12/04/2007

Clouds Festival "2" - 2007

Samedi dernier avait lieu le deuxième Clouds Music Festival organisé par NU:BE à la Jazz Station (vous allez finir par penser que j’ai pris un abonnement là-bas !).

Le chiffre «deux» était à l’honneur ce week-end. (Ben oui: deux ans, donc… duos).

Au programme, il y avait eu la veille Thomas Champagne et Nicholas Yates (que je n’ai pas vu) pour accompagner le vernissage de l’expo photos de Milena Strange (que je n’ai pas encore visité).

Et ce samedi, quatre duos allaient se succéder.
A commencer par Pierre Vaiana – Fabian Fiorini, suivi de Sophie Tassignon – Steven Van Looy Alex Furnelle, puis de Olivier Thomas – Etienne Plummer et finalement Phil Abraham – Benoit Vanderstraeten.
Programme intéressant, non ?
Malheureusement, je n’assisterai qu’au concert du premier duo (car enfants,… car départ en vacances de l’un d’eux à 4h. du mat’,… car valises, etc…).

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La musique que Pierre et Fabian nous proposent est celle du futur album avec al Funduq : «Porta Del Sol».
Musique inspirée des chants des charretiers Siciliens chère à Pierre Vaiana.
Musique de rencontres donc.
Et qui dit musique de rencontres, dit musique ouverte à différents courants. Non seulement à la «tarentelle», comme on peut l’imaginer, mais aussi aux rythmes orientaux, voire indiens et bien sûr au jazz et à l’improvisation.

Toutes ces influences sont assez clairement contenues dans «Aljazaïr» (qui est aussi un hommage – comme l’a fait Aka Moon sur «Amazir» - à Aziz Djemmame , fondateur du festival de jazz de Constantine et décédé prématurément en 2005).
Fiorini fait gronder le piano tandis que Vaiana joue tout en arabesque et subtilité une mélodie douce.

Mais la musique, comme la vie, n’est pas toujours aussi simple et lisse, et le morceau suivant («Giro, Volta e Feria» ???) est plus torturé.
Le soprano lumineux s’allie à la gravité du piano. Les instrumentistes semblent jouer à cache-cache avant qu’une certaine légèreté naisse enfin et fasse place à une ritournelle sicilienne joviale.

Sur le thème suivant, Fiorini alterne la «rage» pianistique et les échappées joyeuses et fraîches. Le soprano est vif et virevoltant.
La musique est parfois complexe mais captivante.
Le duo désarticule la mélodie, fait un passage vers le contemporain.
Vers l’abstrait presque.
Vaiana passe de l’aigu au suraigu en gardant cependant une rondeur dans le son qui permet de garder le contact avec la mélodie…

Pierre invite ensuite son fils François Vaiana à venir chanter «Lady Day», thème écrit par Wayne Shorter sur lequel François a replacé des bribes d’interviews de Billie Holiday.
J’avoue ne pas toujours avoir été convaincu par le chant du fiston, mais ce soir, la magie fonctionne plutôt bien.
Pierre met toute son âme et sa rage dans son jeu… et de la douceur aussi. Du coup, la voix de François passe bien et les paroles glissent avec émotion.

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Mais là où l’émotion atteindra son paroxysme, c’est avec «Chiàchiara Ccu Mia».
Une sorte de poème musical, chanté en sicilien par Pierre.
Les paroles claquent et rythment un thème hypnotique.
On dirait une incantation.
Le piano se fait percussif.
On a envie de frapper du pied pour enfoncer encore plus ce tempo obsédant, cette marche frénétique.
Pierre reprend ensuite le thème au sporano tandis que François, tel un slammer continue à chanter en anglais.

Une sorte de passation s’est opérée.
Eblouissant.
Applaudissements.

_____

J’aurais bien aimé écouter Sophie Tassignon et Steven Van Looy Alex Furnelle (ainsi que les autres duos), mais le temps que m’avaient accordé mes filles pour assister en partie au Festival était déjà largement dépassé.
Et face à cela, aucune résistance n’est possible.

A l’année prochaine, sans faute.

A+

Commentaires

Bonsoir Jazzques, Magnifique Jazzques, que dire de plus sinon rien. Parmi les concerts que tu as manqués, le duo Phil Abraham - Benoît Vanderstraeten est celui qui nous a le plus enthousiasmés. Je n'ai pas eu le temps d'écrire quoi que ce soit à ce sujet depuis, alors simplement : le talent et le savoir faire de Phil Abraham n'a fait que se confirmer pour certains et en éblouir d'autres. Quant à Benoît Vanderstraeten, je ne l'avais jamais entendu encore....... : quel bassiste !!!
Bien à toi

Écrit par : Nath | 12/04/2007

Merci.
Ben oui, j'aurais aimé entendre ça aussi, ainsi que Mamy Wata le lendemain...
Quant à Vanderstraeten, c'est en effet un sacré bassiste. Assez discret sur la scène jazz (du moins celle que je fréquente ;-) ).
Je l'avais vu un soir avec Guy Cabay... et puis une fois ou deux au Sounds. Je crois qu'il joue aussi (ou a joué?) avec Jacques Piroton. Tiens, voilà encore un immense guitariste trop peu mis en valeur chez nous. Vraiment un tout grand!

A+

Écrit par : jacques | 13/04/2007

erreur Hé oui, ce n'était pas Steven Van Looy (comme annoncé sur l'affiche) mais bien Alex Furnelle qui jouait avec Sophie...

;-)

Écrit par : jacques | 14/04/2007

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