18/03/2007

Casarano quartet et Paolo Fresu au Sounds

Mes filles devaient m’accompagner ce samedi soir (le 9) pour venir écouter Paolo Fresu, invité par le quartet de Raffaele Casarano .

Mais vous connaissez la vie fatiguante des enfants, ainsi que leurs activités du samedi (je vous passe les détails)…
Alors: être en forme de 22h. jusqu’à tard dans la nuit, c’est pas gagné.
Pourtant, elles étaient bien décidées à venir, au départ, car elles connaissent Paolo Fresu, au même titre que Miles, Coltrane,Monk, Flavio Boltro, Legnini ou encore Erik Truffaz dont les morceaux tournent en boucle chaque été pendant les vacances.

Cette année, par exemple, c’était «Sardità» de Stefano Bollani et son refrain que l’on chantait à tue tête en voiture: «Ha… Haaaa… Ammarau su Paolo Fresu…».

01
Bref, je vais écouter seul Raffaele Casarano, dont je ne connaissais qu’un peu l’album «Legend» que Sergio passe parfois dans son club.
Il faut dire qu’il n’y a pas pour rien dans la réalisation de cet album. Il a un peu «facilité» les contacts entre Raffaele et Paolo et a déjà invité ce quartet et son guest au Sounds.
En remerciement, Casarano a même écrit un morceau intitulé «Rue de la Tulipe», que l'on trouve sur l’album.

Le Sounds est bien rempli et le quartet démarre avec un bon thème bop où chacun y va de son solo, avant d’inviter le célèbre trompettiste sarde.
Le second morceau, endiablé, démarre au quart de tour. Paolo fait sonner sa légendaire trompette «muted» avec force et reverb
Trop de reverb d’ailleurs.
Le son est trop puissant et presque strident. Il oblige le saxophoniste à souffler puissamment pour parvenir (sans réellement y réussir) au niveau sonore de Fresu.
Heureusement, par la suite l’équilibre reviendra pour notre plus grand bonheur.

Paolo passe de la trompette au bugle avec une aisance déconcertante.
La fluidité de son jeu est à chaque fois impressionnante.

Il faut souligner aussi le jeu très percussif et à la fois très chantant du pianiste Ettore Carucci. Un jeu très …italien, en somme.
Un mélange détonant de lyrisme, de swing et d’explosivité. Il ira jusqu’à – presque - jouer «boogie» avant de déstructurer son solo fiévreux sur «You Don’t See Me».

Pour contrebalancer une ballade un peu trop lisse(et dont le nom m’échappe), de Miles, le quintet termine le premier set en force.
On assiste alors à un beau «duel» entre les deux souffleurs sur un morceau où les tempi s’accélèrent et ralentissent abruptement. Caserano a pris le soprano pour répondre aux assauts du bugle.
Et ça swingue !
Marco Maria Bardoscia à la basse et Alessandro Napolitano à la batterie impriment un solide groove.

Certes, rien de vraiment révolutionnaire dans ce premier set bâti sur un mode un peu conventionnel (thème, solo, solo, thème), mais un niveau de jeu et de plaisir énorme qui donne une bonne et franche énergie dans la salle.

Le deuxième set débutera un peu sur le même principe jusqu’au moment où le groupe installe un climat «magique» en jouant magistralement «O Que Sera» (que Nougaro avait repris sous le titre «Tu verras»).
Sur un tempo très lent, le dialogue, fait de petites touches entre le soprano et la trompette, fait mouche.
L’émotion est palpable.
Seuls de légers accords de piano, distillés avec sensibilité par Carucci, viennent soutenir ce poème plaintif.

Le concert sera par la suite plus débridé, plus libéré.

02
Raffaele invitera même Jean Paul Estievenart à venir partager la scène avec Paolo Fresu pour jouer «There Is No Greater Love».
Notre jeune Django d’Or semble un peu fébrile sur les premières notes (on peut le comprendre) mais bien vite, il montre qu’il est bien un des meilleurs jeunes trompettistes de la scène belge.
J’entends derrière moi une personne murmurer : «Il a des couilles».
Oui… et du talent en plus.

Intégré rapidement dans le groupe, Jean-Paul n’hésite pas à prendre de longs solos, Raffaele et Paolo n’étant pas les derniers à le relancer.
Le plaisir sur scène est monté d’un cran supplémentaire.
Ils enchaîneront un autre morceau de Miles après avoir improvisé sur «Round Midnight».

Le quintet reprendra sa configuration «normale» pour terminer ce concert très jouissif.

Au bar, je discute avec Paolo, Raffaele ainsi que Ettore. Je parie qu’on les reverra assez rapidement en Belgique.

Je discute aussi avec Jef Neve et Jacobien. Puis avec Patrick Bivort et Jean-Claude Laloux (que je n’avais pas reconnu tout de suite – milles excuses encore Jean Claude ;-) ) avec qui je parle du prochain Dinant Jazz Nights qui nous réservera de bien belles surprises (mais que je ne révèlerai pas, hé, hé, hé…).
Etienne Payen est là aussi, Jean-Marie Hacquier et plein d’autres musiciens…

La soirée fut belle et, une fois de plus… longue.

Mes filles dorment depuis longtemps déjà.
Chacun ses rêves.

A+

Commentaires

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Écrit par : LALOUX | 09/05/2013

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