28/08/2007

L'incroyable jam !

Sympathique initiative que cette Incredible Jazz Jam.

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Depuis cinq ans, Luc Siccard (qui est aussi l’instigateur des Ateliers du jazz) organise une jam ( incroyable :-) ) où se croisent pros et amateurs dans le seul but de s’amuser.
Pas d’esprit de compétition ici, juste celui de se rencontrer et de partager.
(En pourrait-il être autrement, d’ailleurs ?)

J’y ai passé le bout de mon nez ce samedi, mais n’ai pas pu rester très longtemps malheureusement…
L’Aquamarine, c’est là que ça se passe, faisait quasiment salle comble.

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Sur scène, il y avait du moyen (c’est que ce n’est pas si simple de faire du jazz !) et du très bon.

Dans la catégorie très bon: Fred Delplancq (ts), Alexandre Cavalière (violon), Xavier Rogé (dm), Eve Beuvens (p), Olivier Stalon (eb) (du beau monde n’est-ce pas ?) et un excellent guitariste, Laurent (?) que je ne connaissais pas, nous ont fait une reprise de « Equinox » de Coltrane du feu de Dieu.
Bref, ils ont placé la barre assez haute.

Mais je suis sûr qu’il y eut plus tard d’autres moments aussi intenses.
Il suffisait de voir les musiciens qui attendaient de monter sur scène: Alain Pierre, Nicola Lancerotti, Gianlivio Liberti, Véronique Hocq, Mathieu De Wit… pour ne citer que ceux que j’ai repéré (et je suis sûr que j’en oublie…).

Alors, encore bravo Luc et… à l’année prochaine !

A+

21:34 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ateliers du jazz, incredible jazz jam |  Facebook |

25/08/2007

Jazz Middelheim 2007 - Day 05 -

Dimanche dernier (le 19 août): « Grand Final » comme on dit à «Jazz Middelheim».
Et l’appellation n’est pas usurpée.
Au programme de ce dernier jour: Jef Neve Trio, Nic Thys et ses 68 Monkeys, Bert Joris Quartet et … last but not least, Ornette Coleman !

Sold out !
La tente déborde littéralement. Il y a overbooking, assurément. Ce n’est pas possible autrement…

Je n’ai pas vu l’ami Jef cette fois-ci, mais on m’a rapporté que son concert fut très bon… (comme d’habitude).

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Nic Thys, que j’avais récemment vu avec son T&T lors du Brussels Summer Festival se présentait ce soir avec quelques belles pointures du jazz américain.
Tous nés en ’68 ! D’où le nom du groupe…

Aux saxes: Tony Malby (tenor) et Andrew D’Angelo (alto), au piano: Jon Cowherd, à la guitare électrique: Ryan Scott, aux drums: Nasheet Waits et bien sûr, à la contrebasse: Nicolas Thys.

Excusez du peu…
L’ensemble manquait cependant, à mon avis, d’esprit de synthèse et de cohésion. J’aurais aimé que les morceaux soient un peu resserrés, un peu plus concis.

Tout avait commencé en force avec «It’s Been A While», d’une puissance incroyable et s’était terminé plus ou moins dans le même esprit avec «Munich».

Entre les deux, les belles compositions, sobres et parfois mélancoliques manquaient un peu de tension. C’était, quelques fois, un peu trop tiré en longueur.
Bien sûr il y a eu les solos monstrueux du guitariste Ryan Scott qui rappelle de temps à autres un phrasé à la Rosenwinkel. Et puis, surtout, la paire de saxes.
Ces deux-là jouent aux frères ennemis: Tony Malby, posé et solide et D’Angelo, nerveux, explosif et toujours d’attaque.
Fabuleux !

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Avec son Quartet, Bert Joris nous invite à du jazz pur jus.
Le trompettiste démarre directement avec le très swinguant et nerveux «Mr Dado», en hommage à son vieux complice: le pianiste italien Dado Moroni.
Ce dernier n’attend pas son tour pour sauter dans le groove.
Ça rebondit, ça swingue, ça improvise à tout va.

Les thèmes écrits par Bert Joris sont d’une limpidité éblouissante. Un peu à l’instar de son jeu. Un phrasé raffiné, clair, précis. Un peu à la Kenny Dorham dans les moments intenses et à la Chet dans les passages plus intimistes.
Entre «Magone», «Anna», «Triple» ou «King Combo», Joris alterne bugle et trompette (parfois «muted») avec pertinence.

Philippe Aerts allie, comme toujours, virtuosité et musicalité extrêmes à la contrebasse, alors que Dré Pallemaerts (omniprésent lors de ce festival) joue avec autant de finesse que de subtilité.
Mais attention… quand il envoie, ça cogne sec.

Pas de bavardage superflu dans les solos (Moroni est vertigineux), qualité de jeu brillante, bonne humeur communicative et complicité visible entre les membres du groupe, le quartet de Bert Joris a sa place dans ce «Grand Final», et mérite sans conteste de se retrouver sur les podiums des meilleurs festivals de jazz d’Europe et d’ailleurs…

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Et voilà LE grand moment.
Le moment tant attendu.
Celui que l’on pouvait craindre aussi. Craindre d’être déçu d’une si grande attente…

Heureusement, Ornette Coleman fut au rendez-vous.
Et comment !
Quel concert, mes amis… quel concert !

Derrière le célèbre altiste, le fils Denardo Coleman aux drums. Et autour, trois bassistes !!!
Charnett Moffett et Tony Falanga aux contrebasses et Albert McDowell à la basse électrique.

Fidèle à la dialectique Colemanienne, le premier morceau («Jordan»), court et concis,  explose d’intensité.
Le groupe revisite ensuite la plupart des morceaux du dernier album («Sound Grammar» enregistré live en Allemagne en 2005) en les réinventant.

Le drumming énergique de Denardo est excessivement physique et impressionnant. Aucune faiblesse, aucune baisse de régime. Ça joue à du 200 à l’heure.

Tony Falanga use beaucoup de l’archet, imposant souvent un jeu grinçant, étrange, parfois plaintif («Sleep Talking»), et donne une réplique cinglante au saxophoniste.

Les autres bassistes remplissent les espaces avec brio, trouvent des ouvertures, improvisent avec une clairvoyance subjugante.
Ornette intervient parfois à la trompette, puis au violon.
Il dirige sans diriger.
Le groupe se trouve les yeux fermés.
C’est d’une précision magistrale dans les breaks, les stop and go, les relances. Tout est réglé au cordeau et reste pourtant d’une incroyable liberté.
Ça voyage, ça échange, ça ose tout le temps…

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Qui joue quoi ? Comment naît cette musique ?
Difficile à décrire.
Serait-ce cela le fameux principe «harmolodique» du maître ?

Après un superbe «Turnaround» (recréé comme si ce morceau n’avait jamais existé) Tony Falanga ébauche le
«Prélude de la suite N°1» de Bach.
Denario éclate le morceau de quelques frappes puissantes et le groupe atomise le thème dans un délire free ébouriffant.

On frôle le blues, le calypso («Matador»), le funk parfois, toujours dans un esprit totalement libre… totalement Ornette.

Grand et énorme concert.

La salle est debout, applaudit  à tout rompre pendant de longs instants.
Ornette fait distribuer une à une les fleurs du bouquet qu’il a reçu aux femmes des premiers rangs avant de revenir offrir, à tous cette fois, un « Lonely Woman » magique.

Ornette!

Encore!

 

A+ 

21/08/2007

Jazz Middelheim 2007 - Day 04 -

Belle surprise que le quintet du tromboniste allemand Nils Wogram.
Je ne connaissais que son album en duo avec Simon Nabatov, «Starting Stories», et n’avais jamais été plus loin.
Erreur !

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Le groupe présent sur scène cet après-midi («Root 70») n’hésite pas à mélanger les genres.
D’un bop assez classique au dub ou au reggae, en passant par un jazz très contemporain, Nils Wogram et ses compagnons élargissent les frontières sans se poser trop de questions et proposent un jazz jouissif et très expressif.

«Eat It» est, à ce propos, un bel exemple.
Après avoir démarré sur un chaos bruitiste, on s’envole vers un thème aux accents latins. Puis, on joue les stop and go et les questions-réponses qui donnent une sacrée dynamique au morceau.
Simon Nabatov, très percussif, joue toujours la surprise, le rebondissement.
Il ouvre des pistes, relance le tromboniste et le saxophoniste qui se complètent très bien …
Le saxophoniste Hayden Chisholm, justement, sonne parfois comme Paul Desmond sur les thèmes plus intimistes.

Dans les moments intenses, comme sur «The Myth», on sent comme l’influence d’un Mingus. Le groupe est soudé, énergique et rageur.
Et Nils, dirige ce petit monde avec vigueur.

Mélange très savoureux et groupe à suivre assurément.

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Moins explosif ou fonceur qu’à l’habitude, le trio d’Eric Legnini nous gratifie d’un concert posé et détendu, laissant de la place aux mélodies et aux thèmes pour se développer.
Cela nous permet d’apprécier encore mieux la qualité des compositions du pianiste.

Avec Dré Pallemaerts à la batterie, exceptionnellement à la place de Franck Agulhon, le trio offre des versions poétiques de «Trastevere» et de «Night Fall» avant d’attaquer vivement «Miss Soul», introduit par un long  et beau solo de  Matthias Allamane à la contrebasse.

Un «Mojito Forever» fait monter la fièvre à la manière d’un alcool qui tape vite à la tête.
Sous l’œil rieur de Legnini, Dré s’amuse d’un solo à mains nues sur ses tambours.
On déguste. On sourit.
Il faut dire que, juste avant, Eric m’a presque fait pleurer avec une improvisation magnifique en intro de «La Starda».
Il remettra ça avec un «Back Home» plus gospel et churchy que jamais.
Merveilleux.

Après le concert, je discute un peu avec Eric.
Heureux de sa prestation et de ses 130 derniers concerts.
Et ce n’est pas fini, puisque dès fin septembre, il ira jouer en Allemagne, en Pologne et à nouveau en France, avant de s’envoler pour le Japon.
Un enregistrement spécial sera d’ailleurs réalisé pour le pays du soleil levant.
Puis, il travaillera sur un projet avec les frères Belmondo et Milton Nascimento pour un concert à La Villette en septembre.
Voilà de quoi nous rendre impatient…

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Découverte totale ensuite, avec Dez Mona.
Est-ce du jazz ? Est-ce du rock ? Est-ce de la pop ?
Le chanteur, Gregory Frateur, aux airs de Diva, ne le sait pas lui-même.

Toujours est-il qu’on cherche un peu le lien entre sa musique et un festival de jazz. Un titre de Nina Simone, en rappel, suffit-il ?

Le chant particulier rappelle un peu Klaus Nomi.
La voix est grave et nasillarde.
On y trouve aussi, par moments, des intonations à la Tom Yorke (Radiohead) ou Brian Molko (Placebo).

Les ambiances et les thèmes sont généralement sombres, voire assez dépressifs, et se teminent presque à chaque fois en explosions hystériques.

On nage entre ambiant, pseudo-classique et rock progressif.

Bram Weijters au piano et Roel Van Camp à l’accordéon accentuent par leurs interventions le côté noir et désespéré des paroles.

Frateur se fait parfois un peu crooner et parfois aussi un peu «folkeux» (avec une reprise de «Who Knows Where The Times Goes» de Sandy Dennys , ex-chanteuse de Fairport Convention dans les années ’70).

Impression bizarre.
Bien qu’intéressant par moments (il faut souligner quelques performances vocales étonnantes) l’ensemble est crispant et parfois tellement excessif que cela en est peu touchant.


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Pour terminer ce quatrième jour: délire total et bonheur complet avec le Matthew Herbert Big Band.

Je suis depuis longtemps ce «bidouilleur» de génie («Dr Rockit», «Radio Boy») qui mélange la dance intelligente (le merveilleux «Bodily Functions» en 2000) et les expérimentations musicales hors normes, comme sur le récent «Plat Du Jour».
Ce dernier album est enregistré uniquement  avec des bruits de déglutitions, de mastication, de cris de cochons, de poules en batteries et autres sons en rapport avec la (mal)bouffe…
Et c'est absolument génial. Et étonnant.

Aussi étonnant que son Big Band ce soir.

Basé sur le même principe que ses expérimentations, Matthew Herbert échantillonne en temps réel toutes sortes de sons et crée des beat.

Ce soir, tout a commencé avec un «cliquetis» de verre de vin rouge sur les dents…
Une fois le rythme lancé, le Big Band monte sur scène.

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Le mélange «électro» (je n’ai pas trouvé d’autre terme) et orchestre swing, dans la grande tradition de Glenn Miller, fonctionne à merveille.
Et ce qui marche sur disque (album «Goodbye Swingtime») marche encore mieux sur scène.
C’est qu’ici, le spectacle est visuel aussi.

Allons-y pour faire de la musique avec des journaux déchirés (ce qui amène une belle bataille de boulettes de papiers) ou avec des ballons de baudruche, ou même, en rappel, avec des flash d’appareils photos.

On passe d’une ambiance «Coton Club», à du blues sensuel («The Trhee W’s») et à la dance la plus incandescente («Missprint»). Et Valérie Etienne, à la voix soul, n’est sans doute pas pour rien dans l’histoire.

Matthew Herbert, derrière ses machines (ou son accordéon rose), s’amuse autant que ses musiciens et que le public.

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Voilà sans aucun doute une façon des plus intelligentes de mêler house et jazz.
Le public (même les jazzeux) ne s’y trompe pas.
Et c’est évidemment un gros (très gros) succès mérité pour le musicien anglais.

 

A+ 

20/08/2007

Jazz Middelheim 2007 - Day 03 -

Toots a envie de jouer ce soir.
Ça se sent, ça se voit.

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Devant une salle pleine à craquer (ça déborde même), accompagné par Hans Van Oosterhout à la batterie, Bart De Nolf à la contrebasse et Bert van Den Brink au piano, Toots  enchaîne avec fougue et passion «Waltz For Sonny», «The Days of Wine and Roses» sur des tempos enlevés avant de poursuivre avec un magnifique mélange de «I Loves You Porgy» et de «Summertime»…

Superbe medley de ces deux titres déposés sur une rythmique qui rappelle «So What».
Sur l’ostinato, à la contrebasse, de Bart De Nolf , le pianiste intervient dans un solo lumineux.
Il redouble le tempo, échange des phrases avec Toots, en grande forme, et emmène finalement tout le monde vers «One Note Samba».
Du grand art.
Du bon jazz avec tout ce que cela implique de groove, d’impro, de swing et de plaisir.

Il n’y a aucun temps mort.
Hans imprime avec beaucoup de justesse des rythmes ondulants.
Toots invite Bart De Nolf à prendre un solo. Merveilleux.
Bart est un discret mais précieux contrebassiste à la sensibilité et à la rythmique sûres.
Son intervention est d’une finesse mélodique rare.

Toots s’adresse au public (enfin! serait-on tenté de dire) pour raconter, avec son humour habituel, comment il a rencontré Lee Konitz avant d’inviter ce dernier à le rejoindre sur scène.

Konitz me semble un peu plus à son aise avec cette petite formation qu’avec le BJO.
Avec Toots, il entame un court dialogue qui les lance sur «Body And Soul».
Puis, ils improvisent ensemble sur «Cherokee» qui se termine de façon un peu confuse peut-être…
Avant que l’invité ne quitte la scène, ils joueront encore «Giant Step».
Morceau que joue chaque jour Toots pour… «pratiquer».

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L’harmoniciste est heureux.
C’est évident.
Alors il nous offre une version sensible de «For My Lady» avant de déclencher l’hystérie dans le public avec les premières notes de «Bluesette».
Sans cabotinage excessif, Toots fut simplement magnifique ce soir.

En rappel, il jouera une version très émouvante de «What A Wonderful World» en hommage à celui qui lui a donné le virus du jazz: Louis Armstrong.

Le public en redemande encore, mais le quartet viendra simplement saluer une salle debout.
On n’en voudra pas à Toots, ce soir il n’en a pas fait trop, mais il l’a fait de manière exceptionnelle.

A+

19/08/2007

Jazz Middelheim 2007 - Day 02 -

Comment va jouer Mâäk’s Spirit aujourd’hui ?

Que vont-ils nous proposer cette fois-ci ?

On peut s’attendre à tout avec eux. Surtout que pour ce concert au Middelheim, ils ont invité Misha Mengelberg ! On peut comprendre que ça fasse peur à certains.
Et que ça aiguise la curiosité des autres.

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La configuration de la  scène surprend déjà.

En avant-plan et au centre : la batterie d’Erik Thielemans. Dos au piano.
Face à lui, Jeroen Van Herzeele (ts), Laurent Blondiau (tp) et Jean-Yves Evrard (g).
A la contrebasse, Sébastien Boisseau.

Improvisée du début à la fin, sans répétition aucune, voilà l’OVNI lancé.
Attachez vos ceintures.

Vin blanc à la main, bob sur la tête, Misha Mengelberg jette quelques notes.
On se cherche, on se jauge…
Petit à petit, chaque musicien se découvre. Le feu couve, la pression monte, l’ouragan éclate. C’est le chaos. Le chaos maîtrisé.

On frotte les percussions, on frappe les cordes. Tout est sens dessus dessous.
Les souffleurs surfent sur le haut des vagues d’une mer houleuse, déchaînée, indomptable…
Mais, Mäâk’s Spirit sait aussi installer un climat quand seuls les balais (quand ce n’est pas des sachets en plastique) de Thielemans soufflent face aux notes dispersées du pianiste et du guitariste.
Et c’est à nouveau la fusion… jusqu’à la fission.

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Encore plus inspiré, le groupe s’envole vers des impros d’une liberté délirante quand Misha se lève, éructe des sons gutturaux. Mäâk’s se disloque… chaque musicien change de place et se ballade sur scène. Jusque dans les coulisses.
On rentre, on sort, on siffle, on voyage…

Terminus. Tout le monde descend.

Moment rêvé ? Cauchemardé ?
Moment intense, excitant et incroyable en tout cas.

Le jazz n’est pas mort et le free jazz (en est-ce ?) n’a pas encore fini de nous étonner.

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Avec le BJO, c’est une autre histoire.

Lee Konitz s’est fait invité par l’excellentissime Big Band dont la renommée a largement dépassé nos frontières depuis belle lurette.

Ce soir, sous la baguette de Ohad Talmor, qui a fait tous les arrangements, on commence par le très swinguant «Sound Lee».

Essayant ensuite un jeu un peu déstructuré sur «June 5», entre cool et calypso, on ne voit pas vraiment où veut aller l’ensemble. Et Lee n’a pas l’air de suivre.
Pourtant, les interventions à la guitare de Peter Hertmans (excellent), ou le solo grave et presque sombre de Nathalie Loriers au piano laissent entrevoir quelques espoirs…
Mais non, les arrangement restent, par la suite, assez traditionnels et on dirait que Lee Konitz et Ohad Talmor ne profite pas du potentiel du Big Band.
Décidemment, on n’est pas en présence de Maria Schneider, Bert Joris ou de Kenny Werner qui avaient su donner la pleine puissance au BJO.

Konitz, au phrasé rond et suave, répond cependant avec bonheur au chant profond du sax baryton de Bo Van Der Werf, mais peu d’étincelles jaillissent de cette rencontre.
Pourtant, on sent Konitz heureux d’être là…
Alors, laissons rouler «Sweet Rythms», «Ornetty» ou «Remember You» et ne boudons pas notre plaisir, le BJO nous réserve encore bien d’autres (meilleures) surprises.

A+

18/08/2007

Jazz Middelheim 2007 - Day 01 -

J’étais curieux d’entendre, mais surtout de voir, Tineke Postma sur scène.

J’avais eu l’occasion d’écouter quelques-uns de ses morceaux, d’avoir vu un de ses concerts à la télé (je ne sais plus où) et de l’avoir vu lors de la remise des victoires du jazz il y a deux ans, mais c’est à peu près tout ce que je connaissais d’elle.

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Jolie fille blonde dans une robe à paillette, sourire charmant et belle présence, Tineke distille son jeu par touches sensibles et précises. Les notes s’enchaînent les unes aux autres à la manière d’un fil de soie. Ça swingue gentiment, tout est bien carré, bien en place. Il n’y a pas trop d’espace pour des impros interminables (ce qui n’est pas mal, parfois), ni pour des délires ou des prises de risques.

Bref, elle va à l’essentiel et les motifs de ses compositions sont simples et efficaces.
Elle laisse cependant assez de place au pianiste Marc Van Roon pour développer un jeu chatoyant («Synchronicity») et parfois nerveux («A Journey That Matters»). Idem pour son excellent contrebassiste Frans van der Hoeven qui reste toujours très mélodique dans ses solos.
L’influence de Wayne Shorter (dans ses jeunes années) est parfois assez claire, surtout lorsque Tineke Postma est au soprano.
A l’alto, le son velouté et les attaques sont souples, comme sur «Comprendo», par exemple, qu’elle introduit joliment en solo.
Avec un Dre Pallemaerts très félin à la batterie, c’est un bon moment jazz classique et très agréable qui a ouvert ce Jazz Middelheim 2007.

 

Pendant la pause, je rencontre Nathalie Loriers, en «repérage», après sa répétition avec le BJO et Lee Konitz, et avant le concert du lendemain, ici même.
Agréable discussion où l’on parle des projets incessants du BJO.
Le Big Band est en train de mixer l’enregistrement qu’ils ont fait avec Dave Liebman. Le BJO a enregistré aussi un projet avec Michel Herr et travaille également à la finition (et au futur concert pour le Dinant Jazz Night) d’un travail avec David Linx
Oui, ça bosse ferme !
On parle aussi d’un nouveau projet, qu’elle aimerait voir développer, avec son trio, Bert Joris et un quatuor à cordes : le Spiegel Strijkkwartet. Un concert avait déjà eu lieu, fin mai à Gand. Espérons que cela n’en reste pas là...

Bref, de beaux moments en perspectives.

 

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Soleil et bonne ambiance de fête, c’est Tania Maria qui a envie de faire danser la tente.
Après un démarrage en douceur, la pianiste et chanteuse brésilienne fait monter la température. Elle est aidée en cela par le merveilleux percussionniste Mestre Carneiro. Tania Maria passe du piano au synthé et enchaîne les airs brésiliens (l’éternel «Agua de Beber») et des morceaux parfois plus «funk». A la batterie, Tony Rabeson injecte de temps à autres des couleurs un peu plus jazz.
Mais c’est la choro, la chanson et la danse qui l’emporte, Tania  arrivant même à faire chanter la salle et lui faire claquer des doigts avant de terminer sur ses succès comme «Come With Me» ou encore «Ça c’est bon».
Et c’est vrai que c’était agréable.

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Changement radical d’ambiance avec le nouveau projet de Myriam Alter.
Quelques jours auparavant, elle avait enregistré, au Gaume Festival, son nouvel album à paraître chez Enja avec le même line-up.

Et quel line-up !
La rythmique de John Zorn : Joey Baron et Greg Cohen mais aussi notre excellent soprano Pierre Vaiana, John Ruocco à la clarinette et Jacques Morelenbaum au violoncelle.
Et Myriam Alter au piano ?
Hé non ! Surprise, c’est Salvatore Bonafede qui sera durant tout le concert derrière les 88 touches.
Myriam Alter a composé tout le répertoire et restera assise au-devant de la scène à écouter son œuvre.


La musique d’Alter emprunte à la valse, à la musique hispanisante, au classique parfois, le tout influencé bien sûr par la musique juive.

Du jazz Sépharade, donc.

Tout est joué en finesse. On y ressent des bouffées d’émotions qui montent comme pour atteindre la plénitude. La musique serpente et s’enroule autour des mélodies souvent mélancoliques.
Le jeu de Joey Baron est exceptionnel, comme souvent. Il imprime un groove tout en légèreté («Still In Love»), utilisant la plupart du temps les balais ou la paume des mains.

Exceptionnel.

Ruocco est lui aussi d’une virtuosité et d’une sensibilité remarquable sur «Not So Far» ainsi que lorsqu’il dialogue avec Morelenbaum sur «I’m Telling You».

Coup de cœur du jour, pour ma part, même si je dois avouer que, sur la longueur, on perçoit un peu «les ficelles». Et l’on aimerait un peu de variation dans la construction des morceaux.
Cela arrive avec «September 11» (qui «inspire» décidément encore et toujours beaucoup de monde) et sa rage pianistique, un peu trop prévisible quand même, en introduction du morceau.
Beau et gros succès mérité pour ce sextet (ou septet, si l’on compte Myriam Alter).


Petite parlotte avec Jean-Marie Hacquier et Patrick Bivort à propos du prochain Festival Dinant Jazz Nights. Quelle programme! 10 ans, c’est pas rien!
Il ne faudra pas rater ça.

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Et c’est le final avec la divine Dianne Reeves.

Egale à elle-même, chanteuse merveilleuse qui allie aussi bien les balades que les swing nerveux avec une aisance sans pareil.
L’habituel bouquet de fleur à ses côtés et accompagnée de son trio classique : Reuben Rogers à la contrebasse, Greg Hutchinson à la batterie et Geoff Keezer au piano, Dianne met tout le monde dans sa poche en deux temps, trois mouvements.


Charisme, chant parfait (car, l’air de rien, elle ose des choses stupéfiantes), souriante, touchante… elle sait y faire. Elle alterne moments intimes et temps forts. Ses scats volcaniques suivent les balades radieuses.

Voilà plusieurs fois que je la vois en concert et, même si on sait à quoi s’attendre, on reste sous le charme.
Et côté charme, elle est restée sous celui de Georges Clooney apparemment.

Elle ne semble toujours pas être remise de cette rencontre qui lui a permis de jouer et chanter dans lefilm «Good Night and Good Luck».

Alors, quand pour terminer son show, elle chante sensuellement «One For My Baby», on craque.

 

 A+

15/08/2007

aNoo et T&T au Brussels Summer Festival

Alors, dit-on « Brussels Summer festival » ou « Euritmix » ?
Bon, apparemment, on dit « Brussels Summer Festival ».

Dimanche soir, après un week-end chargé, j’ai réussi à aller écouter, Place d’Espagne, aNoo et T&T (alias les frères Thys).

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Dans le joli chapiteau tout en bois et vitraux du Magic Mirror, c’est d’abord Anu Junnonen à la voix frêle, entourée de Tuur Florizoone à l’accordéon, d’Yves Peeters à la batterie, de Yannick Peeters à la contrebasse et de Dree Peremans au trombone qui vient nous servir ses fraîches compositions.

Avec eux, on voyage dans un pays imaginaire, entre valse, folklore pop et jazz.
La musique, souvent emprunte de mélancolie, m’évoque l’image de glaciers qui fondent. Une sorte d’abandon, même si l'on y trouve toujours un groove léger en soutien («Luckless Lands Of The North» ou «Little Girl»).

Bien qu’on sente parfois de légers fléchissements dans le chant (faut dire qu’elle ne choisit pas la banalité non plus), on reste subjugué par Anu lorsqu’elle entame a capella «Shining Hour».
Le trombone emboîte le pas et se calque sur le chant. L’accordéon vient illuminer la mélodie. La chanteuse est éblouissante dans ses vocalese.

Puis, Tuur invente le vent qui souffle.
Il invente le ressac de la mer.
On échoue alors sur les plages finlandaises qui permettent à Anu de chanter dans sa langue maternelle («Armahan Kulku»).

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Le drumming souple et groovy d’Yves Peeters fonctionne parfaitement avec le jeu vif, mélodique et enrobant de la bassiste.

Le groupe n’hésite pas non plus à chercher des pistes plus aventureuses, à se perdre dans des chemins non balisés. Ensemble, ils découpent un morceau jusqu’à le mettre en pièce pour mieux le reconstruire. Et s’offrir une musique presque dansante.
Puis, le batteur propose différents tempos en intro de «Cherry Tree» avant que le groupe ne revienne, pour le rappel, avec un étonnant mais superbe «Everybody’s Got To Learn Sometimes» de ces bons vieux Korgis.

L’album de aNoo est sorti sur le dynamique label Home Records.

Si vous n’avez pas froid aux oreilles, offrez-vous ce joli frisson.

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En deuxième partie de soirée, ce sont Nick et Toine Thys qui venaient présenter leur dernier projet : T&T.
Au contraire de ce que peut faire penser le nom de ce quartet (car c’est un quartet: Jacques Piroton à la guitare et Owen Hart à la batterie), il n’y a rien d’explosif ici.

Oh, bien sûr ça ne manque ni de nerf ni de swing, mais ici, tout est dit avec finesse et agilité.
Sans pour autant s’imposer à tout prix, la contrebasse de Nick est bien mise en avant sur certains thèmes. Mais les espaces sont bien gérés, l’esprit de groupe est prépondérant et la musique circule avec fluidité.

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Le jeu de Toine (sax) semble aussi assez apaisé. On dirait parfois du Dexter Gordon ou du Rollins. Avec, en plus, cette pointe de jazz actuel qui nous vient de New York.
Une sorte d’énergie contenue.
Est-ce dû au drumming très personnel d’Owen Hart (qui trouva mieux ses marques au fil des thèmes, d’ailleurs) ?
Au jeu de Nick qui a passé pas mal de temps dans la grosse pomme ces dernières années ?
Ou simplement au jeu vraiment exceptionnel de Jacques Piroton ?

Piroton m’étonne à chaque fois. Il possède un touché unique.
Il dose parfaitement ses effets. Jamais il ne tombe dans l’excès ni le mauvais goût (pas comme certains, à la crinière épaisse, venus d'Outre Atlantique... Suivez mon regard). Ici, ça groove, ça invente… bref, ça joue.

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Quelques ballades («Year», «Alice and Mary» (??)), un peu de blues («Strange Meeting» de Bill Frisell), une relecture assez swingante de «Viking Two» (que l’on connaît dans la version tonitruante de Rackham), un peu de calypso («Thirthy-One The Thenth» (??)), ou encore un excellent «Emergency Staircase» au groove hypnotique et tout en aspiration: voilà un beau mélange qui fait la richesse de se «nouveau» groupe.

Espérons d'ailleurs qu’ils auront encore souvent l’occasion de jouer ensemble, car lorsque l'on entend leur reprise (explosive, pour le coup !) de «It’s About That Time» de Miles, on se dit qu’ils en ont encore sous la pédale…

A+


11/08/2007

Go to Gaume !

Go to Gaume Jazz Festival.
Ahh.. j’aurais bien aimé y être. Vraiment.
Mais, j’avais déjà pris des engagements. Et puis, il y a aussi les « impondérables », comme on dit.

Voilà, je n’y serai pas. Sniff.

gaume

Dommage, j’aurais tellement voulu voir et entendre TTPKC ou le projet de Fabian Fiorini.
Espérons que d’autres organisateurs aient la bonne idée de re-inviter ce beau petit monde.

Voir Rackham, Jef Neve, Phil Abraham solo, Alien Bitesize, Myriam Alter, bien sûr, mais aussi le « deuxième mouvement » du merveilleux duo Jean-Louis Rassinfosse & Jean-Philippe Collard-Neven (dont j’ai déjà vanté les qualités
ici et ). Le contrebassiste et le pianiste présenteront leur nouvel album.

collard

Curieux d’entendre ça.
En attendant, et pour rester dans « le même style », je vous conseille l’album de Lars Danielsson et Leszek Mozdzer : « Pasodoble ».
Exercice un peu similaire à celui de notre duo belge. Une contrebasse (ou un merveilleux violoncelle sur certains morceaux) et un piano (ou harmonium et celesta). Vous voyez ce que je veux dire ?
Raffinement, dépouillement et subtilité.

pasodoble


Et puisqu’on parle de violoncelle, à Gaume il y aura aussi Vincent Courtois et Jeanne Added qu’il ne faudrait pas manquer.

Et puis j’aurais tant aimé revoir le trio Sclavis, Texier, Romano et saluer Monsieur Henry (que j’avais
interviewé pour Citizen Jazz) et dont on retrouve aussi une interview dans La Libre de ce vendredi.
Et pouvoir parler un peu à Louis Sclavis à propos de son dernier album « L’imparfait des langues » (chez ECM).

On ne peut pas être partout à la fois…


Mais vous, allez-y, il est encore temps !
Vite.


Pour ma part, je me rattraperai avec le festival
Jazz Middelheim

(Lee Konitz, Bjo, Matthew Herbert Big Band, Nils Wogram, Nick Thys et… Ornette Coleman !)

A+
 

08/08/2007

127 bis

Moins drôle.

Régulièrement , on s’émeut et on enrage à propos de ces trois chiffres suivis d’un «bis».

Un «bis» !  Comme si ça ne suffisait pas…

Le 127 c’est le «nom» du centre fermé de Melsbroek. Le 127 Bis c’est celui de Steenokkerzeel.

 
Pour ceux qui ne sont pas au courant, voilà ce qu’en dit l’Observatoire Citoyen:

Le centre 127bis se trouve à Steenokkerzeel à proximité des pistes de l’aéroport de Zaventem.

Ce centre a une capacité de 112 places. Depuis l’été 2005, le centre est entièrement  réservé pour des femmes seules, couples ou familles avec enfants.

Dans ce centre, on trouve des demandeurs d’asile en procédure ou déboutés, des sans-papiers et des “cas Dublin” (des demandeurs d’asile dont la Belgique estime qu’un autre pays membre de l’UE est responsable de l’examen  de leur demande).

Il y a trois ailes pour les familles. Ces dernières semaines, il y avait en permanence de 50 à 60 enfants dans ce centre fermé. Des enfants de tous âges et toutes nationalités.

Le centre n’est pas adapté à l’accueil des enfants:

- Les enfants dorment dans la même chambre que leurs parents.

- Une petite «salle de jeu» est accessible. Dans cette salle, 10 enfants au plus peuvent jouer en même temps. Presque aucune activité n’est organisée. Il y a 2 ou 3 animatrices pour s’occuper des enfants dans les derniers temps mais vu le nombre des enfants présents, il n’est pas possible d’organiser beaucoup d’activités.

- Les enfants ne peuvent aller à l’extérieur que 2 heures par jour et sous la surveillance d’un gardien.

- Dans la salle commune, la télévision est allumée en permanence.

- L’espace de jeu est entouré de hauts grillages et de barbelés.

- Il n’y a pas d’enseignement.

- Les enfants sont souvent témoins d’incidents entre les adultes.

-  Les enfants sont témoins de l’angoisse des adultes par rapport à leur renvoi forcé dans leur pays d’origine et de la violence qui entoure parfois les expulsions.

- Il n’y a presque aucun jouet.

(Source :  Observatoir Citoyen )

 

Dernièrement, c’est le cas d’ Angelica qui a défrayé la chronique.

127bis


Manu Hermia, que l’on connaît comme saxophoniste mais aussi pour ses engagements politiques, n’est bien sûr pas resté insensible à ce drame sordide et pourtant devenu si banal.

Avec son groupe Slang (Michel Seba et François Garny), il vient de publier un morceau où il chante sa rage et sa honte…

"Angelica, j’ai mal à mon pays" est downlodable gratuitement, ici pour qu’il soit diffusé partout et au plus grand nombre.

Alors, n’hésitez pas…

Si ça peut aider à changer un peu les choses…

Merci Manu.

A+ 

23:07 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manu hermia, politique |  Facebook |

06/08/2007

Du Jazz et du pain.

J’en parlais dans un précédent billet…
Cette fois, ça y est: «Ma» boulangerie a rouvert ses portes!

02

Ça n’a l’air de rien, mais quand on a goûté le pain de «La Normande», c’est comme lorsqu’on écoute Monk pour la première fois: après, on ne peut plus s’en passer.

Hé oui, il en est du pain comme du jazz.
Il y a celui qui est fait industriellement, qui doit tellement plaire à tout le monde qu’il en perd ses particularités.
Goût insipide, texture morne…
Nivellement par le bas qui devient la norme.
La morne norme.

Comme lorsqu’un présentateur de RTL compare Mélanie De Biasio à Norah Jones lors de la remise des derniers « Octaves de la Musique » (sorte de « Victoires de la Musique » belge… francophone. Oui, oui… rien n’est simple chez nous!). Pauvre Mélanie.
Voilà où est la référence.
Plus d’oreille, plus de goût.

01

Heureusement il reste les vrais jazzmen, les vrais musiciens… et les vrais boulanger.

Des boulangers qui cuisent le pain comme des jazzmen jouent leur vie.
Pas pour la gloriole immédiate.

La gloriole, elle finit par arriver. Question de priorité.

La Normande à 40 ans…

J’hésite à vous refiler l’adresse…

Allez… c’est à Anderlecht, Place de la Beauté. Vous ne pouvez pas vous tromper.
Si vous êtes du coin, – et je sais que certains jazzmen et photographes habitent pas loin – allez-y.

Et puis, si vous n’aimez pas le jazz, vous aimerez le pain…

23:51 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : nutrition |  Facebook |

05/08/2007

Le jazz et la java



Le jazz.

Sur la route qui me menait dans les environs de Toulouse, cet été, j’en ai profité pour écouter et re-écouter plein de disques.
La nuit, en voiture, en une petite dizaine d’heures, quand les enfants dorment, on peut en écouter des choses!

Monk-Live at the Blackhawk

D’abord, des classiques: du Monk , bien sûr («At The Blackhawk» avec cet excellent et trop peu connu trompettiste Joe Gordon, «Monk’s Dream», «Monk Alone in San Francisco», etc…), l’habituel Flavio Boltro («40°»), Lee Morgan («Search For The New Land»), Andrew Hill et l’explosif «Change», ou plus mystérieux, l’envoûtant Christian Wallumrod et son «Zoo Is Far»…

Tout ça, entrecoupé par quelques Feist («The Reminder», un peu moins surprenant que son premier et excellent album «Let It Die»), Abd Al Malik (merveilleux), Amy Winehouse ou les joyeux KMG’s !

Ha oui, aussi un peu de Mika… Oui, oui, celui qu’on entend partout. (Et qui n'a rien à voir avec le jazz...)
Faut bien que les enfants aient leur mot à dire aussi.
Finalement, c’est pas si mal ce Mika.
Influencé par Freddie Mercury, ça c’est clair, mais aussi par Gilbert O’Sullivan, Leo Sayer etc…
Pop sympa et estivale.
Bon, passons… les enfants se sont rendormis.

Je repars sur Octurn et Pierre Van Dormael avec «North Country Suite» et «Spider’s Dance» de Dupont T pour rester dans le même esprit.
Deux albums excellents basés sur une recherche en profondeur, autant complexe qu’évidente. Du groove tout en polyrythmie.
Du grand art.

Sur place: Louis Sclavis («L’imparfait Des Langues»), dialogues intéressants et mélange des genres: le jazz, le rock, la musique contemporaine, l’électro…
Assez intrigant et interpellant tout ça.
Des espaces de liberté, des échanges, des discours surprenants…Il sait y faire Sclavis.

Dans un tout autre genre: Dee Dee Bridgewater et son «retour aux sources» avec «Red Earth».
Moi qui ne suis pas vraiment un fan de la belle chanteuse (jamais été aussi énervé par un jeu de scène aussi stéréotypé et crispant - entre meneuse de revue et chanteuse de variété américaine - que lors de son passage à Gand il y a deux ans!), je dois avouer que cet album est une belle réussite.
C’est sincère, c’est superbement chanté, c’est intelligent et sensible.
Elle mêle les chants africains (avec Baba Sissoko, Sherif Soumano et autres Ramata Diakité et Oumou Sangaré - Dieu! qu’elles chantent bien!) et des standards de jazz qui trouvent vraiment bien leur place ici: «Four Women» et «Afro Blue», par exemple…
Me voilà réconcilié avec Dee Dee.

red

Une autre jolie surprise, c’est Robert Mc Gregor.
Un jeune saxophoniste américain d’origine chinoise qui vient de publier son premier disque: «Refraction Of Light».
Entre hard bop et cool, ce jeune gars a le sens de la mélodie.
Et pour son style, on le sent fort influencé par Lee Konitz ou Warne Marsh.
Il est accompagné par un excellent pianiste qui semble le pousser à aller plus loin et qui lui répond, en tout cas, avec pas mal de mordant: Miro Sprague.
Un beau quartet - car c’est un quartet - qui peut devenir intéressant à mon avis …et un pianiste à tenir à l’œil (et à l’oreille).

Bon, il y a eu encore plein d’autres choses sous le soleil du sud: Ahmad Jamal, Coltrane, Miles, Art Tatum, Mélanie De Biasio, Archie Shepp etc…

Au retour: on reprend les mêmes en y ajoutant un peu de Ornette Coleman, Andreu Martinez, David Prez, Romain Pilon, Mingus, Rackham, Chris Joris, Bill Carrothers...

et Nougaro
Toulouse oblige !



La java.

Allez, pour le plaisir et pour conclure, une chanson de l’enfant du pays qui résume assez bien mes vacances, finalement.





A+