27/03/2007

Mélanie De Biasio au Music Village

L’univers particulier de Mélanie De Biasio.
Sa musique envoûtante, profonde, sombre et nocturne.
Sa voix basse. Ses tempi lents.
Je ne m’en lasse pas.

Son tour de force, qu’elle réalise sans effort apparent, est de captiver l’audience.
C’est toujours étonnant comme le public – et moi-même – est absorbé par son chant.
Comme la sirène qui attire le marin.

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Dernièrement, au Music Village, où elle à l’occasion de revenir régulièrement le dimanche, ce fut encore le cas.
Malgré le fait qu’elle me disait ne pas être vraiment satisfaite de sa forme ou de son chant ce soir-là, le résultat fut à nouveau hypnotique.

Il faut dire que son groupe sonne de mieux en mieux. Qu’on sent une véritable cohérence entre les musiciens. Un véritable esprit.

Axel Gilain, par exemple, m’impressionne au fil des concerts. Son jeu devient de plus en plus dense. Il possède une façon unique de palper les cordes de sa contrebasse pour faire résonner les sons grassement. Une façon de faire glisser les doigts pour prolonger la note, de la rendre plus profonde encore.
Et puis, il y a Pascal Mohy au piano qui crée des cascades ondulantes d’harmonies sobres.

Et l’idée d’ajouter à cet ensemble un claviériste supplémentaire, Pascal Paulus, n’est sans doute pas la plus mauvaise qu’ait eu Mélanie.
Derrière son Wurlitzer et autres synthétiser, Paulus drape de nappes parfois fantomatiques les compositions de la chanteuse.

Il y a un parfum éthéré qui plane.

Le groupe ose prendre ses distances par rapport au « format classique » de ce type de jazz vocal.
Mélanie s’éloigne un peu du style Billie Holiday qu’on lui colle un peu trop facilement. La voilà qui dérive vers des chants parfois plus atmosphériques, invitant Pascal Paulus et Axel Gilain à l’accompagner au chant… au souffle presque, sur «Blue» par exemple.

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La voix sensuelle, loin d’être racoleuse, vous embarque aussi vers des rives oniriques... On sent la chanteuse investie d’une musique qu’elle vit intensément.

Comment résister à «Let Me Love You» ? Ou à sa façon d’interpréter «Come Love(Nothing Can Be Done)», sur lequel Pascal Mohy égraine les notes cristallines en les mélangeant à des bourrasques impétueuses ?
Cela permet aussi au batteur, ce soir Wim Eggermont (qui partage la place avec Teun Verbreuggen), de s’envoler dans quelques impros débridées.

Cette petite folie destructrice, ce côté légèrement chaotique, cet équilibre précaire, on le retrouve aussi sur le merveilleux «A Stomach Is Burning» (titre éponyme de l’album).
La basse marque le tempo métronomiquement d’un morceau qui commence à la manière de «Fever», qui monte en puissance, qui se démantèle tel un puzzle qui s’effondre, avant de se reconstruire progressivement.
Un bijou.

Que dire alors de «Old Country», «My man's gone now» ou encore du très sensuel «Les Hommes Endormis»… ?
Rien.

Alors je ne dis plus rien, sinon de vous inviter à aller écouter Mélanie De Biasio.

A+

Commentaires

Et bien , les parisiens ont bien de la chance, car Mélanie de Biasio est finalement venu pour la première fois au Sunside : sept 2008 !

Sur le lien ci dessus un pti cpte rendu et des photos de ce super concert parisien. Du tempérament Mélanie !

Écrit par : ptilou | 25/09/2008

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