12/06/2007

Radoni-Rassinfosse-Castellucci et Folk-Tassignon

Il fait lourd.
L’orage n’arrive pas à éclater.
Le soleil se cache derrière les nuages.

Et à la Jazz Station, en cette fin de samedi après-midi, il faut chaud.

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Le public, assez nombreux, est venu se rafraîchir avec le «jazz plaisir» de Paolo Radoni, Bruno Castellucci et Jean-Louis Rassinfosse.
Pas le genre de groupe à tirer la gueule.

Les trois amis se connaissent depuis longtemps déjà, et l’ambiance est on ne peut plus décontractée sur scène.

Idéal pour écouter «Moon River», «Satin Doll» et autres «Luiza»…

La présentation des morceaux se fait à trois. Quoique, le moins loquace, pour une fois, est Rassinfosse.
A la contrebasse, par contre, il ne se prive pas de dérouler, avec verve et facilité, des improvisations et des solos d’une musicalité extrême.
Sa manière de jouer (de faire chanter sa contrebasse !) est vraiment unique. Il a un son et un style inimitables.

Castellucci, toujours aussi volubile et blagueur, est d’une efficacité précieuse, d’une précision remarquable et d’une rigueur infaillible.
Du coup, Radoni semble libéré, léger, et il peut développer un jeu d’une élégante finesse.
Pas d’effets intempestifs ici, on la joue très «traditionnel», entre Jim Hall et Wes Montgomery en reprenant d’ailleurs quelques-uns de leurs thèmes: «Two’s Blues» pour le premier et «Monk’s Shop» pour le second.

Ça swingue, ça balance, ça rigole, c’est joyeux et ensoleillé.

Je vous le disais, à l’heure de l’apéro: ce «jazz plaisir» pour démarrer la soirée, c’est idéal.

Alors, continuons la soirée.

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22h20 au Sounds, les gens commencent à arriver pour écouter le quartet de Suzanne Folk et Sophie Tassignon.

Décidemment, j’aime beaucoup cet ensemble que j’avais déjà entendu au Comptoir des Etoiles il y a quelques mois.

J’aime beaucoup, parce que, non seulement ce groupe est assez atypique, mais il possède une vraie personnalité.
Il sort des sentiers battus.

On y retrouve une vraie sensibilité (toute féminine ?) et une belle recherche créative.

Dès les premiers morceaux, le quartet impose, sans forcer, un silence respectueux dans la salle et crée une ambiance intimiste. Sorte de monde parallèle.
Parallèle au jazz, mais aussi au folk, à la pop et au classique.
Mais comment expliquer que ces parallèles se rejoignent ?
C’est inexplicable et c’est ça la magie et la force de ce groupe.

Pourquoi est-on happé par tant d’émotions et de frissons ?

Je l’ai déjà dit, mais ce mélange de violon (l’excellent Emile Verstraeten), de clarinette (Folk) et de contrebasse (Nicola Lancerotti) fonctionne à merveille.
C’est un jardin idéal pour la voix particulière et envoûtante de Sophie Tassignon.

Cette voix qui met en valeur les compositions originales chargées d’émotions, de retenues, de forces, de silences… et même de swing…

A quand un enregistrement ?


A+

Commentaires

J'adore aussi écouter Sophie Tassignon, une merveille de voix.
A bientot.

Écrit par : Micheline | 14/06/2007

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