encore «A Shade Of Jade» de Joe Henderson. On le voit, et elle l’avoue, elle a un faible pour les saxophonistes. Elle est d’ailleurs accompagnée, comme d’habitude, par l’excellent ténor David El Malek. Celui-ci est un écho parfait à la voix sensuelle de Laïka.
Mais le plus sensationnel dans  ce groupe est sans conteste le pianiste Pierre de Bethmann.
Il est éblouissant de virtuosité, mais surtout d’inventivité et de sensibilité.
Tant sur les morceaux swinguants que sur le classique «Old Devil Moon» ou encore le très soul/boogaloo «Zigaboogaloo (qui porte bien son nom) de Nicolas Payton
Pianiste fantastique.

Avant de revenir en vedette avec le BJO, David Linx rejoindra la chanteuse pour interpréter en duo un morceau tiré de « La tectonique des nuages » de Laurent Cugny… Somptueux.

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Le Brussels Jazz Orchestra, donc.
Le rêve pour le chanteur.
Et le résultat est à la hauteur des espérances.

Le public est plus nombreux, mais ce concert aurait mérité une salle comble.
Linx et l’un des meilleurs Big Band du monde (si, si…) présentaient leur nouveau projet: «Changing Faces».
13 morceaux pour douze arrangeurs différents.
13 styles, 13 couleurs différentes et pourtant une osmose parfaite.
Ce qui est fascinant avec ce projet, c’est d’entendre le BJO sonner comme s’il s’agissait d’une petite formation (dans le sens quartet ou quintet).
Linx, mais aussi Mario Laginha, Michel Herr, Stephane Guillaume et tous les autres arrangeurs, ont eu la belle idée et l’intelligence d’utiliser le band de manière très ouverte. Et ces multiples écritures démontrent le talent incontestable de tous ces musiciens.

Une attaque franche, un suivi en ostinato au piano (Nathalie Loriers) et voilà «Deep Night» sur les rails. Les sons tombent en cascade: les trompettes, les trombones et puis les saxes. Brillant.
Et ce n’est qu’un début.
«Black Crow», de Joni Mitchell et arrangé par Michel Herr, impose une fausse douceur, mais une vraie tendresse. Pas de faux-semblants ici. Pas de triche.
La musique n’en est que plus véritable.

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Philip Catherine viendra nous faire une visite sur quelques titres, histoire que la fête soit complète. Ici aussi, le dialogue est juste. Et vif.

Le BJO propose différentes palettes.
Un peu bossa avec «Bilhete», terriblement swinguant avec «Then We’ll Be Home», très «black» et cru avec «A Day’s Journey» ou encore explosif avec «The Land Of Joy».

Et à aucun moment, l’orchestre ne faiblit.
Les solistes y sont époustouflants (Bart Defoort, Kurt Van Herck, Lode Mertens, Franck Vaganée, Bo Van Der Werf et bien sûr Nathalie Loriers).

Et David Linx ?
Il est au sommet de son art. Il est heureux, léger, parfait.

Haaa… vous auriez du être là !

A suivre…

A+

23/09/2007

The Wild Party - Atelier 210

Ce n’est pas vraiment un concert, pas vraiment du théâtre non plus…
Un monologue?
Oui, en quelques sortes.
Pourtant il y a 5 acteurs?
Oui.
Enfin, 4 musiciens et un acteur. Et parfois, l’acteur se fait chanteur et les musiciens se font acteurs.

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The Wild Party, c’est noir, c’est cru, c’est drôle, c’est cynique, c’est étonnant et, oserais-je le mot?… c’est génial!

Ce spectacle est présenté à l’Atelier 210 jusqu’au 26 septembre.
Dépêchez-vous d’y aller. Franchement, ça vaut vraiment la peine.

On vous raconte l’histoire de Burns, Queenie et Mister Black.
Une histoire d’amour, de sexe et d’alcool qui se termine mal. Très mal.
Ça pourrait être banal, et pourtant, les textes, la mise en scène (de Frederik Haugness), le jeu, la musique et les lumières empêchent cet écueil.

Benoît Verhaert, acteur fabuleux à la gestuelle sûre et aux mille visages, raconte avec conviction cette histoire sauvage et impudique écrite en 1926 par Joseph Moncure March (et aussitôt censurée) sortie une première fois de l’oubli par Art Spiegelman.
L’acteur joue tour à tour les rôles de la femme, de l’amant, du salaud, de la pute, du narrateur…
Tantôt poétique, tantôt grinçant, tantôt drôle, le texte a été superbement adapté à notre époque pour en garder toute la rage, toute la violence et un second degré bien senti. Il tape juste, il tape fort.

Les musiciens ponctuent, illustrent et participent musicalement aux dialogues.
Sommes-nous dans la pièce? Dans le texte? Dans l’impro? Difficile à dire.
Les acteurs mélangent temps présent et passé, jouent avec la réalité et la fiction. C’est un véritable tourbillon.

On flotte entre une ambiance à la Miles, façon «Ascenseur pour l’échafaud», et à la Lenny Bruce (comme me le faisait remarquer justement Manu Hermia).
On y entend quelques standards et un thème récurrent de Mingus. Ambiance !

Chacun endosse les rôles des uns et des autres.
Comme le sperme, l’alcool et le sang, tout se mélange.
Et puis, il faut voir les qualités d’acting du trompettiste Greg Houben (hilarant dans certaines scènes), du pianiste Matthieu Van (en pince-sans-rire cynique), du batteur Laurent Delchambre (mi-Jacques Dutronc, mi-Jacques Gamblin) et du bassiste Sam Gerstmans (détonant et explosif).

Cette pièce (??) ne se raconte pas, elle se vit.
Comme un concert de jazz.

N’hésitez plus une seconde: allez-y !

A+

Klara Festival - Pierre Vaiana

Dans la série des concerts du Klara Festival, Pierre Vaiana avait également été convié à une «carte blanche» pour les « Late Nights ».

Pierre en a profité au maximum en présentant un « groupe » à géométrie variable. Il avait décidé, en effet, de faire des mélanges et de jouer les métissages. Chose qu’il adore et qu’il fait avec beaucoup d’inspiration.

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Après une mise en bouche en trio, avec Felix Simtaine (dm) et Nic Thys (cb), Pierre invitait le fidèle Fabian Fiorini pour interpréter «Aljazaïr» (c’est le nom d’Alger en arabe… et ce n’est pas mon ami Mouloud qui me contredira ;-) ).
La musicalité de ce thème est tantôt incertaine, tantôt évidente sous les doigts du pianiste. Fabian a cette faculté d’inoculer les morceaux de touches personnelles tellement créatives qu’il me surprend toujours. Par exemple, sur un autre morceau plus rapide, il explose le thème et emmène dans son sillage Felix Simtaine qui, tout heureux, n’en demandait pas tant. Impressionnant.

Puis, c’est au tour de François Vaiana (voc.) de monter sur scène pour interpréter «Duke Ellington Sound Of Love» de Mingus.
Et puisqu’on parle de Mingus, on aura droit à deux contrebasses (il faut bien ça pour ce bon Charlie). Lara Rosseel fera donc équipe avec Nic.

C’est ensuite Eve Beuvens qui succède à Fabian au piano pour un «Broken Wings» (en hommage à Chet Baker) de Richie Beirach. Au chant, François Vaiana me paraît bien plus à l’aise que lors de certains concerts où je l’ai entendu. J’ai l’impression que le swing lui va bien. Et avec «Lester Left Town», il est servi.

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Pierre Vaiana, quant à lui, est d’une fluidité et d’une précision redoutables. Tant dans les mélodies complexes en mid-tempo que dans les débits rapides.

Après avoir entendu 2 contrebasses, pourquoi pas deux pianos ?
Fiorini – Beuvens, 2 styles complètement différents qui donnent du goût à un dialogue improvisé, vif et relevé.

Et puis vint David Linx.
Ses impros a cappella (scat ou vocalese?) sont toujours aussi impressionnantes.
Il possède décidément une tessiture incroyable et un sens du timing, du swing et du rythme redoutables.
Ça c’est pour le côté «groove».
Pour le côté «ballade», il n’en est pas moins brillant.
Une version intime et sensuelle de «Luiza», de Jobim, en est la preuve…

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Ce beau concert «patchwork», et à rebondissement, se termina avec le morceau envoûtant: «Chiàchiara Ccu Mia», qui oscille entre prière, psalmodie et transe à la «A Love Supreme», sur des paroles scandées en sicilien.
Chair de poule garanti.
C’est brûlant et enivrant.

Dans le bar du KVS Box, je croise plein de musiciens avec qui je parle de leurs projets (et il y en a !) comme Nelson Verras, Magic Malik, Robin Verheyen, Laurent Melnyk, Fabrizio Cassol, mais aussi Felix Simtaine, David Linx et bien sûr Pierre Vaiana…

Bien belle soirée, donc.
Dommage que je n’ai pas eu l’occasion de participer aux autres concerts prévus… grrr…

A+

20/09/2007

Dylan

Avant de revenir vous parler du concert de Pierre Vaiana au KVS box (oui, je sais, je suis très en retard...), je ne résite pas à vous offrir ce petit intermède.

Pas totalement jazz, en plus. 

Faut toujours se méfier des remix (de la plupart en tout cas).
Mais celui-ci est parfait à mon goût.

Décidément, j’aime bien ce Mark Ronson (j'en avais déjà parlé ici).
Il vient de réaliser un remix de “Most Likely You Go Your Way” de Bob Dylan (avec le consentement de celui-ci… Ce qui est rarissime.)

(Désolé pour toute la "pub" qui entoure cette excellente vidéo...) 

 

 


Bien sûr, certains se sont offusqués de ce "sacrilège" (pas de la "pub", mais d'avoir oser toucher à une oeuvre de Dylan)...

Mais, finalement, ce "remix" est assez respectueux de l’original, non?

Serait-ce pour cela que je l'aime?

A+

 

01:03 Écrit par jacquesp dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bob dylan, mark ronson |  Facebook |

16/09/2007

Eve Beuvens - Théâtre Marni

Il y a des années que je me promets d’aller écouter le trio de la pianiste Eve Beuvens.
Mais chaque fois que l’occasion se présentait, j’avais un empêchement.

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Cette fois-ci, je n’ai pas raté cette opportunité.
Il faut dire, à ma décharge (si, si…), que ce groupe ne tourne pas énormément non plus…
Heureusement, dans le cadre des «rencontres jazz» au Théâtre Marni, Jules Imberechts a eu la bonne idée de programmer le «nouveau» trio d’Eve (son frère, Lionel Beuvens a pris la place de Jérôme Colleyn).
Du côté de la contrebasse, pas de changement, il y a toujours Yannick Peeters.

Connaissant Eve, pour l’avoir vu jouer dans différentes formations ou lors de jams, je m’attendais à entendre un trio évoluant dans un esprit Evansien.
Bien sûr on entend, ici et là, quelques influences du pianiste américain, mais, plus d’une fois, le trio s’en éloigne et va plutôt flirter du côté d’un Eric Watson ou d’un John Taylor.
Pour preuve, et pour souligner l’apport de ce dernier dans la démarche musicale d’Eve, le groupe reprend, en fin de concert, un morceau du pianiste.

«Compo 2», écrit par Eve, est d’ailleurs un peu pensé dans cet esprit.
Un peu lunaire, assez intimiste, gardant toujours une délicatesse vacillante, une stabilité quelque peu trouble.

Sur d’autres morceaux, les musiciens n’hésitent pas à ouvrir encore un peu plus le jeu, à improviser de manière assez libre. A oser s’aventurer dans l’inconfort, à créer de surprises. Comme sur le passionnant «Bij Mij» écrit par Yannick Peeters, qui joue les silences et les structures «flottantes».

Les moments intenses - comme pour «North Sea» où Eve joue avec la matière du piano (elle fait craquer le bois, fait crisser les cordes, grincer la pédale, créant ainsi un univers minéral, frissonnant et mélancolique) – se succèdent aux instants plus romantiques et lyriques.
On retrouve alors parfois un touché à la Brad Mehldau ou un groove à la Esbjorn Svensson de la bonne époque (du temps de «From Gagarine’s Points Of View» ou «Good Morning Susie Soho», par exemple).
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Quelques standards sont intelligemment revus et arrangés, comme «Everything I Love» de Cole Porter ou «Alone Togheter». On perd par contre un peu le fil sur «All The Things You Are»…

Avant le très «soul» et joyeux «Little Scorpions», il y eut, à mon avis, un des plus beaux morceaux de la soirée : «Fragile» (écrit par Lionel).
On sentait là tout le potentiel du trio. La musique passait entre les musiciens tel un fluide. Chacun ajoutant sa touche. Un dialogue merveilleux s’installait entre eux.
Excellent.

On sent que ce trio est en train de se découvrir petit à petit un langage personnel.
Et ça, c’est plutôt intéressant.
Alors, tenez-le à l’œil et à l’oreille.
Moi, en tout cas, c’est ce que je vais faire. En espérant ne plus être contrarié dans mon agenda…

A+

15/09/2007

Klara Festival - Michel Hatzi et Puggy

Bousculé de chez bousculé, en ce moment.
J’ai raté plein de concerts prévus (Klara Festival et Marni…).
Et je n’ai pas trouvé le temps de mettre en ligne ceux que j’ai vu…

Alors, allons-y.

Klara Festival, le 3 septembre, premier «Late Night» Concert.
Le principe: un musicien en invite d’autres pour une collaboration unique et inédite.
Ce soir, c’est Michel Hatzi qui s’y collait.

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Il avait invité Puggy dont j’avais déjà entendu parler (chez Nath, par exemple) et écouté quelques extraits sur leur site MySpace.
Puggy est un groupe rock, qui s’est formé à Bruxelles avec des musiciens (plus ou moins «jazz» à la base, si j’ai bien compris…) venant de France, d’Angleterre et de Suède.
Pas banal.

De ce mélange des genres, leur musique s’en ressent.
Énergie, spontanéité, riffs percutants et simples, influences Britpop mais aussi parfois hispanisantes, des touches de folk, de jazz, des références aux Pixies ou à Muse, peut-être? A Jeff Buckley aussi ?  ... Bref, difficile de leur mettre une étiquette.
Et c’est tant mieux.

Puggy décharge donc quelques-uns de leurs morceaux accrocheurs (parfois un peu trop simplistes à mon goût) avant que ne monte sur scène Michel Hatzi pour un hommage à Jimi Hendrix!

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Hatzi a délaissé sa basse pour la guitare électrique.
Et le voilà absolument éblouissant! Plus Hendrixien que nature!
Le son, la disto, la puissance, la dextérité… tout y est.
Epoustouflant.

C’est à ce moment-là aussi qu’on est subjugué par les compositions d’Hendrix.
Aucune chanson ne ressemble à une autre. Elles sont hyper riches. Extrêmement bien construites.
Et ça ne peut être que du Hendrix !
On y sent cette pâte bouillonnante qui vient du blues et de la soul, boostée au rock psychédélique…

Tout ça, Puggy et Hatzi le rendent admirablement bien.
D’ailleurs, en rentrant, je me suis repassé quelques morceaux tirés de «Are You Experienced?» ou «Electric Ladyland», et c’est bien ça que j’ai entendu sur la scène du KVS Box quelques heures auparavant.

Michel Hatzi semblait heureux (parfois hilare) en jouant ces morceaux.
Et Matthew Irons assurait véritablement au chant.

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Autre invitée par Hatzi, Claron Mc Fadden (qui chante avec Aka Moon sur le projet VSPRS) vient exploser un peu plus, de sa voix claire et puissante, un «Foxy Lady» burné, ou un somptueux et sensible «The Wind Cries Mary» (avec Hatzi au Bouzouki!).
Claron possède une tessiture incroyable.
Sur certains morceaux, elle me rappelait  les performances vocales de Clare Torry avec Pink Floyd («The Great Gig In The Sky»).

Belle soirée, pleine de bonnes énergies!
Ça fait du bien...

Puggy à revoir et Jimi à réécouter, encore et encore…

A+

06/09/2007

Boîte à musique et basson


La boîte à musique
est une émission intelligente, amusante et tout à fait accessible, qui parle de musique classique.
Et de musique en général.
J’arrive un peu comme les cavaliers d’Offenbach, car cette émission était diffusée, pour la deuxième année consécutive, pendant les vacances (sur France 2 ... et à une heure très tardive comme toutes les émissions intéressantes).
Et bien sûr, j’en ai raté quelques-unes…

Bref.

Le présentateur, Jean-François Zygel (compositeur, pianiste et professeur) est un pédagogue qui a le don de simplifier – comme tout bons pédagogues, quoi - le propos avec aisance.
C’est ludique et sympathique.
C’est bourré d’exemples courts et pertinents…
Voyez l’extrait ci dessous à propos d’Erik Satie.

 


Et parfois, on a droit à une petite leçon de jazz.
Ici, c’est expliqué par l’excellent pianiste Antoine Hervé.


On y présente aussi un instrument… « rare »… Entre guillemets.
Un instrument qu’on n’a pas trop l’habitude de mettre en avant.
Il y eut la harpe, par exemple. Et la semaine dernière, ce fut le basson.

Si le basson n’est pas trop souvent mis en avant dans la musique classique, imaginez ce que cela doit être dans le jazz !

Et pourtant, dernièrement, j’ai reçu l’album de Daniel Smith qui s’est mis en tête de faire swinguer le basson (il avait déjà fait l’exercice sur le mode be-bop).

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Ce musicien américain de formation classique, dont la réputation dans le milieu est assez grande (il a enregistré 37 concertos pour basson de Vivaldi, entre autres), n’a pas peur d’aller chasser sur les terres du jazz.

Sur cet album, donc, il reprend principalement des standards tels que : « Well You Needn’t », « Mood Indigo », « Summer Samba » et autres « St Thomas »…

Le résultat est assez surprenant de par le son du basson, d’abord -
même si on a l’impression que celui-ci est toujours à l’arrière-plan - mais aussi par quelques arrangements intéressants.
Cependant, on remarque vite les limites de cet instrument dans un tel contexte. Et malgré le grand talent et la dextérité du musicien, on a l’impression que ça part parfois un peu en embrouille…

Daniel Smith est entouré d’une belle rythmique (un peu trop sage) dont certains ont déjà un beau c.v.
Le pianiste Martin Bejerano, par exemple - qui s’est déjà fait remarqué aux côtés de Roy Haynes et qui vient de sortir un album (« Evolution/Revolution ») dont on dit beaucoup de bien Outre Atlantique - s’échappe de temps en temps pour quelques vives impros.
Mais, comme je le disais, l’ensemble reste un peu sage et on aurait aimé un peu plus de folie, de prise de risques et de surprises.
L’album reste assez (trop?) fidèle aux thèmes originaux et du coup, l’exercice devient un peu anecdotique.

Ceci dit, comme vous êtes curieux, n’hésitez pas à y jeter une oreille, c’est sorti chez Zah Zah.

A+

03/09/2007

1,2,3... CD's !

Les bonnes feuilles de tonton Jazzques.

Enfin, quand je dis «les bonnes feuilles», comprenez: les chroniques de bonnes musiques.
Pour la rentrée, trois albums sur
Citizen Jazz.

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Chris Joris et son «Rainbow Country».
Album sorti  chez De Werf.
Il contient de petites merveilles.
Prenez le temps (l’album est riche), ça vaut la peine.

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J’ai chroniqué aussi l’album de Louis Sclavis : «L’imparfait des langues».
Sacré exercice. Pas toujours « simple » mais tellement intéressant.
Un album qui a ses «partisans» et ses «contradicteurs».
Pour ma part, je suis dans le premier groupe.

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Et puis l’album de Mélanie De Biasio.
Une des toutes grandes réussites de ces derniers mois, à mon avis.
Et je pense ne pas être le seul à le dire.
Ça méritait un «Elu»… Mais, allez comprendre les rédacs chefs…
:-/

 

Allez, bonnes lectures.

A+