14/05/2007

Diederik Wissels à Flagey

Le week-end dernier, après le festival de jazz à Liège, je m’étais promis: «Cette semaine, pas de concert!».
Un peu comme je dis chaque matin: «Ce soir, tôt au lit.»

Autant dire que c’est le genre de promesse que je n’arrive jamais à tenir.
Et jeudi dernier, j’ai craqué.
Une invitation et hop, je me suis retrouvé à Flagey pour le concert solo de Diederik Wissels.
Résister? Impossible!
Bien sûr j’avais vu dernièrement Diederik à Strombeek. Mais c’était juste avant la sortie de son disque Together (piano Solo).

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J’ai remarqué une chose ce soir, c’est que le jeu du pianiste se dirige toujours vers la lumière.
Comment dire?
Oui, voilà: les moments les plus intimistes, les plus mélancoliques, les plus sombres se terminent souvent de manières très positives, très ouvertes.

Cela se remarquait aussi ce soir dans l’éclairage très restreint du début qui se terminait de façon plus intense.

Après avoir entamé la soirée avec un thème très intime et romantique, Wissels fait gronder le piano.
On imagine la tempête qui fait claquer les vagues contre les rochers. Il frappe le clavier à la manière, peut-être, d’un Keith Jarrett, faisant résonner autant les cordes que les silences.
Diederik construit, détruit, improvise et nous emmène finalement dans une ballade groovy…
Etais-ce «Bridges Built And Burnt»?
Je le pense.

Ensuite, avec une version éblouissante de «Afterthough», Diederik nous fait oublier ce maudit grincement de pédale de piano, seule (grosse) faute de mauvais goût ce soir.
Grand prince, le pianiste feindra de ne jamais l’entendre.

Les escapades joyeuses alternent avec des moments plus sobres. La main droite s’envole plus d’une fois dans des combinaisons d’une légèreté incomparable.

La main gauche n’est pas en reste. Sur «Braggtown Boogie», qui est un peu le cousin de «Raggin‘» sur l’album «One Heart, Three Voices» avec David Linx, on la retrouve martelant un ostinato soutenu et profond.

Le musicien explore différents aspects du jazz, en titillant le «stride», en caressant le «blues» et en excellant dans les valses.

Avant les deux rappels bien mérités, on aura droit à une version sensible de «Along Goes Betty», à moins que ce n’était «Song Of You»?

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Diederik semble tellement à l’aise et heureux, seul derrière son piano, que je suis prêt à parier qu’il renouvellera l’expérience encore et encore… et qu’un autre disque en solo – plus tard - n’est pas à exclure.
Ok, c’est vrai que je ne prends pas trop de risques à oser ce pari, puisque l’info me vient directement de Diederik.
Mais ne soyons pas trop pressé, et profitons «together» encore de ces très beaux moments.

A+

23:29 Écrit par jacquesp dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diederik wissels, flagey |  Facebook |

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