31/05/2007

Le Jazz Marathon et une jam. (Part3 et fin)

Oh la belle affiche !
À celle de départ, se sont ajoutés les vainqueurs du «XL-Jazz New Talents»: Collapse.
Je ne vais pas revenir sur leur concert, qui fut très bon, et qui me conforte dans le choix qu’avait pris le jury.
Ce qui me frappe aussi, avec ce groupe, c’est l’aisance, le contact avec le public et la facilité d’enchaîner les morceaux.
On n’attend pas des plombes que le groupe se décide à jouer tel ou tel morceau.
C’est (presque) rôdé.
C’est ce qui manque parfois, si je peux me permettre, à certains (jeunes) groupes de jazz.
Après tout, la scène, même si c’est du jazz, c’est aussi du show.

01

Le contact facile, c’est une des qualités de Pirly Zurtrassen. Il adore raconter la genèse et les anecdotes de ses compositions.

Après «H», que je n’ai jamais eu l’occasion de voir sur scène et «Musique à Neuf», Pirly présente «Musicazur» et le répertoire de son dernier disque: «…Prend l’air».

On navigue toujours (on vole plutôt) dans le même esprit, c’est-à-dire entre jazz, folklore imaginaire, musique tzigane ou celtique avec joie et délicatesse.
Au piano, Pirly est presque effacé, laissant à Kurt Budé ou Daniel Stokart la liberté d’interpréter ses thèmes virevoltants.
Les deux souffleurs sont entourés par Tuur Florizoone et Alexandre Cavalière. L’idée de mélanger accordéon et violon ne semble pas évidente au départ et pourtant, le résultat est tip-top.
Pirly abandonnera même son piano, le temps d’un morceau, pour accompagner ses amis à l’accordéon.
Il faut souligner aussi l’excellent jeu de percussions de Fred Malempré tout au long du set, ainsi que Piet Verbiest à la basse très … musicale.

Voilà déjà deux beaux moments sous le soleil…

Et la suite ne sera pas décevante.

02

Je les avais raté lors du Festival Jazz à Liège, et je fus heureux de les voir sur la Grand Place ce dimanche : Ruocco – Rassinfosse – Simtaine.
Du costaud.
Fort de leurs retrouvailles qui ont donné naissance à un album, «Ghost Of A Chance», sorti récemment, nos trois icônes du jazz belge (mais oui, Ruocco est belge, allons allons…) nous ont offert une belle relecture de quelques standards.
«What I’ll Do», «Sweet Lorraine» ou encore «I’m Getting Sentimental Over You» sont interprétés avec un bel aplomb et présentés avec beaucoup d’humour.
Jean-Louis Rassinfosse est fidèle à lui-même: basse hyper mélodique et nerveuse. Felix Simtaine frappe sèchement ou sensuellement ses fûts avec précision. Et John Ruocco est à la fois lyrique et concis: attaques sèches et développements tout en subtilités.
Aaaah, le beau trio jazz que voilà…

03

Changement de style à nouveau, avec l’excellent projet «Rajazz» de Manu Hermia .
La fusion entre les ragas indiens et le jazz modal n’empêche pas la pluie de s’inviter au concert.
Cependant, le public reste.
Il faut dire que la musique de ce groupe a quelque chose d’envoûtant de par son développement tout en intériorité et ses dénouements explosifs.
«Indian Suite» ou «Rajazz» sont deux thèmes magnifiquement écrits où peuvent s’exprimer avec beaucoup de liberté Lieven Venken (dm) qui alterne fougue et retenue, Erik Vermeulen dont vous savez déjà tout le bien que j’en pense et Sam Gerstmans, de plus en plus à l’aise dans cette formule, et qui assure un max à l’archet, preuve – s’il fallait encore le démontrer – qu’il fait partie des grands bassistes belges.

Le concert se termine sous une pluie qui redouble d'intensité.

On craint un peu pour la suite de la soirée.

04

Mais les pirates du jazz que sont Rackham font reculer le crachin et les gros nuages.

Le tonnerre est sur la scène !

Ce soir, Toine Thys et ses flibustiers nous la jouent plus rock encore que d’habitude.
L’énergie et le punch ramènent devant le podium le public qui s’était abrité sous les arcades de la maison communale.
Laurent Blondiau et Toine monteront en puissance tout au long du concert.
Il faut dire que derrière, ça «envoie».
Benjamin Clément met le feu avec des solos de guitares puissants, François Verrue (eb) et Teun Verbruggen, qui cassera plus d’une baguette ce soir, assènent un beat d’une virilité phénoménale.
«Spine», «Juanita K.», «Viking 2» ou «Schmoll» emportent tout sur leur passage…

Rappel obligatoire… même si l’horaire est dépassé.

08

Je décide d’aller prendre un simple dernier verre au Kûdeta où est organisé une jam.
Juste un verre, promis…

Je n’en sortirai que vers 4h.

Il faut dire qu’on retrouve dans ce sympathique et étroit établissement, plein à craquer, Michael Blass, Ben Ramos, Christophe Astolfi, Etienne Richard, François Garny, Cedric Raymond, Bilou Donneux que rejoindront ensuite Robin Verheyen, Manu Hermia, Lieven Venken, Toine Thys, Renaud Crols, Teun Verbruggen etc…

06

On y verra aussi la bande à Mélanie De Biasio: Pascal Mohy, Pascal Paulus, Axel Gilain, mais aussi Sergio, Rosy, Jacobien, Mariana Tootsie, Manolo Cabras, Marek Patrman, un talentueux et sympathique trompettiste américain que je ne connaissais pas: Rolf Langsjoen, arrivé récemment à Bruxelles, ou encore l’incroyable guitariste espagnol Andreu Martinez qui avait joué la veille (et que je n’ai pas vu…) avec son groupe sur la place d’Espagne (et à l’écoute de son disque, je le regrette).

Bref, j’oublie certainement plein de monde.
Ça joue, ça transpire, ça rigole, ça discute… quel beau final.

07

Du jazz comme celui-là, on devrait le retrouver multiplié par dix aux quatre coins de la ville pour le prochain Jazz Marathon.

Hummm… je me répète il me semble.
Je vais me reposer un peu.

05


A+

Commentaires

vous avez dit marathon ? et bien Jazzques, il s'agit effectivement d'un vrai marathon que tu as fait là, merci.

Écrit par : Nath | 18/06/2007

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