22/06/2007

Follow The Songlines - Flagey

A l’occasion de la journée mondiale du réfugié, David Linx avait été invité avec le Vlaams Radio Orkest à créer une œuvre originale mêlant jazz et musique classique.

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S’inspirant des sons et des rythmes utilisés par les Aborigènes pour retrouver leur chemin dans le Bush, David avait réuni à son tour son fidèle ami Diederik Wissels, mais aussi la fabuleuse chanteuse portugaise Maria Joao et son compagnon Mario Laginha pour l’aider à composer cette œuvre conséquente.

A Flagey, la salle est bien garnie.
Sur la scène, l’imposant VRO, dirigé par Dirk Brossé, s’accorde.
A l’avant-plan, en bas à gauche, le combo jazz s’installe: David et Maria Joao, au micro bien sûr, et Diederik en alternance avec Mario au piano. Et puis aussi, Christophe Wallemme à la contrebasse et Helge Norbakken à la batterie.

Lors des deux premiers morceaux, aux rythmes tendus, je suis étonné par la puissance de l’orchestre.
Tellement puissant qu’il étouffe les voix des deux chanteurs.
Equilibre étrange aussi en ce qui concerne le son du piano. J’ai l’impression (et je ne suis pas le seul) qu’il joue en coulisse.
Ce n’est pas la première fois que j’ai cette sensation à Flagey. Ça gâche un peu le plaisir.

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Heureusement, par la suite, quand l’orchestre se fera plus léger et plus discret (comme dans le deuxième set sur un morceau tout en pizzicato), on profitera mieux de l’extraordinaire voix de Maria Joao.

Elle ne chante pas, elle fait bien plus.
Elle joue, elle raconte en chanson et en mime des histoires de voyages et de gens. Des histoires emplies de rires et de rage.
C’est éblouissant, prenant, émouvant.
David Linx, visiblement heureux d’être là, semble être le miroir vocal de la chanteuse.
Sans jamais forcer, ils s’échangent les scats et les vocalises.

Ensuite, le VRO joue seul un morceau qui me rappelle un peu Sibelius ou certains compositeurs russes. Les chanteurs s’intègrent alors avec subtilité dans cette symphonie d’une extrême élégance.
C’est une introduction idéale à une relecture lumineuse de «Parrots And Lions».
Moment sublime.
Le premier set se clôturera sur une note optimiste avec un furieux et éclatant «Land Of Joy».

A la reprise, après un morceau lancinant au tempo lent, David s’adresse au public, nous rappelant qu’il s’agit d’une célébration.
D’une fête.
Qu’il faut y trouver la joie et l’espoir. Mais ne pas oublier non plus les réfugiés qui cherchent leurs voies dans un monde souvent rude.
Ne pas oublier Sémira Adamu par exemple… Ce que le public semble avoir fait.
A moins qu’il n’ait pas compris, car une fois de plus, l’acoustique n’était pas des plus optimale. Un comble pour cette salle réputée pour ces qualités-là justement…

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La musique reprend sa place. Diederik et Mario partagent le clavier sur «I Will Build Myself A Nation».
Christophe Wallemme paraît un peu perdu face à la forêt de violoncelles et contrebasses de l’orchestre.
Helge Norbakken continue à montrer une belle aisance rythmique. Il joue la plupart du temps avec de grands balais (on dirait des brosses larges) qui donnent un son ample et profond à la batterie.

Standing ovation et rappel.
David et les jazzmen auraient bien joué un morceau supplémentaire, mais Dirk Brossé avait apparemment un autre avis.

Aura-t-on un jour l’occasion de réentendre ce projet, sur scène ou sur disque? Mystère.

En tout cas, ce qu’on aimerait ne plus voir ni entendre, ce sont ces chiffres nauséeux de 24 millions de réfugiés dans le monde…

A+

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