31/05/2007

Le Jazz Marathon et une jam. (Part3 et fin)

Oh la belle affiche !
À celle de départ, se sont ajoutés les vainqueurs du «XL-Jazz New Talents»: Collapse.
Je ne vais pas revenir sur leur concert, qui fut très bon, et qui me conforte dans le choix qu’avait pris le jury.
Ce qui me frappe aussi, avec ce groupe, c’est l’aisance, le contact avec le public et la facilité d’enchaîner les morceaux.
On n’attend pas des plombes que le groupe se décide à jouer tel ou tel morceau.
C’est (presque) rôdé.
C’est ce qui manque parfois, si je peux me permettre, à certains (jeunes) groupes de jazz.
Après tout, la scène, même si c’est du jazz, c’est aussi du show.

01

Le contact facile, c’est une des qualités de Pirly Zurtrassen. Il adore raconter la genèse et les anecdotes de ses compositions.

Après «H», que je n’ai jamais eu l’occasion de voir sur scène et «Musique à Neuf», Pirly présente «Musicazur» et le répertoire de son dernier disque: «…Prend l’air».

On navigue toujours (on vole plutôt) dans le même esprit, c’est-à-dire entre jazz, folklore imaginaire, musique tzigane ou celtique avec joie et délicatesse.
Au piano, Pirly est presque effacé, laissant à Kurt Budé ou Daniel Stokart la liberté d’interpréter ses thèmes virevoltants.
Les deux souffleurs sont entourés par Tuur Florizoone et Alexandre Cavalière. L’idée de mélanger accordéon et violon ne semble pas évidente au départ et pourtant, le résultat est tip-top.
Pirly abandonnera même son piano, le temps d’un morceau, pour accompagner ses amis à l’accordéon.
Il faut souligner aussi l’excellent jeu de percussions de Fred Malempré tout au long du set, ainsi que Piet Verbiest à la basse très … musicale.

Voilà déjà deux beaux moments sous le soleil…

Et la suite ne sera pas décevante.

02

Je les avais raté lors du Festival Jazz à Liège, et je fus heureux de les voir sur la Grand Place ce dimanche : Ruocco – Rassinfosse – Simtaine.
Du costaud.
Fort de leurs retrouvailles qui ont donné naissance à un album, «Ghost Of A Chance», sorti récemment, nos trois icônes du jazz belge (mais oui, Ruocco est belge, allons allons…) nous ont offert une belle relecture de quelques standards.
«What I’ll Do», «Sweet Lorraine» ou encore «I’m Getting Sentimental Over You» sont interprétés avec un bel aplomb et présentés avec beaucoup d’humour.
Jean-Louis Rassinfosse est fidèle à lui-même: basse hyper mélodique et nerveuse. Felix Simtaine frappe sèchement ou sensuellement ses fûts avec précision. Et John Ruocco est à la fois lyrique et concis: attaques sèches et développements tout en subtilités.
Aaaah, le beau trio jazz que voilà…

03

Changement de style à nouveau, avec l’excellent projet «Rajazz» de Manu Hermia .
La fusion entre les ragas indiens et le jazz modal n’empêche pas la pluie de s’inviter au concert.
Cependant, le public reste.
Il faut dire que la musique de ce groupe a quelque chose d’envoûtant de par son développement tout en intériorité et ses dénouements explosifs.
«Indian Suite» ou «Rajazz» sont deux thèmes magnifiquement écrits où peuvent s’exprimer avec beaucoup de liberté Lieven Venken (dm) qui alterne fougue et retenue, Erik Vermeulen dont vous savez déjà tout le bien que j’en pense et Sam Gerstmans, de plus en plus à l’aise dans cette formule, et qui assure un max à l’archet, preuve – s’il fallait encore le démontrer – qu’il fait partie des grands bassistes belges.

Le concert se termine sous une pluie qui redouble d'intensité.

On craint un peu pour la suite de la soirée.

04

Mais les pirates du jazz que sont Rackham font reculer le crachin et les gros nuages.

Le tonnerre est sur la scène !

Ce soir, Toine Thys et ses flibustiers nous la jouent plus rock encore que d’habitude.
L’énergie et le punch ramènent devant le podium le public qui s’était abrité sous les arcades de la maison communale.
Laurent Blondiau et Toine monteront en puissance tout au long du concert.
Il faut dire que derrière, ça «envoie».
Benjamin Clément met le feu avec des solos de guitares puissants, François Verrue (eb) et Teun Verbruggen, qui cassera plus d’une baguette ce soir, assènent un beat d’une virilité phénoménale.
«Spine», «Juanita K.», «Viking 2» ou «Schmoll» emportent tout sur leur passage…

Rappel obligatoire… même si l’horaire est dépassé.

08

Je décide d’aller prendre un simple dernier verre au Kûdeta où est organisé une jam.
Juste un verre, promis…

Je n’en sortirai que vers 4h.

Il faut dire qu’on retrouve dans ce sympathique et étroit établissement, plein à craquer, Michael Blass, Ben Ramos, Christophe Astolfi, Etienne Richard, François Garny, Cedric Raymond, Bilou Donneux que rejoindront ensuite Robin Verheyen, Manu Hermia, Lieven Venken, Toine Thys, Renaud Crols, Teun Verbruggen etc…

06

On y verra aussi la bande à Mélanie De Biasio: Pascal Mohy, Pascal Paulus, Axel Gilain, mais aussi Sergio, Rosy, Jacobien, Mariana Tootsie, Manolo Cabras, Marek Patrman, un talentueux et sympathique trompettiste américain que je ne connaissais pas: Rolf Langsjoen, arrivé récemment à Bruxelles, ou encore l’incroyable guitariste espagnol Andreu Martinez qui avait joué la veille (et que je n’ai pas vu…) avec son groupe sur la place d’Espagne (et à l’écoute de son disque, je le regrette).

Bref, j’oublie certainement plein de monde.
Ça joue, ça transpire, ça rigole, ça discute… quel beau final.

07

Du jazz comme celui-là, on devrait le retrouver multiplié par dix aux quatre coins de la ville pour le prochain Jazz Marathon.

Hummm… je me répète il me semble.
Je vais me reposer un peu.

05


A+

30/05/2007

Le jazz Marathon et un vainqueur (Part2)

Sur la place Fernand Cocq, les premiers spectateurs arrivent par petites grappes pour écouter les trois jeunes groupes qui concourent cette année au «XL-Jazz New Talents».

Au-delà d’un léger mal de crâne qui se dissipe et qui me rappelle que la soirée de la veille fut riche, j’ai dans la tête l’idée qu’un des favoris pourrait être le trio de Ben Prischi.

Mais en jazz, comme en football, rien n’est jamais joué d’avance.

05

C’est le quartet du guitariste Laurent Melnyk qui a la lourde tâche de débuter.
L’option choisie est un jazz modal laissant pas mal de place à chacun des musiciens pour improviser sur de longs solos.
Trop longs parfois.
Bien que le leader, David Devrieze (tb) ou Felix Zurstrassen (eb) développent un jeu de haute qualité, il y manque parfois un poil de folie, de surprise.
Du coup, j’ai l’impression que les différents morceaux ont tendances un peu à se ressembler.
Pourtant, l’ensemble est cohérent et possède un beau potentiel. Julien Loutelier à la batterie, par exemple, m’a pas mal plu dans un jeu délicat.
Mais évidemment, quand on est dans un jury, on juge. Alors qu’on aimerait que tout le monde soit ex-aequo.
Finalement, c’est pas plus confortable que d’être sur scène.

Sur scène, justement, monte Ben Prischi entouré de Felix Zurstrassen, à nouveau, et de Guillaume Palomba (dm).
Connaissant et appréciant ce trio, je m’attendais à un set brillant.
Je suis un peu resté sur ma faim.
Il y avait comme une légère distance entre les musiciens et le public. Le set fut assez « classique », moins « fougueux » que ce que propose le trio habituellement.
Vers la fin pourtant, on les sentait un peu plus libérés. Prischi déstructurant quelques thèmes et montrant un talent pianistique indéniable que j’adore.
Palomba développe, lui, un jeu tout en nuances.
Piano et batterie se suivent, se relancent, et une belle alchimie naît toujours entre eux.

06

Ce fut ensuite au tour de Collapse , que je pensais un peu déforcé par l’absence du Jean-Paul Estiévenart, de nous offrir une belle surprise.
Ici, on sent plus de maturité dans le projet. Une énergie communicative aussi.
Le groupe ne s’enferme jamais dans une seule voie.
Au contraire, ils jouent sur les ruptures rythmiques et osent les mélanges. On y retrouve des influences de musiques slaves, de Mingus (leur manière de jouer «Fables Of Faubius» est une belle réussite), de Ornette Coleman ou d’Henry Texier peut-être…

C’est donc Cédric Favresse (as), l’excellent Tom Callens (ts), Lieven Van Pee (b) et Alain Delval (dm) que l’on retrouvera le dimanche en ouverture des concerts des Lundis d’Hortense sur la Grand Place.

Mais nous aurons encore l’occasion d’entendre ses trois groupes le 26 juin au Sounds.
Notez déjà cette date et venez nombreux, ça vaut vraiment la peine.

08

Direction «centre».
Dans un nouveau bar branché où l’on fume le narguilé, étendu sur des coussins, le Pure Bar accueille Bo Van Der Werf et Nelson Veras.
Choix judicieux.
La musique du duo est à la fois mystique et atmosphérique basée sur une métrique mouvante que maîtrisent à la perfection les deux musiciens.
Bo déroule de longues phrases, parfois abstraites, au sax baryton, sur lesquelles Nelson parsème des accords improbables d’une légèreté magique.
Ambiance, ambiance…

Avant d’aller écouter Marc Lelangue sur la Grand Place, je fais un détour au Café Orts, au coin de la rue Dansaert, pour voir Louis Favre Trio.
L’image est assez surréaliste : le groupe joue presque sur le trottoir, devant la terrasse ouverte.
Il s’agit principalement de standards jazz (pour ce que j’en ai entendu) avec un petit côté soul des années ’60.
Le Fender Rhodes doit y être pour quelque chose.
Sympathique.

07

Sur la Grand Place, l’excellent blues de Marc Lelangue résonne.
Avec la voix grave et puissante, le guitariste reprend les meilleures chansons de Ray Charles.
C’est chaud, c’est bon.
Il est entouré d’une fameuse équipe qui n’a pas son pareil pour faire bouger les foules : Daniel Roméo, Patrick Dorcéan, Alain Palizeul, Laurent Doumont etc…
En plus de cela, il y a deux merveilleuses choristes: Nina Babet et Chantal Kashala.
Endroit idéal pour fêter au champagne (ben oui,… on sait vivre!) l’anniversaire d’une amie.
Et ce n’est pas «Hit The Road Jack» qui me fera partir.

Je tente une incursion au PP Café pour entendre Fred Delplancq. Impossible d’entrer, c’est bondé.
Et finalement, je me rends compte que Fred jouait la veille au PP : ce soir, c’est Freefunk

Au Falstaff, ce n’est pas non plus Paolo Radoni qui joue.
Mais ici, ce n’est pas une erreur de ma part : il y a eu, semble-t-il, un changement de programme de dernière minute.
Finalement, ce n’est pas si grave, car l’accueil est plutôt étrange. En effet, on repousse les gens qui sont «dans le passage» ou qui sont assis par terre.
Ici, c’est assis à table ou basta.
Alors basta.

09

Au Sounds, bourré comme un œufs, tout le monde peut entrer par contre (s’il y arrive).
Coup de chapeau aux serveuses qui se fraient un passage pour servir les clients avec le sourire.
Voilà l’esprit de fête du jazz.

La fête, c’est aussi Daniel Romeo qui la mène avec son funk endiablé.
Ce soir, il a invité Rosario Giuliani et Eric Legnini.
Quelle énergie, quelle folie.
Ça joue à fond !
Roméo est toujours partant pour relancer la machine et les souffleurs ne sont pas les derniers à emboîter le pas.
Olivier Bodson déchire à la trompette et Laurent Doumont (entre boogaloo et soul) rivalise avec Giuliani.
Erwin Vann montera sur scène le temps d’un set pour participer à ce feu d’artifice.
Il faut dire que la rythmique est solide (c’est rien de le dire) : Adrien Verderame en batteur infatigable et Nicolas Fiszman en guitariste fou sont toujours sur le coup.
Et que dire des aller-retour entre Legnini et Michel Bisceglia aux Rhodes…
Un pur bonheur.

10

Du jazz comme celui-là, on devrait le retrouver multiplié par dix aux quatre coins de la ville pour le prochain Jazz Marathon.

Près de quatre heure, il n’a pas plu.
Tant mieux : entre deux sets, on était tous dehors.

Demain, on continue.

A+

28/05/2007

Le Jazz Marathon et une leçon. (Part1)

Bon, si vous le permettez, mon marathon, je vais vous le raconter en plusieurs étapes.
Il faut savoir ménager l’organisme après une telle orgie…

01

Vendredi 27, Grand Place, le monde afflue pour assister au premier concert du Jazz Marathon 2007.
Le soleil (qu’on avait pourtant prévu aux abonnés absents) est de la partie. Pour combien de temps ? Suspens…

Sur scène, le trio de Fabien Degryse, avec Bart De Nolf à la contrebasse et Bruno Castellucci à la batterie.

La musique est chaude et sensuelle. Couleur un peu bossa mâtinée de blues, le trio propose la plupart des morceaux qui se trouvent sur le récent album : «The Heart of the Acoustic Guitar».
On remarque toujours la belle fluidité de jeu de Fabien, les interventions profondes de Bart De Nolf et le drumming précis de Castellucci.
Fabien enchaîne «Dream And Goals», l’excellent «Da Ann Blues» ou encore la suite «Away From Your Love – It’s A Long Jorney – Back Home» avec une belle élégance.
Un beau moment de bonheur simple qui place le week-end sur une bonne voie.

Direction Place Ste Catherine.
Autre son de guitare : c’est celui de Greg Lamy.
J’arrive pour les deux derniers morceaux, dommage. Il me semblait pourtant que le groupe aurait eu encore le temps de jouer avant de laisser la place à Soul and Soul Band.
J’aime bien la nouvelle mouture du quartet de Greg : ce mélange bop au parfum de musiques antillaises (pas dans la «construction», mais dans le son que Greg donne à sa guitare : un effet «steel drums» des plus judicieux).
Il est entouré par de solides musiciens français : Gauthier Laurent (b), Jean-Marc Robin (dm) et surtout David Prez (s) qui vient de sortir son premier album chez «Fresh Sound New Talent» avec Romain Pilon, Yoni Zelnik et Karl Jannuska.
Je vous le conseille déjà.

Je discute un peu avec les quatres gaillards en écoutant le groupe Soul And Soul Band dans lequel Lorenzo Di Maio (g) a remplacé Marco Locurcio pour l’occasion.
Comme son nom l’indique : c’est de la soul. Tendance parfois funk ou R&B de très belle facture. Santo Scinta impose une pulsion énergique et parfaite tandis que les interventions de Didier Deruyter à l’orgue Hammond rehaussent encore un peu plus le côté dansant et chaloupé de l’ensemble.

Mais je ne m’attarde pas plus et je vais Place d’Espagne écouter Raffaele Casarano.

02

Ça groove bien.
Le piano d’Ettore Carucci est fougueux, la contrebasse de Marco Maria Bardoscia est lourde et Alessandro Napoli imprime un rythme bien senti.
Je préfère d’ailleurs le groupe lorsqu’il prend cette option plus musclée que lorsqu’il déroule un jazz plus traditionnel, fait de balades un peu légères et parfois trop romantiques à mon goût.
J’aime bien le jeu du pianiste quand il se fait incisif avec quelques inflexions monkiennes : Raffaele n’en est que plus explosif.
Pas le temps de discuter avec les musiciens comme promis car je fonce à la Jazz Station pour écouter «Love For Trane».

04

Ce projet, initié par Yannick et Nico de la Jazz Station, n’a rien à voir avec celui qui sera proposé à Gand au Blue Note Festival, comme je l’avais écrit. (Vous me laissez écrire n’importe quoi ! Heureusement qu’Erik Vermeulen m’a remis dans le droit chemin ! …pour une fois… :-) )
N’empêche, il serait dommage que ce projet n’aille pas plus loin que les deux concerts donnés lors de ce Jazz Marathon.

Pour rendre hommage à Coltrane sans tomber dans les platitudes, Bart Defoort a eu la bonne idée d’inviter Jereon Van Herzeele.
L’eau et le feu, en quelque sorte.
Deux facettes du saxophoniste.
Ajoutez à cela Nic Thys à la contrebasse, qui m’a vraiment «scotché» ce soir, Marek Patrman à la batterie et Erik Vermeulen, au piano et vous pouvez vous imaginer le niveau qu’on est en droit d’attendre de cette bande-là.
Hé bien, on n’a pas été déçu !
L’esprit Coltrane était bel et bien présent. Avec, en plus, toutes les influences du jazz d’ «après Coltrane».
Allons-y pour des relectures éblouissantes, étonnantes, bouillonnantes et fiévreuses de quelques-uns des «tubes» du Grand John.
Ce fut incroyable de swing, de groove, de force et de profondeur.
Nic Thys fut impérial, jouant autant sur les longueurs de notes qu’avec une force brute. Et Marek fut plus jazz que jamais, n’oubliant jamais les éclats surprenants dont il est capable.

Les deux saxophonistes se complètent merveilleusement. Il y a une dynamique qui s’installe et un chemin qui s’ouvre au fur et à mesure que le concert avance. On va toujours plus haut, toujours plus loin.
On ressent un véritable esprit de groupe.
Ce n’est pas pour rien qu’ils jouent resserrés au milieu de la scène. Tout acoustique.
Tout acoustique… mais qu’est ce que ça sonne !
Ce n’est plus un hommage, ça va bien au-delà.
Quelle Leçon…

03

Du jazz comme celui-là, on devrait le retrouver multiplié par dix aux quatre coins de la ville pour le prochain Jazz Marathon.

Je termine ma soirée à discuter avec le groupe jusqu’aux petites heures. Le Sounds et Daniel Romeo, ce sera pour demain.

Dehors il pleut.
On s’en fiche, il fera sec demain !

A+

22/05/2007

Brussels Jazz Marathon 2007 - A vos marques!

Amis sportifs, bonsoir.
Nous voici à quelques jours du départ du 12ème Brussels Jazz Marathon, il est donc grand temps de faire une reconnaissance du parcours.

Je vous livre le mien.

marathon

Vendredi
18h30, trois départs possibles : Grand Place avec le trio de Fabien Degryse, le Sablon avec Pascal Mohy et Place Sainte-Catherine avec Greg Lamy
Voilà qui n’est pas simple.
Que faire? Tirer au sort? Voir un peu l’un, un peu l’autre? Je déciderai sur place.
Heureusement, j’ai déjà vu ses groupes plus d’une fois.
Alors, pourquoi pas Vilu Veski à la Place d’Espagne?

Ensuite, un peu de Jef Neve sur la Grand Place à nouveau, avant de reprendre la direction de la Place d’Espagne pour écouter Raffaele Casarano Quartet.

Puis, il y a neuf chances sur dix que j’aille à la Jazz Station écouter le nouveau projet de Jereon Van Herzeele, Nic Thys, Erik Vermeulen, Bart Defort et Marek Patrman: «Love For Trane».
Ça devrait valoir le coup! (Ce projet sera présenté aussi cet été au Blue Note Festival à Gand.)

Et pour finir: Daniel Romeo Band au Sounds (si, si… il y aura encore du monde, j’en suis sûr). Avec Eric Legnini en invité ! (Et samedi ce sera Rosario Giuliani)…

Samedi
Un peu avant 16h. et jusque 19h30 je serai Place Fernand Cocq pour écouter les trois candidats au concours XL-Jazz: Laurent Melnyk Quartet, Ben Prschi Trio et Collapse
Faudra les départager ceux-là… ben oui, je suis dans le jury…

Retour dans le centre.
Hôtel Orts: Louis Favre avec Manolo Cabras et Giovanni Didominico, puis au Pure Bar pour Bo Van Der Werf et Nelson Veras et ensuite le PP Café pour Fred Delplancq Quartet en alternance avec Paolo Radoni au Falstaff…
Après, on improvise… en regrettant d’avoir raté Eve Beuvens, Philip Catherine, Sabin Todorov, Peter Jaquemyn, Christophe Astolfi et tant d’autres…

Dimanche
Aucune excuse ne sera acceptée : il faut être sur la Grand Place !
Musicazur, avec Pirly Zurstrassen, Alexandre Cavalière, Daniel Stokart et autres.
Puis Ruocco – Simtaine – Rassinfosse… Tout est dit.
Rajazz de Manu Hermia et Rackham de Toine Thys: deux immanquables !

Bien sûr, il y aura bien une jam ici ou là avant de passer la ligne d’arrivée de ce marathon épuisant.

Alors, on y va ?

A+

23:52 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jazz marathon |  Facebook |

20/05/2007

Singers Night au Derviche

02
Pour terminer mon «samedi jazz» (la semaine dernière), je suis allé à la première Singers Night du Derviche.

Hé oui, dans cette «nouvelle» taverne située dans le quartier de l’ULB à Ixelles, Natacha Wuyts tente le pari d’ouvrir une fois par mois la scène aux chanteurs et chanteuses de jazz.
(Sans oublier d’organiser également au même endroit des concerts jazz «classiques»: Christophe Astolfi, 4 In 1, etc…).

Bon, il y a encore quelques petits réglages à faire au point de vue acoustique (l’endroit est assez neuf), car l’équilibre entre voix et musiciens n’était pas vraiment optimal.
Surtout pour une voix douce et sans trop de puissance, comme celle de Véronique Hocq, qu’on entendait à peine…
Natacha Wuyts, qui chante dans un autre registre, s’en sortira mieux.

Mais tout cela s’est finalement bien mieux terminé quand Mariana Tootsie et Adib ont investi la scène avec David Devrieze, Alexandre Cavalière et Simon Girard pour une jam bouillonnante.

Tenez à l’œil l’agenda, voilà encore un endroit où il pourrait se passer des choses intéressantes.

A+

01:36 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le derviche, singers night, natacha wuyts |  Facebook |

Mariana Tootsie - Jazz Station

Quand j’arrive à la fin du premier set, samedi dernier à la Jazz Station, je suis un peu surpris par le style de musique que propose Mariana Tootsie.
Agréablement surpris.

01

Je m’attendais à un jazz plutôt swinguant et j’ai eu droit à du jazz-pop. Voire du folk.

Il faut dire qu’elle était entourée du guitariste Patrick Deltenre et du pianiste Philippe De Cock, assez habitués à la scène pop ou de variété (Maurane, Axelle Red, etc…).

Le répertoire et les arrangements sont donc assez pop/folk, bien sûr, ce qui n’empêche pas le trio d’interpréter quelques standards de jazz, comme «Fine And Mellow» par exemple, de manière très, très bluesy pour le coup…

Ce qui renforce cette impression est sans doute dû aussi à l’accompagnement à l’harmonica de Philippe De Cock, qu’il alterne avec le piano.
Alors, on voyage parfois vers la New Orleans de façon très roots et très «canaille» et parfois, on dévie vers la ballade légère, mélancolique et assez «smooth», comme pour «For The Time Being» de Bert Joris.

La voix de Mariana Tootsie me fait penser parfois à Joni Mitchell ou à Rickie Lee Jones.
Mais elle sait aussi se faire grave, veloutée et sensuelle sur une version très personnelle de «My Baby Just Cares for Me» au swing tout en retenue.

Patrick Deltenre est vraiment dans son élément et ses solos, précis et souples, sont souvent brillants.

On est donc dans de la pop-jazzy très tendre et parfois à la limite du «trop doux».

Et comme pour affirmer ce parti pris «pop», le trio nous offre une chanson de Noa après avoir fait ressortir le côté «soul» de la célèbre chanson de Prince : «Kiss».

Mariana s’amuse sur scène.
Elle s’amuse aussi avec les étiquettes.
La preuve: avec Ivan Paduart, Manu Katché et Richard Bona - excusez du peu – elle a enregistré un album assez… pop, qu’on entendra un jour, espérons-le, dès que le groupe aura trouvé un label.

A suivre, donc…


A+

16/05/2007

Giovanni Falzone - Meeting at Citizen Jazz

Il y a quelques mois, je vous avais parlé du concert de Giovanni Falzonne au PP Café.
Il est temps de parler du disque.

coperttina_paris

Rien de plus simple, allez lire ma chronique parue cette semaine sur Citizen Jazz.


A+

18:45 Écrit par jacquesp dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citizen jazz, giovanni falzone |  Facebook |

14/05/2007

Diederik Wissels à Flagey

Le week-end dernier, après le festival de jazz à Liège, je m’étais promis: «Cette semaine, pas de concert!».
Un peu comme je dis chaque matin: «Ce soir, tôt au lit.»

Autant dire que c’est le genre de promesse que je n’arrive jamais à tenir.
Et jeudi dernier, j’ai craqué.
Une invitation et hop, je me suis retrouvé à Flagey pour le concert solo de Diederik Wissels.
Résister? Impossible!
Bien sûr j’avais vu dernièrement Diederik à Strombeek. Mais c’était juste avant la sortie de son disque Together (piano Solo).

01

J’ai remarqué une chose ce soir, c’est que le jeu du pianiste se dirige toujours vers la lumière.
Comment dire?
Oui, voilà: les moments les plus intimistes, les plus mélancoliques, les plus sombres se terminent souvent de manières très positives, très ouvertes.

Cela se remarquait aussi ce soir dans l’éclairage très restreint du début qui se terminait de façon plus intense.

Après avoir entamé la soirée avec un thème très intime et romantique, Wissels fait gronder le piano.
On imagine la tempête qui fait claquer les vagues contre les rochers. Il frappe le clavier à la manière, peut-être, d’un Keith Jarrett, faisant résonner autant les cordes que les silences.
Diederik construit, détruit, improvise et nous emmène finalement dans une ballade groovy…
Etais-ce «Bridges Built And Burnt»?
Je le pense.

Ensuite, avec une version éblouissante de «Afterthough», Diederik nous fait oublier ce maudit grincement de pédale de piano, seule (grosse) faute de mauvais goût ce soir.
Grand prince, le pianiste feindra de ne jamais l’entendre.

Les escapades joyeuses alternent avec des moments plus sobres. La main droite s’envole plus d’une fois dans des combinaisons d’une légèreté incomparable.

La main gauche n’est pas en reste. Sur «Braggtown Boogie», qui est un peu le cousin de «Raggin‘» sur l’album «One Heart, Three Voices» avec David Linx, on la retrouve martelant un ostinato soutenu et profond.

Le musicien explore différents aspects du jazz, en titillant le «stride», en caressant le «blues» et en excellant dans les valses.

Avant les deux rappels bien mérités, on aura droit à une version sensible de «Along Goes Betty», à moins que ce n’était «Song Of You»?

02

Diederik semble tellement à l’aise et heureux, seul derrière son piano, que je suis prêt à parier qu’il renouvellera l’expérience encore et encore… et qu’un autre disque en solo – plus tard - n’est pas à exclure.
Ok, c’est vrai que je ne prends pas trop de risques à oser ce pari, puisque l’info me vient directement de Diederik.
Mais ne soyons pas trop pressé, et profitons «together» encore de ces très beaux moments.

A+

23:29 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diederik wissels, flagey |  Facebook |

09/05/2007

Jazz à Liège 2007

Le coup d’envoi des festivals d’été (ben oui, c’est presque l’été) est donné comme d’habitude à Liège.
17ème saison.

Alors voilà, je vous livre mes premières impressions. (Un article plus conséquent suivra sur Citizen Jazz)

00

Dans le Palais des Congrès, on a fait un petit effort du côté du bar, qui, avant ressemblait plus à un bar d’étudiants qu’autre chose, pour le rendre plus cosy, plus sympa, plus accueillant.
La signalisation est plus claire aussi.
Quant au programme, il oblige toujours à faire des choix. Ou bien, à aller picorer à gauche et à droite pour tout voir ou… ne rien voir.
Ce n’est pas toujours drôle pour les spectateurs et encore moins pour les musiciens qui doivent subir des «transhumances» entre deux morceaux…

J’ai donc fait mes choix en faisant aussi l’impasse sur certains concerts, malheureusement.


Vendredi, je roule vers Liège en écoutant le dernier album de Louis Sclavis : «L’imparfait des langues». Brillant. (Faudrait que je fasse écouter ça à Ben Sluijs car il y a quelques passages qui pourraient le faire sourire…)

Sur place, je discute un peu avec Yves Budin, puis je vais écouter le Big Band de Liège qui fait la fête à Sadi. Ce soir, Sadi c’est Guy Cabay.
Le vibraphoniste est parfait… le Big Band, un peu court par moments.

J’échange quelques mots avec Jos Knaepen, fidèle au poste, puis avec Pascal Noël, venu présenter le dernier album de Phil Abraham.

Dans la Salle des 1000, je vais donc écouter «Jazz Me Do».
En tant que fan des Beatles, je me dois d’entendre ça, même si je n’avais pas trop aimé le premier opus.
Hélas, je n’accroche pas plus cette fois-ci (désolé Pascal, désolé Phil).
Pourtant, Jacques Piroton et Fabrice Alleman sont vraiment excellents.
Mais ce projet,non vraiment, c’est pas pour moi…


Je me dirige vers la grande Salle des Fêtes pour écouter Electro Deluxe dont on dit beaucoup de bien dans l’hexagone.
C’est sympa. C’est électro (bien sûr), c’est groovy, c’est funk et parfois un peu rap avec l’apport de HKB Finn (déjà entendu chez Ntoumos).
On pense parfois à Soulive… mais la recette est un peu trop connue. Rien de bien neuf, en fait.
Bien moins excitant qu’un Ntoumos ou un Darwin Case des années précédentes.

Et, du coup, j’ai raté Ruocco-Rassinfosse-Simtaine…grrr… Je m’en veux.

02

Dans la petite salle du milieu, là par contre, ça décoiffe: Wrong Object!
Un groupe brûlant et puissant qui revisite à sa manière Zappa, Soft Machine et toute la tendance jazz-rock progressif.
Compos personnelles ou reprises, le groupe se donne à fond.
Michel Delville est époustouflant et Fred Delplancq (que je ne connaissais pas dans ce registre) est explosif.
Coup de cœur!

01

Dans la grande Salle, David Sanchez, malgré un sacré pedigree, restera trop sage à mon goût.
Il n’y a rien à dire: tout est impeccable. C’est super bien joué, c’est pro, c’est propre.
Sanchez déroule ses impros et le guitariste Lage Lund est virtuose, en effet, …mais… il ne se passe décidemment pas grand-chose.

Vers minuit, Octurn déballe sa musique.
Et là, c’est toujours aussi fascinant.
On y voit l’avenir…
C’est le deuxième très bon moment de la soirée.

03

Je descends au Bar des Congressistes, où je rencontre Jules Imberechts, pour écouter la fin du concert de Peas Project. Drôle, funky en diable et survitaminé… Voilà des mecs qui savent faire la fête.

Vers 2 heures, je rentre sur Bruxelles en écoutant cette fois «Rykestrasse 68» de la subtile et délicate Hanne Hukkelberg... Zen.

Deuxième jour, je remonte à nouveau vers Liège avec, dans le lecteur, «Favorite Worst Nightmare» des Arctic Monkeys entamé plus tôt dans la journée et les «Sonates de Scarlatti» par la pianiste Patricia Pagny… le grand écart, quoi.

04

Je rencontre mes amis Piet et Mwanji et je me dirige vers la petite salle pour écouter Charlier-Sourisse.
C’est toujours aussi bon!
Malheureusement, je n’entendrai pas tout car je voulais absolument voir l’immense Dave Douglas et son «Keystone Project» que j’avais pourtant déjà vu aussi à l’AB l’année dernière.

05

Ici, pas de déception.
L’énergie, la qualité de jeu, les compos, les impros… tout est excitant. C’est inventif, c’est neuf, c’est… vraiment bien.

06Timing parfait pour aller re-écouter «Rajazz» de Manu Hermia.
Très fort Manu. A la flûte, au soprano ou à l’alto, il y met une âme peu commune.
Quel beau projet. Sensible et rageur à la fois.
Vraiment de très haut niveau…
Et je ne vais pas vous redire à nouveau tout le bien que je pense des musiciens qui l'accompagnent.

Je vais ensuite écouter quelques notes, dans une salle archi comble, de E.S.T.
Je les ai vus de nombreuses fois et j’ai l’impression qu’ils tournent en rond.
Toujours les mêmes plans, toujours la même recette.

07

Dans la Salle des Fêtes, j’assiste au concert de Brewed By Noon de ce batteur fou qu’est Sean Noonan, avec Marc Ribot, Jamaladeen Tacuma, Mat Manieri etc...
Du beau monde, non ?
Mélange énergique (le mot est faible) de jazz, de musique Africaine et de rock.
On pense parfois à la fougue d’un John Zorn, mais ici, au lieu de musique juive, c’est la musique celtique que cet Irlandais-Américain revisite et fait éclater en mille morceaux.
Excitant… et épuisant.
Il aura bien marqué les esprits. Et ce n’est pas Yves Budin, qui m’a envoyé une illustration inédite (il ne devient pas «chic» mon blog avec des illustrations originales… humm ??!), qui me dira le contraire.
Merci Yves.

010

Fatigué, je n’ai pas le courage d’écouter attentivement Fabian Fiorini et Jan Rzewski et je le regrette, car cela me semblait d’un niveau exceptionnel…

Et voilà, je me retrouve enfin au bar…
Ouf…
Je discute un peu avec Jean Mallamaci, Pascal Mohy, Robert Jeanne, Nicola Lancerotti, Jean-Paul Estiévenart, Lorenzo Di Maio, Laurent Delchambre, François Descamps, Daniel Stokart et plein d’autres…

Et je termine ma soirée avec Bojan Z, Manu Hermia, Lieven Venken et Louis Winsberg

Quatre heures, je rentre.
J’écoute «The Zoo Is Far» de Christian Wallumrod. Ambiance baroque et fantomatique sur une autoroute déserte.


A+

05/05/2007

Octurn à la Jazz Station


04

Octurn enchaîne projets sur projets ces derniers temps.
Après l’excellent «21 Emanations» avec Dré Pallemaerts et déjà, Magic Malik, le groupe a sorti «North Country Suite» sur des compositions de Pierre Van Dormael.
Et les voilà déjà maintenant à voguer vers d’autres aventures.

Cette foi-ci, Malik a pris un peu plus de place encore et le groupe a accueilli aussi Nelson Veras

Pour «roder» l’ensemble, Octurn s’est offert une résidence à la Jazz Station pour quelques jours.

Je suis allé écouter un des concerts ce mercredi dernier.

01

J’avoue ne pas avoir toujours suivi, ni compris la musique d’Octurn à une époque. Si tant est que «comprendre» la musique veuille bien dire quelque chose…
Donc, je rectifie: je n’ai pas toujours ressenti la musique d’Octurn à une époque.
Trop complexe, froide ou distante.

Mais voilà que depuis quelques mois (années), je trouve la démarche du groupe des plus intéressantes actuellement.
Est-ce le fait que le groupe sonne vraiment comme une entité?
Qu’Octurn semble savoir où il a envie d’aller?
Est-ce l’arrive de Malik qui lui donne du «liant» ?

Toujours est-il que je ne reste pas insensible a cette musique, complexe certes, mais tellement captivante.

La musique d’Octurn me paraît plus ramassée, plus concise. On y retrouve toujours cette fluidité, ces espaces et ces évolutions lentes qui, cependant, ne se diluent plus comme lors du concert au Bozar en mars 2006.
Et j’avais, par la suite, déjà beaucoup aimé le prestation suivante au Sounds en juin de la même année.

Le concert de ce soir devait me conforter dans cet esprit.

02

Le premier morceau est, comme à l’habitude, très évolutif. Le groove complexe s’installe peu à peu. Veras dépose quelques lignes harmoniques… «organiques».
La basse profonde de Jean-Luc Lehr se conjugue parfaitement au drumming impeccable de Xavier Rogé (qui «remplace» pour cette tournée Chander Sardjoe).

Ensuite, sur les pas d’une valse désabusée, les souffleurs rendent la mélodie incertaine.
Gilbert Nouno, capte, filtre, trafique les sons des instruments et les redistribue avec ingéniosité.
La musique est toute en relief et profondeur. Elle navigue sur plusieurs niveaux rythmiques et harmoniques. On sent comme des vagues, comme des ondulations qui s’entrecroisent.

Jozef Dumoulin au Fender Rhodes lance des phrases aux effets parfois stridents.
Ses improvisations sont toujours étonnantes. A la fois «free» et parfois «soul» ou «churchy».

Malik chante dans sa flûte.
Un chant fantomatique, lunaire.

L’ensemble est mouvant, riche, parfois groovy et, comme sur le dernier morceau du premier set, presque funky.
Il y a toujours ce mélange d’improvisations collectives complexes et de lignes rythmiques claires qui rendent le projet unique.
Octurn joue sur les tensions et les apaisements.
On ne peut y rester insensible.

03

Sur un autre morceau (la plupart, ce soir, sont de Bo Van Der Werf ou de Malik), une sorte de «lullaby» étrange, Fabian Fiorioni à l’instar de Veras précédemment, égrène les notes de façon très scintillantes. À la fois brutales et nerveuses, mais aussi pleines d’amplitudes. Entre classique et contemporain.

Malik intervient à nouveau au chant, mais c’est surtout Guillaume Orti qui improvisera de manière très physique. On le sent véritablement investi par la ferveur.

Bien qu’il intervienne de manière ponctuelle et avec beaucoup de sensibilité (comme lors de son solo en début de concert), j’ai l’impression que Laurent Blondiau, à la trompette «muted», vient plus souvent en soutien qu’en véritable soliste dans cet ensemble.
C’est un peu la même impression que j’ai vis-à-vis de Bo Van Der Werf, bien que lui aussi, viendra prendre sa place pour quelques solos d’une extrême beauté.

J’ai le sentiment que le groupe est vraiment en train de trouver son son. Ce que me confirmeront Xavier Rogé, Jean-Luc Lehr, Gilbert Nouno ou Nelson Veras après le concert.

Un beau projet, de très haut niveau, qui ouvre encore d’autres voies au jazz.
A suivre, bien sûr.

A+

04/05/2007

Truffaz, Keren Ann et Abd Al Malik - Nuits Botaniques

30 avril, ouverture des Nuits Botaniques au Cirque Royal.
Au Programme, Keren Ann, Abd Al Malik et Erik Truffaz.
Devinez pour qui j’y allais ?

Pour Truffaz, bien sûr.
Mais Al Malik m’intéressait fortement aussi.

02

J’avais vraiment bien accroché à son album «Gibraltar».
Entre rap, hip-hop, jazz, chanson et slam, le type sait y faire. (Autre chose qu’un Grand Corps Malade, si je puis me permettre.)
Abd Al Malik a des lettres en plus. Il cite Sartre, Carver, Epictète, Sénèque, Camus en passant par Franzen etc…

C’est un mec qui a failli mal tourner.
Genre à se laisser dériver vers l’Islamisme radical.
Heureusement, il rencontre Sidi Hamza Al-Qadiri et s’oriente vers le Soufisme.
Ouf.
Côté musique, il écoute Brel, Coltrane, Miles ou encore The Last Poets.

Et pour son concert, ce soir, il est entouré de pointures telles que Laurent deWilde (piano et fender rhodes), Julien Charlet (d), Manuel Marchès à la basse…Et Bilal aux précieuses platines…

Abd a quelque chose à raconter.
Il a un message intelligent à faire passer.
Et intelligemment, il arrive à le délivrer.
Il a le goût du contact avec le public. Il chante, joue, parle.
D’entrée de jeu, il annonce la couleur.
Et voilà «Soldat de plomb», «Rentrer chez moi» ou «La gravité» qui défilent…
Et bien sûr : «Les autres» qui trouve ses racines dans «Chez ces gens-là» de Brel, dont il chantera un extrait avec sensibilité, force et humour…

«Vive la Belgique arc-en-ciel, unie et débarrassée de toutes ses peurs», criera-t-il.
A revoir aux Francofolies cet été.
Un must.

Ce fut un beau et grand moment de musique et de partage.

01

Ça contrastait avec la folk-pop bien sage(voire mole) de Keren Ann.
Pourtant, elle aussi était entourée d’excellents musiciens : Albin De La Simone aux claviers (et Ondes Martineaux), Thomas Semence à la guitare, Toby Dammit à la batterie et le très bon Avishai Cohen à la trompette.

Keren déroule les jolies chansons de son dernier album, tout en anglais, ne s’adressant au public que pour quelques timides «mercis» et un «au revoir».
Heureusement, pour le rappel (hé oui, quand même…) elle interprètera superbement, a cappella et dans la pénombre, «Manha de Carnaval».

03

Pour le troisième concert, une partie du public avait déclaré forfait.
Il était déjà tard et il faisait une chaleur étouffante dans la salle.

Erik Truffaz est venu présenter son dernier album «Arkhangelsk» avec le chanteur Ed Harcourt.

Personnellement, je n’étais pas trop convaincu de la démarche sur l’album.
Et j’en avais déjà touché un mot à Erik.
Mais je lui pardonne beaucoup, car ce trompettiste est quelqu’un que j’admire vraiment.
Et depuis longtemps, j’aime son ouverture d’esprit.
Son côté «éponge».
C’est ce qu’on lui reproche parfois: aller voir du côté du rap, du rock, de Miles, de la pop, de la chanson…
Et souvent, ça marche (j’avais adoré son projet «Ladyland» avec Benita, Codjia et Garcia, ou avant ça, à l’époque «Bending New Corners» avec Muller, Giuliani et Erbetta: le groupe sur scène ce soir…)

Avec Harcourt, donc, j’avais l’impression qu’il avait été un peu «vampirisé».
Harcourt prend un peu trop de place à mon goût (ce que ne fait pas Christophe sur le cd, qui se fond merveilleusement bien dans l’univers Truffazien).
Mais Erik assume ce choix, comme il me le dira après le concert.

C’est une autre voie.

04

Harcourt, chantera d’abord «Red Clouds» et «Anonymous», puis le quartet jouera seul «Akiko» avant d’inviter Abd Al Malik sur «Tik Tok», qui n’est autre que «Trippin’ The Lovelight Fantastic».
Ici, l’impro est totale pour Al Malik.
Et le résultat est éblouissant.
Ça c’est du Truffaz comme je l’aime.
Comme lorsque le groupe reprend «Sweet Mercy» ou «The Walk Of The Giant Tuttle»…

Mais je dois avouer que, sur scène, quand revient Harcourt pour chanter «Snake Charmer Man» ou «Nobody Puts The Baby In The Corner» (et son message anti-Sarko), ça fonctionne plutôt pas mal…

Allez, Erik, on se revoit au Blue Note Festival à Gand cet été…

A+

01:18 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : erik truffaz, botanique, keren ann, abd al malik |  Facebook |