26/04/2007

Robin Verheyen International Quartet - Hnita Hoeve

Je n’étais pas libre pour aller écouter le nouveau projet de Robin Verheyen au Music Village vendredi dernier.
Mais j’avais vraiment envie d’entendre comment ça sonnait.
Imaginez: Dré Pallemaerts aux drums, Remi Vignolo à la contrebasse et Bill Carrothers au piano.

01

Ni une, ni deux, je suis allé à Heist-Op-Den-Berg, dans l’un des plus vieux jazz club de Belgique: le Hnita Hoeve.
C’était l’occasion pour moi de découvrir enfin cet endroit dont m’ont beaucoup parlé Jos Knaepen (qui y organise chaque dernier vendredi du mois un concert de piano solo) et quelques amis du Jazzforum. D’ailleurs, quelques-uns étaient présents, fidèles au poste.

Il a fallu un petit moment avant que le concert ne s’enflamme. Il faut dire, comme me le confiait Robin avant de monter sur scène, que le groupe n’avait pas répété souvent avant ce soir, et que d’ailleurs, c’était une sorte de répétition pour l’enregistrement studio qui aurait lieu, dans la foulée, le week-end suivant à Genk.

Les premiers thèmes («Thinking Of Someone» ou «Painting The Space») sont assez mélodieux, souples mais manquent parfois d’un peu de simplicité.
Prenons cela comme un hors d’œuvre.

02

Avant de désosser et de malaxer «Capricorn» de Wayne Shorter, le quartet nous avait emmené dans une ballade assez nostalgique, introduite de fort belle manière par Bill Carrothers, dans son plus pur style.
Il mélange les dissonances contemporaines et les moments romantiques.
C’est à la fois lumineux et triste.
Il émane souvent de son jeu une ambiance brumeuse et lointaine.
À cela, le pianiste adore saupoudredr les morceaux de citations (tantôt «Giant Step», tantôt «Moonlight Serenade»), ce qui allège un peu la tension qu’impose la plupart des compositions de Robin.

En fin de set, avec «Suicide Squeeze» (de Carrothers), on entendra un groupe plus libéré.
Non seulement Robin improvisera fougueusement, mais Dré se fendra d’un solo explosif.
Sur ce pseudo-bop dynamité, fait de breaks et d’accidents, Remi Vignolo s’échappera, lui aussi, pour offrir un solo d’une musicalité extrême.

03

On dirait que cela a mis le quartet sur d’autres rails pour le deuxième set.
Pourtant, sur le premier morceau, très intimiste, l’émotion a encore un peu de mal à passer. Carrothers frotte bien les cordes de son piano, le groupe invente quelques formes intéressantes, mais cela reste un peu trop cérébral. Sans pour autant être compliqué.

Petit à petit se dessine alors un groove initié par Dré.
Lentement, mais sûrement, le swing refait surface, c’est «Open To Your Love».
C’est l’occasion de quelques audaces, de quelques délires.
Bill pose ses chaussures dans le piano pour étouffer les sons.
La tension monte et chacun ajoute une idée…
Le morceau s’emballe, les musiciens et le public aussi.

Les deux derniers thèmes, assez méditatifs et dépouillés, garderont d'ailleurs cette tension.
On reste captif. Il se passe quelque chose.

04

Dré joue avec une finesse incroyable, Remi Vignolo intervient avec beaucoup d’intelligence et d’ à-propos, Bill sublime les harmonies et Robin joue avec une douceur rappelant peut-être parfois un peu Warne Marsh

En rappel, le groupe improvisera sur «Body And Soul» presque méconnaissable mais de toute belle facture.

Espérons que l’album soit aussi réjouissant et bouillonnant que ce deuxième set.
Ce dont je ne doute pas…

A+

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