11/04/2007

Jazz Station Big Band

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Jeudi dernier, je sors du bureau et je file directement à la Jazz Station.
Depuis le temps qu’on me vante le Jazz Station Big Band dirigé par Michel Paré
Si, si.
Même quelques musiciens (qui ne font pas partie du Big Band) et quelques spectateurs assidus de jazz m’avaient déjà conseillé d’aller y jeter une oreille.
Connaissant déjà le travail et le résultat obtenu par le leader-trompettiste avec des musiciens «amateurs» (l’AcaJazz, dont j’ai déjà parlé ici), je ne prenais pas trop de risques.

Le temps de m’enfiler un Durum au bas de la rue, et me voilà fin prêt à écouter ce jeune band (ils n’ont joué ensemble que 7 ou 8 fois).

Dès les premières notes, ça «sonne».

Fred Delplancq (encore lui !) montre directement le chemin: ce soir, ce sera «énergie» !
Sur le premier thème, «Some Sunshine Again», il prend tout de suite un long solo puissant et plein de ferveur. Non, on ne jouera pas «à l’économie» ce soir.
Cela donne des idées à Daniel Stokart qui, sur «Friday», développera à son tour un solo, moins long, mais tout aussi inspiré. Tout en légèreté et en rupture de rythme.
A la guitare électrique, François Descamps distille quelques phrases discrètes mais bien senties, tout comme Cedric Raymond, remplaçant au pied levé, mais avec l’inventivité qu’on lui connaît, Vincent Bruyninckx ce soir.

Cédric est à nouveau éblouissant sur «Ana Maria» de Wayne Shorter quand il vient «déranger» la mélodie tendre avec un jeu bouillonnant et rageur. Il brouille toutes les pistes et le Big Band en profite pour faire monter la pression… jusqu’à la fission.

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Chauffé à blanc, le JSBB se lance alors dans le répertoire de Mingus avec «Fables Of Faubius».
Étonnement, c’est dans les individualités que ce morceau prend du corps avec l’excellent tromboniste français (lui aussi en «remplacement») Simon Girard ou encore avec Daniel Stokart.
L’ensemble restant, à mon avis (mais… qui suis-je ??), un peu trop proche de la partition. Trop respectueux, peut-être.

Par contre, avec «Moanin’», le band est libéré.
Introduit généreusement par Vincent Brijs (un nom à retenir !) au sax baryton, Jean-Paul Estiévenart s’échappe, et emmène avec lui le reste du groupe dans une douce folie.
Stéphane Mercier, à la manière d’un impressionniste, jette, par touches, les bases d’un solo furieux.
Le Big Band est éclatant.

Dans les moments plus calmes, comme sur «Go On Now», on apprécie le dialogue subtil entre Michel Paré au bugle et Delplancq au ténor.
Plus loin, sur «Please Walk Out Of My Head», on est ébloui par le solo lumineux et ciselé (voire même très découpé) de Daniel Stokart.
Et sur «After The First Step» (dont l’arrangement Vamp semble faire un clin d’œil à «Tiptoe» de Thad Jones) on est séduit par le jeu riant de Descamps ou de Paré.

Bref, ça joue, ça ose et on s’amuse.
Comme Peer Baierlein (tp) ou Simon Girard et Samuel Marthe(tb) qui s’en donnent à cœur joie sur «Seven Over Rock», ou bien encore Stokart et à nouveau les deux trombonistes sur «Nostalgia In Time Square» qui clôture (avant « Moanin’ » en rappel) un concert énergisant.

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Non, non, les Big Bands ne sont pas morts.
D’ailleurs, il faut que j’aille découvrir le Tuesday Night Orchestra, dont on me dit aussi beaucoup de bonnes choses…
À suivre, donc…

A+

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